FOURRIER
Uo aix qui se plaint d'estre seul
Luy fournit de couche et de table. (StAmant, La Chamà. du diboM,]
Faret, mon compagnon d'office.
Quand il faut faire un sacrifice.
Dedans quelque joyeux hostel
Où la table fournit if autel;
Helas ! quel démon plein d'envie '
Traversant nostre heureuse vie,
Quel démon, dis-je, aroy de l'eau,
Te conduit à Fontainebleau? (Id., Le* Cabarets.]
On a dit, d'une manière analogue, fournir de quelque chose à quelqu'un, pour signifier le lui fournir, le lui procurer :
Un troupeau qui nous est si cher, Et dont la mamelle féconde
Fournit de laict à tout le monde. (St-Amant, Lt Fromage.}
Je ieur fournUsois de devises.
De beaux couplets, de hauts discours;
Enfin j'estois tout leur recours. (Id., Le Poète crotté.)
Non-seulement il a fait de sa main de très-beaux ouvrages; mais il fournit de
dessins à plusieurs autres sculpteurs fort habiles. (Perr., Homm. tZ/iu/., Chauv ;
On trouve encore fournir rfe, avec un nom de personne pour sujet, dans le sens particulier de jouir de la société de :
n n'y avoit jeune gentilhomme qui fust bien venu entre les dames que moy : toutes me desiroyent, m'aymoient et me vouloient à leur compaignie, et s'estimoit bien heureuse celle qui pouvoit /ournir de moy. (Fr. d'Amb., £e< iVapo/., i,3.)
Nous remarquerons encore ici, quoique Tanalogie ne soit pas complète, l'emploi de foujmir de, pour signifier faire preuve de :
Bien des gens pouvant fournir de courage et de résolution l'épée à la maio, quille sont pas capables de soutenir de sens froid tout Je poids d'un secret important. (Vertot, Révol. de Portuy.)
— FOUBM, part, passé, poème foi kni, poëme bien rempli de choses :
J'estime toutefois qu'il ne nous est pas défendu d'y ajouter quelque chostr. pourvu qu'il ne détruise rien de ces vérités dictées par le Saint-Esprit. Bûchanan ni Grotius ne l'ont pas fait dans leurs poèmes ^ mais aussi ne les oui-ils pas rendus assez fournis pour notre théâtre. {Exam. de Pol.)
On dit, dans un sons analogue :
Une conversation agréable ei fourme. (S.-Simon, Mém,^ t. ii, c.23.)
FOURRIER de la mort, pour signifier, qui cause la mort :
On aime rarement de si sages époux, Et leur moindre malheur c'est d'être un peu jaloux. Convaincus au dedans de leur propre foiblesse, Une ombre leur fait peur, une mouche les blesse,
FOURRIERE. — FROID. 3«5
Et cet heureux hymen qui les charmoit si fort
Devient souvent pour eux un fourrier de la mort. [La 5uitv, u, 1.)
FOURRIÈRE. CETTE belle fourrière , pour désigner l'Aurore, que les poètes nomment souvent la fourrière du jour :
Le soleil fut un jour sans se pouvoir lever,
Et ce visible dieu que tant de monde adore
Pour marcher devant lui ne trouvoit point d'Aurore.
On la cherchoit partout, au lit du vieux Tilhon,
Dans les bois de Céphale, au palais de Memnon,
Et faute de trouver cette belle fourrièrej
Le jour jusqu'à midi se passa sans lumière. {VIllus. com., ii, 1.)
FRANC, sincère, avec un nom de chose, volonté franche :
Je ne me résoudrai jamais a Thyménée
Que d'une volonté franche et déterminée. [La PI. Roy., iv, 1.)
FRANCHISE, liberté politique :
Cesse de soupirer, Rome, pour ta franchise ;
Si je t'ai mise aux fers, moi-même je les brise. (Ctn., iv, 8.)
— FRANCHISE, liberté en général, perdre l*usage de sa franchise, comme perdre tmage de sa liberté :
Si blessé des regards de quelque beau visage
Mon cœur de sa franchise avait perdu l'usage,,. [La Veuve, i, 4.)
Corneille, comme tous les poètes et môme les prosateurs du temps, offre de fréquents exemples de cette signification.
FREIN, n'avoir ni frein ni bouche, n'être retenu ni par le frein, ni par le mors :
Les chevaux^ que leur sang e£C^rouche, . Bouleversent leur charge, et n'ont ni frein ni bouche.
{Les Vict. du roi en 1673.)
FRISSONNER, avec un rég. indirect de personne :
Avançons hardiment. Tout le corps me frissonne. [L'Illus. com., ii, 7.)
FROID, adj. un froid secours, un secours vain, par une image hardie et en opposition à l'inutile chaleur des discours :
Que hasardoit Pompée en servant votre père?
11 se voulut par là faire voir tout-puissant.
Et vit croître sa gloire en le rétablissant.
11 le servit enfin, mais ce fut de la langue;
La bourse de César fit plus que sa harangue :
Sans ses mille talents, Pompée et ses discours
Pour rentrer en Egypte étoient un froid secours, C^omp., :, 1.)