‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 27 sur 366 · APPROCHE. — APPROUVÉ · texte numérisé non relu

APPROCHE. — APPROUVÉ

J'avoue qu'un livre n'anroit jamais une appro^arfon universelle et constante, s'il n'étoit Irés-bien écrit. (P. Daniel, Entret. de Cléandre et d'Eudoxe, i.)-— Il prêchoit avec assez d'approbation dans une église de Paris, lorsqu'on découvrit que. pendant qu'il exhortoit les autres à vivre saintement, il vivoit lui-môme fort licencieusement. (Arn., ApoL pour les CorA., l'*p., c. 22, l"add.)

APPROCHE. VENIR AUX MORTELLES APPROCHES, en venii* aux mains dans un combat à mort :

A voir de tels amis, des personnes si proches,

Venir pour leur patrie aux mortelle* approches,

L'un s'émeut de pitié, l'autre est saisi d'horreur,

L'autre d'un si grand zèle admire la fureur. {Oor,, ui, 2.;

APPROCHER DE, activ., au sens moral, rapprocher de :

De tant d'enseignements l'amas prodigieux.

Ne l'approchera point du monarque des cieux. (fmi/., i, I, éd. 1651.)

On a dit d'une manière analogue :

Puisque l'amour chaste qu'ils ont pour les hommes leur fait quitter le ciel pour la terre, et trouver leur paradis parmi nous, ne devons-nous pas reconnottre qu'il y a quelque chose en l'homme qui Vapproche de ces esprits immortels ? (Boss., Serin, pour la fête des SS. ang, gard.)

— APPROCHER, neutre, en parlant d'un coup :

On ne les sent aussi (ces agitations) que quand le coup approche.

Et l'on ne reconnott de semblables forfaits

Que quand la main s'apprête à venir aux effets. {Cinna, iii, 2.}

Voltaire avait dit : « Un coup n'approche pas. » — « Ze coup approche peut être dur, réplique Palissot, mais l'expression n'a rien de blâmable. »

APPROFONDIR, rendre plus profond, approfondir l'abîme

DBS MAUX :

Us étoient plus que rois, ils sont moindres qu'esclaves,

Et la gloire qui suit vos plus nobles travaux

Ne fait qu' approfondir Cabîme de leurs maux. (Sertor., m, 1.^

Approfondir C abîme où son penchant l'entratne! (Sadrin, Biverl., i, 3 )

APPROUVÉ, avec un nom de personne, authentique, témoin approuvé :

Que j'en sais comme lui qui parlent d'Allemagne,

Et, si l'on veut les croire, ont vu chaque campagne,

Sui chaque occasion tranchent des entendus.

Content quelque défaite et des chevaux perdus.

Qui, dans une gazette, apprenant ce langage,

S'ils sortent de Paris ne vont qu'à leur village,

Et se donnent ici pour témoins approuvés

De tous ces grands combats qu'ils ont lus ou rôvés! {Ment., m, 3.)

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