‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 342 sur 366 · IMPUR. — IMPUTER · texte numérisé non relu

IMPUR. — IMPUTER

IMPUR, subst., ce qui est impur, impureté :

Par là de toot V impur la soaiilare s'efface. {imit; ui, 51}

Et que l'embrasement d'une flamme si pare

Efface tout Vimpur dont tu me vois taché. tàid., if, 9.)

IMPUTER A, estimer, juger, regarder comme :

Et a voulu taxer de légèreté une action qui /m imputée à giaDdeur de courage par cepx qui en furent les témoins. [Le Cid, avertiss.)

— IMPUTER A, avec un régime indir. de personne; mot à mot, compter à..,, comme... :

Et Cinna vous impute à crime capital

La libéralité vers le pays natal! [dm,, it, L)

Mais d'avoir cm mon âme et si foible et si basse,

Qu'elle pût m*impuier votre hymen à disgrâce. {SopkoH., m, 1)

— De môme avec le pronom réfléchi, régime indirect :

Et je m*imputois même à trop de vanité

De trouver entre nous quelque inégalité* {Héraci.^ ui, L)

Cette locution, aujourd'hui d'un usage restreint, s'appliquait autrefois à des cas bien plus nombreux, comme les exemples suivants le montreront :

Il crut en Dieu, et il lui fui imputé à justice. (Saint Franc, de Salis, ùe Camoar de Dieu, i, 11.)

Peuple qui me veux mal. et m*imputes à vice

D'avoir été payé d'un fidèle service,

Où trouves-tu qu'il faille avoir semé son bien.

Et ne recueillir rien? (Malh., Stanc, 1596.)

Imputer non à louange, ains à une affection... (Paso., Leu*t vu, 12.) — IThh putez point mon ignorance à outrage. ( Vaugel., Trad, de Quinte^Curee, v, 2.) — 11 manda au prince qu'il ne falloit plus différer; et qu'il luy imf»iiierotf à pM de cœur, s'il remeltoit la partie à une autre fois. (Gomberv., CyiÂer., i, 3.) — Puisque par vostre incomparable indulgeance je me trouve en possession de cette gloire, ne m'imputez pas s'il vous plaist à effronterie, si je prends la hardiesse de vous en demander la continuation. (Id., ibid., u, 3.) — Le saiot docteur traite d'aveugles et d'impies ceux qui ne veulent pas reconnoître que la religion soit une chose où l'on ne peut jamais ôter, ni ajouter, ni chaoger, en quelque temps que ce soit : le ministre impute, au contraire, à aveuglement et à impiété de n'y vouloir point connottre de changement ni de progrés. (Boss., Prem. aven, aux prolest,) — Celte entreprise par laquelle vous prétendez voas honorer ne vous sera pas imputée à gloire par le Seigneur notre Dieu. (Id., Polît,, vu, 5.)

— IMPUTER, avec le pron. pers., dans le sens passif:

Babattez cet orgueil, faites-lui soupçonner

Que vous vous en piquez jusqu'à l'abandonner,

La crainte d'en voir naître une si juste suite,

A vivre comme il faut l'aura bientôt réduite,

Elle en fuira la honte, et ne souffrira pas

Que ce change s*impute à son manque d'appas. {La GaL du PaL, ui, 1.)

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