‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 264 sur 366 · FORT · texte numérisé non relu

FORT

Cette locution se trouve, au dix-septième siècle , variée de diverses autres manières aussi excellentes : ^

Quoique son éradition soit universelle , son fort étoU parti(wlMÔ|mot dan U connoissance des affaires de l'Ëglise, de sa discipline , de son Hpjèfie. (Pnui.| Uomm, iU; Lamoignon.) ~ Je m'arrête à l'unique fort des dogttutistes, qui eit que.... (Pasc, Pens.^ éd. Louandre, c. x.) — Ëcoutons encore un raisonnement oà l'auteur de la réponse a mis ton fort, ( Boss. , Fragm. sur div, mat, de eamir, , 4« fragm., iv.) — 11 met le fort de la justification de sa morale daia une alternative qui est réfutée comme une erreyr par tous les théologiens de sa communion. (Ai- NAULo, OEuvr. , t. 1 , p. 683. ) — Vous mtus tout le fort de vos répliques à dire et redire partout que.... (Id., Quatre Lett. au P, MaUbr,) — Nous inventions des réponses aux objections de l'adversaire, et nous ne songeons à lui que pour trouver le défaut de ses opinions : d'où il arrive que nous sommes plus instruits de ce que nous appelons nos bonnes intentions , que de celles ok il mei U fort de sa cause. (Batlk, Comment, philos. ^ iv, 3.)

FORT, adj. se faire fort de :

Le roi, s'il s'en fait fort, pourroit s'en trouver mal. (A^icom., m, 3.}

« Se faire fort de quelque chose , dit le commentateur, ne peut être employé pour s'en prévaloir ; il signifie : j'en réponds, je prends sur moi Tentreprise, je me flatte d*y réussir. Se faire fort ne peut être employé qu'en prose. »

Voltaire a-t-il bien compris la pensée de Corneille? Nous en doutons. C'est Laodice, la reine d'Arménie, qui parle à Flaminius, et voici le raisonnement qu'elle lui fait :

Je vois sur la frontière une puissante armée. Comme vous l'avez dit, à vaincre accoutumée ; Mais par quelle conduite, et sous quel général? Le roi, s'il s'en fait fort, pourroit s'en trouver mal; Et s'il vouloit passer de son pays au nôtre, Je lui conseillerois de s'assurer d'un autre.

Se faire fort veut dire ici, ce nous semble bien , se répondre à soi-même de.., compter sur...

— DANS LE FORT DES OMBRES, daus le plus épais des ombres :

Pareille à ces éclairs qui dans le fort des ombres

Poussent un jour qui fuit, et rend les nuits plus sombres,

Tu n'as frappé mes yeux d'un moment de clarté,

Que pour les abtmer dans plus d'obscurité. {Hor.^ m, 1.)

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