‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 28 sur 366 · APPUI. — ARBORER · texte numérisé non relu

APPUI. — ARBORER

APPUI, fig. PRENDRE DE L* APPUI SUR , faire fond sur :

Mais prenez moins d'appui sur un cœur usurpé,

Il peut vous échapper, puisqu'il m'est échappé. {Tois, tCOr, ni, 4«)

APPUYER, fig. :

Un père est toujours père, et sur cette assurance

J'ose appuyer encor un resu d'espérance. (Po/., y, 8.)

APRE, au figuré, cruel :

Aux plus âpres tourments un chrétien est en butie,

Comment en pourrez-vons surmonter les douleurs,

Si vous ne pouvez pas résister à des pleurs? {PoL, i, 1.)

Les gens de Cornélie, entre qui vos Romains

Ont déjà reconnu des frères, des Germains,

Dont Vâpre déplaisir leur a laissé parottre

Une soif d'immoler leur tyran à leur mattre. {Pomp., iv, 1.)

APRÈS, d'après :

Hais vous en jugerez aprls la voix publique. {Ment.i i, 2.)

DORAMTB. 0 le charmant portrait ! l'adorable peinture !

Elle est faite à plaisir.

LiSB. Après le naturel. {Suite du Ment,, ii, 6.)

On trouve jusqu'à la fin du dix-septième siècle des exemples de la préposition après employée pour cTaprès, à l'imitation de :

Ses dialogues ne sont donc pas de pures fictions , comme l'on se pourroit imaginer, ce sont des peintures faites après nature. (Flburt, Disc, sur Platon, iv.) — Pyrrhon, après Homère, comparoit ordinairement les hommes à des feuilles d'arbres qui se succèdent perpétuellement les unes aux autres, et dont les nouvelles prennent la ^lace des vieilles qui tombent. (Fbn., Vies des anc. ptiil,, Pyrrhun.)

— APRÈS MON PÈRE MORT, après la mort de mon père :

Après mon père mort^ je n'ai point à choisir. {Le Cid, iv, 2.)

ARBORER, en parlant de lauriers :

Au milieu de l'Afrique arborer ses lauriers, {Le Cid^ 1 1, 5.)

L'Académie avait dit : « Arborer ses lauriers est bien repris par l'observateur Scudéry, parce qu'on ne peut pas dire arborer un arbre j etc. »

Voltaire justifie ainsi Corneille :

« Arborer ses lauriers » ne veut pas dire mettre des lauriers en terre pour les faire croître, planter des lauriers ; mais , comme on coupait des branches de laurier en l'honneur des vainqueurs, c'était les arborer que de les porter en triomphe, les montrer de loin comme s'ils étaient des arbres véritables. Ces figures ne sont-

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