‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 25 sur 366 · MO.NTAIG.NE, ESS.J 1. I, C · texte numérisé non relu

MO.NTAIG.NE, ESS.J 1. I, C

J'avois délibéré d'attendre que la royne ma femme ie fusi accouchée, {Leu. mist. de Henri IV, 2 sept. 1601, t. v, p. 462.)

s'aimer a, comme aimer à :

Aristippus s'aimoU à vivre étranger partout. (Montaigne, Ess. , 1. m, c. 9.)

s'apparaître, pour apparaître y dans le sens de se montrer tout à coup :

Dune s'aparui li jorz tuz ciers. (Benoît, Chron. des ducs de Norm.t ii, 2184.) — Qui s'aparui à Moysel. {Dolopathos, Bibl. eizév., v. 1150.)

Les trois rois de grant noblesse ,

Acomplir vouldrent leur promesse

Devant Fenfant, le roy Jhésus,

Là ce sont lez roys aparus. {Le Geu des trois roys.)

Un feu s*apparui à luy à la hauteur d'une pique. (BRANT.,C(ipt/.yr., Charles IX.) ~ II disoit au maistre du logis que l'esprit sestoii apparu à luy. ( Caquets de VaccouchéCy 2* journ.) — La bonne déesse s'estoit apparue à elle la nuict précédante. (Racan, Berg., Arg.)

Je pense à tout moment qu'il s'apparoisi à moy. (Id., Psaum. il.)

C'est celle-là même qu'une autre fois j'apparuf dans les roches de Rambouillet avec l'air et le visage de Diane. (Voit., Ltu. xii.) — Le Seigneur s'apparut à lui dans un buisson ardent. (Mass., Serm, pour la Purifie, i.) — Dés que Jésus-Christ ressuscité se fut apparu à lui. (Id., Serm, pour ie jour de Pâques, Hésurrect,^ 1'* p. ) —Quelque chancelant qu'eût paru jusqu'alors saint Pierre, dés que Jésus-Christ ressuscité se fut apparu à lui, il s'affermit et se rassure. (Id.. lùid ) — Le saint prophète Jérémie s'apparut à Judas Machabée, plein de gloire et de majesté. (Sacy. Trad, des Mach., préf. ) — Le roi déclara que le dieu des juifs s'était apparu à lui en Macédoine sous le même habit que portoit son grand prêtre. (Rollin. Tr, des éiud., 1. vi, 2 p., c. 1, art. 3.)-- Anchise, prince troyen, issu de Dardanus et fils de Capys, plut si fort à Vénus, qu'elle s*apparut à lui sous la forme d'une belle nymphe, pour lui déclarer son amour. (Bayle, Dict. hist., Anchise.)

SE CHANCELER, commc ckanceltr :

Sans qu'on se chancelle ou trépigne, Vuydons la place à bon goust.

{Le Débat de la nourrisse et de la chamberière, )

SE COMBATTRE, commc Combattre :

Pur son amor gentement se combut, Ardiement asalu lo leopart.

(THibROULDE, La Chans. de Roland, texte de Venise, fol. 72, r«, col. 2J

44 APPRENDRE (S'). — se commencer. — se consentir.

Li quens Rolland gentement se combat. (I(l.> ibid., m, 663.)

Ireement se cumbai al leupart. (Id., ibid.. ii, 73.)

Par mon serment j'enrage Que je n'ay à qui me combattre! [Farce du franc archier.)

Avec le dur le mol se combaioii : (Cl. Mar., Mit, d'Ov., \. i.)

Me fut advis qu'en ce grand chemin sec Un jeune enfant se combatoU avec

Un grand serpent et dangereux aspic. (Id., Ballade du jour de Noël.) Le froid voudroit le chaud exterminer : Pareillement le sec avec l'humide Se combatiroii, s'il étoit d'amour vuide. (Ch. Font., De Pam.)

SE COMMENCER, comme commencer. Voir cet article.

SE COMMUNIER, comme communier :

On distribuera en sorte le bénéfice de la communion entre les sœurs, que tour à tour il s'en communie trois tous les jours. (Fr. de Sal., Constit. pour les relig. de la VisU.f 2J.) — Après s'être récréée modérément à l'exercice des Muses, elle demeure la plupart du temps retirée en sa chapelle, faisant prières à Dieu, pleine d'ardeur et de véhémence, ne communiant une ou deux fois la semaine. (J. d'Ar- NALT, Les Antiq, de la ville d*Agen et pays agénois,)

Très-anciennement on a dit de même se accomminger :

Et se accommingèrent les trois parts de l'est. (Faoïss., Chron,)

SE CONDESCENDRE, commc condesccndre :

Prendra-t-il donc le parti de la ligue? Je crains qu'il ne s*y puisse condescaubrct pour plusieurs considérations. (Pasq., Leit. xi, 2.)

SE CONSENTIR, commc consentir :

Hz auront, et je m'y consens, Sans Festuy, mes grandes lunettes.

(Villon, Grant Testam., Ballade de bonne Doclr., 147.) De poinct en poinct je m'y consens. (Id., ibid., Lays, 171.)

Cestuy duc. eu parlant à elle, luy fist moult de grandes choses promesses , ai&n qu'elle se consentiu à sa voulenté. La fille, espérant les choses promises, se consentit à sa voulenté incontinent. (Le Violier des fiist. rom., c. i. ) — L'âme est blanche et nette, et se le corps ne se consentist à faire pechié, elle feust touEjours blanche. (Le livre du cheval, de La Tour, c. 8. )

Le droit le veult et raison s'ï consent. [Le Doctrinal des filles à marier.) Ces mots finis, le laurier s'y consent

En ses rameaux qui sont faits de reient. (Cl. Mar., Met. d'Ov.^ 1. i.) Si menterie en mes propos je mets , Je me consens qu'il face que jamais

Je ne le voye. (Id., ibid.)

Par vostre foy, vouldriez-vous bien estre ma femme, si vostre père le vouloit et fti je m'y consens. [ Le Rom, de Jehan de Paris. ) Mais prie à Dieu qui me confonde Si jamais à homme du monde De riens me voulus consentir, (Farce moralisée.)

APPRENDRE (S'). — se courir. — se délibérer. 45 SE COURIR, comme couri?* :

Puis s'en courut à Clyméne sa mère,

Lui rapporter l'injure tant amére. (Cl. Mar., Mit, dOv.t !• i)

SE CRAINDRE, commc Craindre :

Jo me crendreie que vos vos ineslisiez. (Ther. , La Chans. de Rol.^ i, S5.) C'est-à-dire : c Vous vous feriez, j'en ai peur, quelque affaire. » —Et par celle voye les bonnes se craignoiem et se tenoicnt plus fermes et plus closes de ne faire chose dont elles peussent perdre leur honneur et leur estât. (Le Livre du cheval, de La Tour, c. 118. ) — Le pape se craignant qu'on luy tint propos qui peut offenser les ambassadeurs des autres princes qui estoient autour de luy, manda au roi.... (Montaigne, Ess , i, 10.)— Les gens de bien, ny vivans, ny morts, n'ont aucunement à se craindre des dieux. (Id., ibid,, m, 12.)

SE DÉCHOIR, comme déchoir au sens matériel :

Comme on void au poinct du jour

Tout autour Rougir la rose espanie.

Et puis on la void au soir

Se déchoir A terre toute fanie. (Ronsard, Odes, m, 4.)

SE DÉDAIGNER, commc dédaigner :

Du temps que je commençay à porter les armes , le titre de capitaine estoit tiltre d'honneur, et des gentilshommes de bonne maison ne se dédaignaient de le porter. (Montluc, CommenL, vu.)

SE DÉJEUNER, comme déjeuner. Uancienne^ forme était trèsraisonnable et voulait dire se mettre hors de jeûne :

Cellui qui a les fièvres quartaines face tant qu'il treuve le treffle à quatre fueilles, et s'en desjune par quatre jours. {Les Evang. des Quenouilles^ bibl. elz., p. 87. ) — Qui veult boire de toutes manières de vins et avec toutes manières de gens sans estre yvre, sachiez qu'il ne fault que se desjuner d'une pomme sûre au matin , et boire un trait de fresche eaue , et sans faulte il ne sera ce jour yvre. (Ibid., p. 91.) — Une femme qui veult avoir petis enfans, tandis qu'elle porte se doit desjuner au matin d'une tostée de pain blanc en vin. (Ibid,)

SE DÉLIBÉRER, comme délibérer :

Le basse-contre , voyant qu'il y perdoit son temps, son argent et sa peine , se délibéra de ne s'y attendre plus. (Des Périers, Nouv., m, éd. L. M. ) — Depuis cette bataille, Lucullus se délibéra de tirer plus avant en pays, pour achever de ruiner et détruire du tout ce roy barbare. ( Amyot, Vies, Lucullus. ) — Un valet de chambre de Charles, dernier duc d'Alençon, estant averti que sa femme, beaucoup plus jeune que lui, se laissoit entretenir par un jeune gentilhomme, et ne l'ayant voulu croire dés le commencement, en la fin se délibéra d'en faire l'expérience. ( H. Est., Apol, pour Hérod., xv.; — Je me délibère, quoy qu'il en puisse advenir, me bazarder et l'avoir de force. (Lariv., Les Ecol., i, 1.) — Je me délibère, puisque je me trouve bien à Paris, de demeurer au service de M"* Angélique. (Fr. d'Amboisb, Les Napol., v, 12.) — Par les affaires que de jour à autre on me suscite, contre lesquelles je me délibère de lutter avec tant

46 APPRENDRE (S*).— se deviser. — se dormir.

de constance qu'enfin... {Leit. miss, de Henri fK, t. ii, p. 307, à la reine d'Angleterre.)— Par un effort de sagesse extraordinaire, je me deliberay de cherchci mon salut en ma fuite. (Théoph., EpisL dtÀciéon à Diane, ou le Chass. amoureux. — Se délibéra par Tadvis de tous de le faire et establir son lieutenant-général , pour commander ainsi que luy-mesme en toutes ses armées. ( Mém. de Chevnrny, 1587.) — Il se délibéra d'accomplir ca qu'il avoil promis. (Sorel, Francion, iv. ) — L'on m'enseigna même ux|MUin livre fort nouveau, et d'un auteur fort renommé, que je me deliberay d'amier, pour y apprendre comment il falloit écrire selon le siècle. (Id., ibid., v.)

SE DEVISER, comme deviser :

Prenez le tout estre dit et escript pour demonstrer la fragilité de celles qui ninsi se devisent souvent quant ensamble se trouvent. ( Les Evang, des Quen,t éd. Jann., p. 97.)

Cependant, pauvres que nous sommes,

Nous endurons ces gentilshommes.

Depuis le matin jusque au soir

Se deviser sur un contoir

Avec nos femmes. (Grevi.x, Les Esbahts, i, 1.)

SE DINER, comme dîner :

A la feste de la Pentecouste,

Qui bien se dîne, cher lui couste [Ane. Prov.)

De advocats perveriisseurs de droicl et pilleurs de paovres gens, il se dipne ordinairement et ne luy manquent. (Rabkl., ii, 11.)

Dit probablement par analogie vicieuse avec se déjeuner. SE DISPARAITRE, commc dispaimtre :

Durant lesquelles dances la dame invisiblement se disparut. (Rauel., v, 25.)

SE DORMIR, comme dormir :

Caries se dorme qu'il ne s'esvelz mie.

(Thér., La Chans. de Roland, ch. ii, texte de Venise.)

Karles se dort cum hume traveillet. (Ibid. éd. Gén.. iv, 129.)

Caries se dort tresqu'al demain cler jur. {Ibid., 174.)

La bielle fille à l'empereur vint desous cel arbre là ù Cousians estoii ki se

dormait. (Li Contes dou roi Coustant à l'empereur, Nouv. françaises du xiir siècle,

Bibl. elzév.)

Certes, dame, de me dormir Me puige très-bien astenir.

{Li roumans dou chasulain de Couci, v. 513, éd. Crap.)

Et vous dormir entre blans draps

Despuis le soir jusque au matin. {Farce de Folle ISobance.)

li se trouva en la chambre où la levriere se dormait. {Cent Nouv, du roi Louis Xi. xxvin.) — Ainsi que une nuyct medormoye sur mon lict, ayant tous mes membres de sommeil fort agravez, me survint ung songe merveilleux duquel fus moult esbahy. (Rob. Gobin, Les Loups ravissons. Le Prol. de l'act.)

APPRENDRE (S*), —s'échapper. — s'essayer. 47

s'échapper a, comme échapper «, dans le sens de : N'être pas saisi, aperçu, découvert, remarqué :

Cœur humain, abîme infini, qui dans tes profondes retraites caches tant de pensées différentes, qui s'échappent à tes propres yeux. (Boss., Panétj. de S. Viciory 1** p. ) — Plusieurs vérités s'échapperaient aux yeux de notre esprit, si quelque sage maître ne nous tournait vers elles. (Lahi, Entret. sur les sciences, 6<^ entr.)

s'Éclater, comme éclater :

.... croyant que le courroux Du père tout-puissant s'éclaterait sur nous. (Tboterel, Les Corriv.,\. 1.) 11 étoit bien à craindre que. si la chose duroit, il ne s'éclatât quelque mé.sintelligence et division intestine. (Richel., Mém.^ I. xx, 1G29.)

s'encourir, s'en aller, s'enfuir en courant :

H fut frappé de ces paroles comme d'un coup de massue, et s'encourut tout transporté frapper à la porte de la chambre où Doguin se mouroit. (Scarr. , Rom, com., 1'* p., c. 6.)

Ce discours fut à peine proféré,

Que récoutant5*eiicouraii(.... (La Font., Couten, Aveu indiscr.)

s'entrer, comme entrer :

En ses chambres «'en velt entrer,

{Floire et Blanceflor, éd. du Mér., v, 1310, 2« vers.)

Pandaro arriva, à qui l'uys jamais ne se trouva fermé, et «*en entra en la

chambre là où elle faisoit ses piteux plains. [Le Livre de Troilus, Bibl. elz., iv.)

—Si **en entrèrent dans la ville et vindrent devers le palays du roy. {le Rom, de

Jeu. de Par,)

s'essa\er, comme essayer :

Par un secours trop tard venu s'essaye A surmonter la mort dure et perverse.

Et l'art en vain de médecine exerce. (Cl. Mah., Mit, d^l'v., 1. ii.^ Le bon Abdolomin s'essayait par toutes voyes honoestes et légitimes de faire la paix. (ScuELANDRE, Tyr et Sid,, Arg. ) — Qu'elles s'essayent de s'endormir toujours en quelque bonne pensée. (Fr. de Sal., Directoire, art. 10.) — Si je vais où il est, je m'essayerai de lui en parler. (Id., Leti,, à M*"» de Chant., 39 sept. )608. ) — Mays ce qui est le pis, c'est que celte calamité y fait naistre une lamentable désunion, tandis que chacun ^'essaye de tirer à soy le peu de moyens et d'argent qu'on y porte. (Id., A S. A. Ch. Emm. 1*^. 11 dcc. 1020. JVoMr. lett. inéd., Lett. 264\ ) — H s'y trouva une telle foulle, concours et allluence de peuple, nonobstant tout l'ordre qu'on s'essayast à y donner, que les deux roys furent ung grand quart d'heure, dans l'allée du parc du dict Plessis, à se tendre les brasl'ua à l'autre, sans se pouvoir joindre et approcher. (L'Estoilr.) Par menaces après, par piquantes injures, S'enay'ercni plonger cette âme en leurs ordures. (D'Aub , Trag,, iv.)

Les dames, mi-coiffées.

A plaire à leurs mignons s'essayent eschauffées. (Id., ibid,, v.)

On dit encore s'essayer^ mais dans un sens différent.

48 APPRENDRE (S*).— se feindre. — se pâlir,

SE FEINDRE, comme feindre :

Je vous entends venir, il ne faut plus vous feindre. (Racan, lierg., ii, 2.) SE FORFAiRE , comme forfaire :

Jamais ne me voniux forfaire. {Farce des femmes.)

SE GIRE , comme gire :

Caries segisi, mais doel ad de RoUant. (Ther., La Chans, de Roi., iv, 117.) — c Et qu'esse-cy? » disl la fumelle Qui se gisoii dedans son lict. {Les Drois nouv. esiablis sur les femmes.)

SE LARMOYER , comme larmoyer :

Tout à un coup je ris et me larmoyé.

Et en plaisir maint grief tourment j'endure. (Louise Labb, Eléy.)

SE MARCHER , comme marcher :

Il estoit assez bon folastre,

Et se marchoit de bon biès. {Farce de la Résurr. de Jen, Landore.)

SE MÉFAIRE, comme méfaire :

Jamais ne croyez en ce faict ,

Car point ne se vouldroit meffaire, {Farce nouv. d'ung Mary jaloux.)

SE MOUSSER, comme mousser :

La liqueur de ce bassin est continuellement agitée, et ne fait que se mousser et s'élever en bouillons. (Sorbl, Francion, lu.)

SE MURIR, comme mûrir :

Le fruit est mauveys qi ne se meure. {Prov. de Fraunce.)

SE NAITRE, comme naître :

Ainssy le dist et devisa

Qu'estoille ystroit de Jacob

Et «y naisiroU lors à ce cob ,

Un enfant des flans d'une famme

Sans santir natureil diffamme. {Le Geu des trois roys.)

Mais ores je suis en grand doute

Que de ceste badinerie

Se naisse aucune fascherie. (Est. de Jodblle, Eugène, ii, 3 )

Bref, tu sçais quelles sont les envieuses rages Qui mesme au cœur des grands peuvent avoir vertu, Et qu'avec le mépris se naissent les outrages. (Chapelle, à sa Muse,)

SE PALIR , comme pâlir :

Là de ton tein se pallissoieni les fleurs. (Rons., Amours, i, 36.)

Si c'est aimer, avoir toujours dans l'âme Le souvenir d'une seule déesse; Si c'est aimer, se pâlir de tristesse, Mourir absent des beautés de sa dame. (Amadis Jamin, Sonnets.)

APPRENDRE (S'). —se partir. — se soupçonner. 49

SE PARTIR, comme partir ; c'est la forme logique et conforme à Fétymologie [se partiri ab, se séparer de) :

Après ceste proiére te parti l'arme d'au cors au benoît martir Rollant , et laissa le cors. ( La Chron. de Turpin. ) — Laquelle chose estant venue à la «ognoissance dudit sire de Talbot, se partit incontinent et en grand haste de Bourdeaulx. (J. Chart., Chron. de Charl, VÏI, c. 260.) — 5e partirent les Anglois bien joyeux d'Espagne, de ce qu'ilz avoient bien besongné. {Le Rom. de /. de Par.) — Lasl qu'as-tu fait de t'en partir ainsi? (Cl. Mar. , Epist,^ i, 1517.) — Dame Modeste luy respondit avec un grand souspir, qui se partit du plus profond du cœur. (Lariv., Facét» ISuicts de Straparole, 5* nuict, fable f>.)

SE PENSER, comme penser :

.... et bien se peusoyoient Qu'à quelque chose serviroyent.

(Poésies attrib. à Villon, La Repue franche du limousin,) Si me suis pensé que plus bel mariage on ne pourroit trouver. {Le Aom. de J. de Par. ) — Je me suis pensé de m'en aller en Espaigne en habit dissimulé. {Ibid.) — Et en regardant la beauté et bonne grâce de sa fille Floride, qui pour l'heure n'avoit que douze ans, se pensa en luy-mesme que c'estoit bien la plus honneste personne qu'il avoyt jamais veue. (Maro. d'Ang., Hept.., 10*nouv.)

SE PÉRIR, comme périr :

Mon amy, ton corps se perist :

Donnes à Dieu ton esprit,

Et n'allègue plus tant de plaids. {Le Disc, du trespas de fert Janet, 1537. Poés. fr. des xv« et xvi* s., t. 1. Bibl. elzév.)

SE POURPENSER, commc pourpenser :

Ainsi que je me pourpensois

Se outre la haie passerois,

Je vis vers moi tout droit venant

Un valet bel et avenant. {Rom, de la Rose.)

SE PRENDRE GARDE, commc prendre garde :

L'on se doit prendre garde surtout de certains titres trompeurs , qui promettent beaucoup et ne tiennent rien. {La Mothe le Yater, HoméL aead,, ii, 3.)

Se, dans cette phrase, pourrait passer pour un régime indirect.

SE RENTRER, commc rentrer :

Et se rentre en la chambre et ferme la porte sur luy. (Brant., Dames gai., Disc. VI.)

SE REVERDIR, commc reverdir :

Le printemps est venu, et fait dehors si tresbel que les prez et les arbres et toutes autres choses se reverdissent. {Le Liv, de Troilus, Bibl. elzév., vu. )

SE SOUPÇONNER DE , commc soupçonncr, ou plutôt se douter de :

Ëmée, se soupçonnant de trahison, s'en est retournée en son logis. (Lariy.» La Veuve, iv, 3.)

80 APPRENDRE (S*). — se souper. — se tempêter. SE SOUPER, comme souper :

Souppe toy^ sans aucun arrest, **

Et garde bien la maison. (Farce de JeninoL)

Un soir tout seullet me souppoye

De ce tantinet que j'avoye. {Le Débat de Veau vt du vin.)

Le plus des fois Monseigneur se disne et soupe do biscuit et de la belle fontaine. (Ceni Nouv. du roi Louit XI,)

On disait aussi être soupe, comme on disait se souper :

Elle 8*embesongne A luy faire un peu de potaige, Avec un petit de fromaige Et une foys de ripopé, Dont il est grandement souppé. (Serm, des Maulx de mariage,)

Même observation que pour se dîner.

SE SOURIRE, comme sourire :

Vénus lors se sourist. (VËnfer de la mère Cardine,)

Ainsi qu'elle (Jeanne 1'% reine de Naples) tissoit un cordon de soye, leroy André lui demanda à quoy estoit bon cet ouvrage? Pour vous estranglcr, responditelle en se sousnant : parole que le mary tourna en risée, qui sortit toutes-fois son effect. (Pasq., nech.^ vi, 26.) — La roine Elisabeth dit à Parri (qui avoit projeté de l'assassiner ) qu'il estoit temps qu'elle se retirast, «comme celle qui devoit estre saignée le lendemain par l'ordonnance de ses médecins; et. en se Mousriant, ajoula qu'on ne lui tireioit point tant de sang , comme beaucoup de gens désireroient. » (Id. , Caiéch. des Jésuites, f. 308.)

Alors Vénus se sourit.

Et en le baisant le prit,

Puis sa main lui a soufflée

Pour guarir sa playe enflée. (Rons., L'Am. vol. de miel.)

SE SOURIRE DE, commc sourire de :

Des capitaines des gardes et autres gens de guerre qui estoient là se souriaient de le voir, à cet âge, parler d'aller sur le pré. (Racan, Vie de Malh.) Jugez-en, s'il vous platt, par ce que je vais dire :

Vous pourrez bien vous en sourire. (Loret, Muse hist,, 30 juil. 1667.)

SE SOUSCRIRE, commc souscrire :

Je me souscris à vostre sentence et loue vostre advis. (Lariv., Le Ftd.,i, 4.)

SE TARDER, commc tarder :

Del' respondre un petit se tarde. [Dolopaihos, éd. elz., v. 648 )

Ils se tardent de respons rendre.

{Floireet Blanceflor, éd. du Mér., v. 669.)

SE TEMPÊTER, commc tempêter :

C'est à la loi salique que Ton en veut ; c'est contre celle-là que l'on a vu

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