‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 30 sur 366 · ARDEZ. — ARRÊT · texte numérisé non relu

ARDEZ. — ARRÊT

tout le monde m'entendrait. Cette critique est trop vétilleuse. » (ZyceV, 2«p.,l. I, c. 2,§2.)

— ARDEUR, avec le plur., désir ardent, s*appliquant à diverses

choses :

Florame vaut lui seul à ma pudique flamme

Tout ce que peut le monde offrir à mes ardeurs

De mérites, d'appas, de biens et de grandeurs. [La Sutv., iv. 7.)

Ardeur, dans le sens moral, se rencontre au pluriel avec diverses nuances de signification :

Mes amis les ont exigés de moi tels qu'ils étoient, avec la foiblesse, l'imperfection et l'inégalité où l'esprit s'emporte avec dérèglement, dans les premières ardeurSt quand on fait le plan d'un grand ouvrage. (D'Acb., Prat. du théâl., i, S.) Le sang des Avales bouillonne dans mes \eines. Et mon cœur échauffé de ses nobles ardeurs Ne peut fixer ses vœux qu'au faite des grandeuis.

(Dbst., LAmàit, et findisc., i, 8.) Mes feux longtemps secrets, mes funestes ardeurs. (La Harpe, Mélan. , i, 4.) J'ai de Sulton méprisé les ardeurs.

J'ai rejeté ses présents corrupteurs. tViKKNiT, Sédim^ ii.)

Mallei cherchait une voie à ses goûts et à ses ardeurs d'étude et de polémique. (Ste-Beuve, Causeries, l"sept. 1851.)— Ces travaux redoublés, ces nobles ardeurs et ces chagrins des dernières années la (M"* Dacter) consumèrent. (Id., ibid,, 6 mars 1854.)

ARDEZ, pour regardez j par apocope :

Ardez, vraiment c'est mon, on vous l'endurerai

Vous êtes un bel homme, et je dois fort vous craindre ! {Gai, du Pal. , iv, IS.) Ardez, messieurs, il y a quarante ans que j'ay une grande et fâcheuse migraine «n la teste, comme vous savez. (Béroalde de Vbrville, Moyen de parvenir.) Ardez le beau museau, Pour nous donner envie encore de sa peau! (Mol., Dépit amour,, vi, 4.)

Cette expression est encore usitée dans le Berri et pays circonvoisins. Voir le Glossaire du centre de la France, par M. le comte Jaubert.

ARMÉ, subst., pour homme armé :

Troupe à.' armés. {Place ftojr., iv, I.)

ARRÊT, chose qui arrête :

Ainsi ces indiscrets perdent bientôt mes gr&ees

Pour oser plus qu'il ne me platt;

Et leur vol rencontre un airêt Qui les rejette au rang des âmes les plus basses. Jmit., tu, 7.)

— FAIRE SON ARRÊT, pronouccr son arrêt :

Tu sais ce qui t'est dû, tu vois que je sais tout;

Fais ton arrêt toi-même, et choisis tes supplices. [Cimia, v, 1.)

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