HUMAIN. — HUMEUR
Voltaire fait cette réflexion :
€ Ho«(ie ne so dit plas, et c'est dommage; il ne reste plus que le mot victime. Plus on a de termes pour exprimer la même chose, plus ia pot'sie est variée. »
Il est certain que le mot hostie fait un très-bon effet dans des vers comme les suivants :
Qui marche au premier rang des hostiet rangées?
Qui prendra le devant des brebis esgorgées? (D'Aub., Les Trag,, v.)
Or sus, il faut penser à conduire Vhostie, (Racan, Berger., iv, 5.)
Frappons, voilà V hostie, et l'occasion presse ! (Cyrano, Bîort dCAtjr.yWy 4.) Du céleste courroux tous furent les hosties. (La Font., Philémonet Baucis,)
HUMAIN, employé subst. l*humain, la nature, les forces de l'homme :
Sans doute vos chrétiens qu'on persécute en vain
Ont quelque chose en eux qui surpassent V humain. {l*oL, v, 0.)
HUMEUR, dans le sens A^Xhumoui* des Anglais :
CLÉANORE. Cet homme a de y humeur,
i>ORANTE. C'est un vieux domestique,
Qui, comme vous voyez, n'est pas mélancolique. (5ut7e du Ment,, m, 1.)
Voltaire écrivant à Tabbé d'Olivet, sous la date du 20 août n61,dit:
c Les Anglais ont un terme pour signifier cette plaisanterie, ce vrai comique, cette urbanité, ces saillies, qui échappent à un homme sans qu'il s'en doute, et ils rendent cette idée par le mot humour, qu'ils prononcent yumor. ELils croient qu*ils ont seuls cette humour; que les autres nations n'ont point de termes pour exprimer ce caractère d'esprit. Cependant c'est un ancien mot de notre langue employé en ce sens plusieurs fois dans les comédies de Corneille. »
Ce sens est maintenant tout à fait entré dans la langue.
La gaieté, chez M. de Chateaubriand, n'a rien de naturel et de doux ; c'est une sorte d'humeur ou de fantaisie qui se joue sur un fond triste. (Ste-Beuve, Caus,j 18 mars 1850.}
Un des écrivains les plus originaux du dix-huitième siècle en avait déjà offert un excellent exemple :
Toute la scène du confessionnal voulait être mieux dessinée , cela detnandait plus d'Aumeur, pTus de force. (Diderot, Œuvr, compL, t. viii, p. 237.)
— DE l'humeur dont IL EST, commc on dit, de son humeur, de son caractère :
J'en voudrois connottre un de r humeur dont il est. {Suite du Meut., m, 1.)
— HU.MEUR DE CONQUÊTE, humcuT Conquérante :
Je n'écouterai plus cette humeur de conquête; Et laissant tous les rois leurs couronnes en tète.