INFAME. — INFINITIF
Ménage : « Pour ce qui est A' inexplicable , on peut s'en «ervir, non-seulement dans le discours familier, mais dans le style sublime. M. Chapelain s* en est servi plus d'une fois dans la Pucelle, et M. du Périer vient de remployer dans un sonnet sur les conquêtes du roi dans la Hollande » :
On les vit traverser les plus lointaines plages, Do leurs flers ennemis soutenir les efforts ; Et ceints de toutes parts à*inexpugnables forts, Se faire redouter aux pins fermes courages.
( Obs. sur la Lang.Jranç.j 2« p., c. Lxxxiv.)
Cependant ce mot était déjà ancien dans la langue. Âmyot, Palma Cayet et d'autres, s'en sont servis au seizième siècle ou au commencement du dix-septième. On le trouve employé dans Etienne Pasquier avec le sens ai invincible :
Ce guerrier inexpugnable est mort. (Lf/i., iv, 20.)
INFAME, avec un régime indirect de personne :
Avise, et si tu crains qu'il le fût trop infâme
De remettre l'empire en la main d'une femme. [UéracLy i, 2.)
Voltaire fait cette remarque un peu puriste :
c Coraeîlle emploie souvent ce mot avise; 11 était très-bien reçu de son temps. « Qu'il te fût infâme > n'est pas français; la langue permet qu'on dise : « Cela m'est honteux , > mais non pas cela m'est infâme. Et cependant on dit : « H est infâme à lui d*avoir fait cette action. » Toutes les langues ont leurs bizarreries •I lenr» iaconséquenees. »
Le poète doit-il donc être si méticuleux; et n'est-ce pas assez dé se conformer parfaitement à Fanalogie?
Voyez IMMOBILE a.
BiFAMEE. l'infamie de , suivi d'un infinitif :
Je ne crains point la mort, mais je hais Vinfamie
D'en recevoir la loi d'une main ennemie. {Oih,, i, 3.)
INFIDÈLE, avec un nom de chose, inexact:
EstHse donc vous, seigneur, et les bruits infidhleê
N'ont-ils semé de vous que de fausses nouvelles? (Penh., ni, 4.)
INFINITIF, employé pour sujet, comme si c'était un substantif:
Et paroUre à la cour eût hasardé ma tète. (Le Cid, it, 3.)
L'Académie, dans ses Sentiments sur le Cid, a vu là un solécisme; suivant elle « il fallait dire, c'eût été hasarder ma tête, car