‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 206 sur 366 · EMPORTER, 2IJ · texte numérisé non relu

EMPORTER, 2IJ

Rien ne peut m'ébranler.

Jngez-eo, puisqu'ainsi je vous ose parler; Et m'emporte au delà de eetta modesiie^ Dont, jusqu'à ce moment, je n'étais point sortie. (Racinb, MUhrid,^ iv, 4.)

S'emporter jusqu'à^ suivi d'un infinitif :

Les gens de guerre connaissent qu'ils sont maîtres de donner l'empire. Ils ê'emporieni jusqu'à le vendre publiquement au plus oflfrant. (Boas., HisL unw , 9* p., c. 7.) — Il est impossible qu'en prenant si peu de soin de se retenir dans les choses qui sont permises, ils ne s'emportent bientôt jusqu'à ne craindre plus de poursuivre celles qui sont ouvertement défendues. ( Id., %• Serm, pour U jtmdi de la dewç» sem. de $ar. » i.)

Corneille emploie activement emporter d, emporter jusqu^ày suivi d'un infinitif, avec un nom de chose pour sujet :

Les sentimenis de douleur qu'il en peut légitimement concevoir devr^Knt du moins Vemporter à faire quelques reproches à celle dont il se croit trahi et lut donner par là l'occasion de le désabuser. [Exam, de Mil.)

Mon frère va trop vite et sa chaleur l'^mporie

Juiqu'à connaître mal des gens de cette sorte. (5iiti« du Meut,, ii, 3.)

Nous relèverons seulement pour mémoire l'emploi actif de emporter d, suivi d'un substantif, dans le sens de entraînera :

Elle avait deux fils de Démétrius, dont elle tua Séleucns, l'aîné, d'un coup de flèche, sitât qu'il eut pris le diadème après la mort de son père, soit qu'elle craignît qu'il ne la voulût venger sur elle, soit que la môme fureur Vemportdi à (0 nouveau parricide. [Exam, de Rodog,)

On trouve dans les dictionnaires des exemples analogues.

— s'emporter de colère, se laisser emporter par la colère :

S'il est bien amoureux, il peut faire une supercherie à son rival, il peut j'emporter de coltre, et tuer dans un premier mouvement. [Deux* Disc)

On a dit d'une manière analogue, s'emporter de chaleur^ se laisser entraîner par son ardeur :

M. de La Rochefoucauld, qui avoit plus de cœur que d'expérience, s'emporta de chaleur ; il n'en demeura pas à son ordre, 11 sorlit de son poste et chargea les ennemis. Rbtz, Mém,, ii, 1649.)

— EMPORTER (s'), se laisscr entraîner par une passion, quelle ((u'elle soit, au delà de la raison ou de la mesure :

Trop chaud ami qu'il est, il s'emporte k tous coups

Pour un fourbe insolent qui se moque de nous. (La Veuve, v, 6.)

Mon père, retenez des femmes qvi s'emporum.

Et de grâce empêchez surtout qu'elles ne sortent.

Leur amour importun viendroit avec éclat,

Par des cris et des pleurs troubler notre combat. {Uor.^ »• B.)

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