ARCHER. — ARDEUR
elles pas permises dans la poésieT » [Renuxrq. sur les Sentim. de l'Acad. sur le Cid, II, b,3S.)
Nous partageons l'avis de l'auteur du Commentaire sur la légitimité de cette locution , bien que Ménage se joigne à l'Académie pour la blâmer, dans ce passage de ses Observations sur la langue française : « M. Corneille a dit dans le Cid : Arborer des lauriers. Au milieu de l'Afrique arborer ses lauriers, -Mais il en a été repris avec raison par M. de Scudéry et par Messieurs de l'Académie; car on ne dit point arborer un arbre; le mot arborer ne se prenant que pour des choses que l'on plante iigurément en façon d'arbres, comme des étendards. » (1'* p., c. 247.)
Corneille, cédant à ces chicanes, mit dans son édition définitive :
Porter de là les mers ses hautes destinées, Du sang des Africains arroser ses lauriers.
ARCHER. CE PETIT ARCHER, pouT désigner le dieu de l'amour, Cupidon :
Toutefois je songe à ma maîtresse ; Ce penser m'adoucit. Va, ma colère cesse, Et ce petit archer, qui dompte tous les dieux, Tient de chasser la mort qui logeoit dans mes yeux, {tllus, corn,, ii, 2.)
ARDENT APRÈS, qui recherche, qui poursuit avec adresse :
L'imposteur impuni passera pour monarque,
Tout le peuple en prendra votre bonté pour marque,
Et comme il est ardent aprU la nouveauté,
Il s'imaginera son rang seul respecté. {Perth,, iv, 1.)
Mais le grand Mérovée est un roi magnanime.
Amoureux de la gloire, ardeni aprèt l'estime. [Attila, i, 4.)
ARDEUR, pour signifier la chaleur et la vivacité du sang et du courage :
Cette ardeur que dans les yeux je porte.
Sais-tu que c'est son sang? le sais- tu? {Le Cid, u, 2.)
€ Une ardeur ne peut être appelée sang par métaphore ni autrement. »
Après avoir cité cette critique de l'Académie, La Harpe dit très-justement :
€ J'en doute; l'on dirait fort bien : Cette ardeur que j'ai dans les yeux, mon père me l'a transmise avec son sang; et, par une figure très-connue, en mettant la cause pour l'effet, je dirais : Cette ardeur que vous me voyez, c'est le sang de mon père; et