‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 265 sur 366 · FORTUNE. — FOUDROYER · texte numérisé non relu

FORTUNE. — FOUDROYER

— FORT, adv., précédé de si, et devant un adjectif:

Uo ii rare service et si fort important,

YeitA l'honneur le plus rare, et le plus éclatant. (Hor., v, 3.)

FORTDKS, dans le sens de sort, condition, avec le pluriel :

Il (l'amour) a droit de régner sur les âmes communes,

Non sur celles qui font et défont les /ortunej. [Au., m, 4.)

— FAIRE DES FORTUNES, faire un sort :

Hors de l'ordre commun il nous fait des fortunes. [ttor., ii, 3.)

Voltaire fait cett« observation :

< Fait des fortunes n'est pas une expression propre. Ce mot de fortunes au pluriel ne doit jamais être employé sans épilhële : bonnes et mauvaises fortunes, fortunes diverses, mais jamais des fortunes. Cependant le sens est si beau, et la poésie a tant de privilèges, que je ne crois pas qu'on puisse condamner ce vers, »

Que fortune ne puisse pas s'employer au pluriel sans épithète, <î*est une assertion précipitée. Ainsi on trouve , avec des nuances diverses de signification :

Mon bon homme, on ne peut maintenant ouir le récit de tes fortunes. (Lariv., Les Esprits, ni, 6.) — Il me raconloit privement toutes ses fortunes. (Fh. d'Amb., Ces Napol.t i> ^0 —Vous qui me cognoissés de longue main, et vous estes trouvé près de moy, en tant de combats et de fortunes de guerre. [Lett, miss, de Henri IV, t. IV, p. 375.)— En racontant toutes ses fortunes, et tous ses longs voyages. iD'Urfé, Astrée, i, 2.) — Cette reine laissa Araxez et Amasis dans une égale admiration de ses fortunes et de sa vertu. (Gombbrv., Cyth., ii, 2.) — Un autre événement surprit moins qu'il ne fit admirer les fortunes. (St-Simon, Mém., t. i, c. xiv.) — La Feuillade voltigeait et philosophait sur l'instabilité des fortunes. (Id., ibid.,\.\u^ c. MU.) — Ëlevé par cette illusion au dernier degré de la gloire, vous vous convaincrez par vous-même de la vanité des fortunes. (Vavykh., Médit, sur lafoi.)^ Nous en usâmes avec lui comme de vrais François, en l'admettant bonnement dans notre société à nos risques, périls et fortunes^ (Lbsagb, Le Bachel. de Salatn,^ 4« p., c. I.)

— BONNE FORTUNE, daus le sciis dc bonheur:

Que celui qui l'occupe (votre cœur) a de bonne fortune. [Nicom., i, 2.)

Nous ne pouvons voir là qu*une négligence.

FOUDROYER, abs., exhaler sa colère, son dépit en emporte* ments bruyants :

Que la rage du peuple à présent se déploie,

Que Sévère en fureur tonne, éclate, foudroie. (Pol., v, 4.)

D'abord dfi part et d'autre on vous attend sans bruit.

Un jour se passe, deux, trois, quatre, cinq, six, huit.

Enfin, n'espérant plus, on éclate, on foudroie. {Suite du Mint,, i, 1 )

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