‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 269 sur 366 · RENDRE, PRENDRE DES FROIDEURS · texte numérisé non relu

RENDRE, PRENDRE DES FROIDEURS

Mais du haut de son trône elle aime mieux me rendre

Ces froideurs que pour elle on me força de prendre. ["Hte et Bér.^ it, 1.)

FRONT, se dit habituellement au figuré pour signifier trop grande hardiesse , impudence. Corneille remploie dans le sens noble de hardiesse, assurance magnanime, assurance :

Il reçoit les adieux des siens et de sa femme,

Leur défend de le suivre, et s'avance au trépas

Avec le même froni quMI dunnoit les États. (Poaip., ii, 3.>

— Corneille emploie encore front pour dire les dehors, l'apparence, opposés aux sentiments du cœur :

Et c'est mal démêler le cœur d'avec le front

Que prendre pour sincère un changement si prompt. (Aod., iv, 5.)

— ALLER DE FRONT FAIRE QUELQUE CHOSE, commc on dit familièrement aller de but en blanc :

Je sais ce que tu dis, el n'irai pas de front

Faire un commandement qu'ils prendroient pour affront. (D. Sane.,n, 1.}

FRUIT. QUEL FRUIT NOUS AURONS DE (un infinitif) , ce que nous

gagnerons à :

Voyez quel prompt remède on y peut apporter,

Et quel fruit nous aurons de la violenter. (Stri,, it, 3.)

• FRUITIF. UNION FRuiTivB, uniou qui donne la jouissance :

Et sans s'immoler chaque jour, On ne conserve point V union fruitive

Que donne le parfait amour. {imit., m, 37.)

FUIR, V. neut. fuir de, avec un rég. de pers., fuir loin de :

Où fuiroiS'le de vous après tant de furie, Madame, et que feroit toute votre Syrie.

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