APPRENDRE (S
dun uvoc, au pari. , etc.) — Kn allendant d'être en élat de ranger une armée en bataille, il (Monsieur) s'appr^/^d à ranger les fauteuils. (Dan. db Cosnac, Mém.) — Il se trouvait au milieu d'un peuple dont il était aimé, mais sur lequel des hommes dangereux s'étaient appris à exercer une domination absolue. (Necker, Sur l'admin. de M, Necker,)
De môme s'apprendre sans à, pour se former, se dresser à quelque chose :
PASQCIN. Hé bien, monsieur, je m'apprends^ comme vous voyez.
HONCADB. Tu fais des merveilles. (Baron, V Homme à bonne fort,, ii, 13.)
Il n'est pas étonnant qu'on ait employé apprendre comme verbe réfléchi, puisqu'on a dit apprendre quelqu'un, aussi bien qu'instruire quelqu'un :
Et Dedalus voulant son filz aprendre YoUér en l'air, son vol voulut hault prendre Trop plus beaucop que n'avoit fait son père.
(Gringore, Folles enirepr. y Bibl. elz., p. xvii.) Pour luy raprendre son langage, Nous le mettrons en une cage; On y apprend bien les oyseaux
A parler. {Farce de Hfaistre Mimin.)
Je n'ay faict ce traicté sinon Que pour aprendre ung mien amy.
{Lan de rhétorique pour rimer en plusieurs sortes de rimes, Ânc.poés. franc., t. m.) Tant d'humeurs, de sectes, de jugements, d'opinions, de lois et de coutumes, nous apprennent à juger sainement des nostres , et appreimeni notre jugement à reconnoistre son imperfection et sa naturelle foiblesse, qui n'est pas un léger apprentissage. ( Montaigne, Ess., i, 25. ) — Elle (la philosophie) fait état de séréner les tempestes de l'asme et d'apprendre la faim et les fièvres à rire. (Id., ibid.) — Pompée, Milanois, qui l'avoit appris à danser et faire des armes. (BaANT.,Capi7./r., Charles IX.)— Et ropprii si bien.... (Lar., Nuicts, m, 2.) Un sien juge choisi, par lui jugé, appris^ Et depuis fugitif. (D'âub., Les Trag.y iv.)
Et encore au dix-huitième siècle :
Le temps et vos leçons l'appre»jdroM< à chanter. (Boissy, Les Dehors tromp. , i. 7.)
On trouve encore une trace de l'ancien emploi que nous signalons dans les locutions familières : c'est un homme mal appris, c'est un mal appris.
C'est ainsi qu'on a encore dit, et très-heureusement :
Mendier n'est pas honte à la cour; c'est toute la via d'un courtisan. Dés l'enfance, appris à cela, voué à cet état par honneur, il s'en acquitte bien autrement que ceux qui mendient par paresse ou par nécessité. (P.-L. Cour., Simple dise»)
Du reste, il était très-fréquent dans l'ancienne langue d'employer le pronom personnel devant certains verbes neutres dont l'action se réfléchit en quelque sorte sur le sujet. Ce point très-
APPRENDRE (S'). — s'accoichkr. — se comoatt^k. 4:J
curieux de grammaire n'ayant jamais été , que nous sachions, mis en relief, nous croyons utile de saisir cette occasion de rétablir par de nombreux exemples.
On trouve donc :
s'accoucher, comme accoucher :
Ou les femmes s*uccouchent sans pluiolc et sans effroi.