‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 355 sur 366 · INVENTIF. — INVERSION · texte numérisé non relu

INVENTIF. — INVERSION

Le mal gaigne le corps, preo l'esprit invaincu, (D'Aub., Les Trag., iv.) Pais l'Église acoucha comme d'une ventrée

De Thorb, de Bewerland, de l'invaincu Sautrée. (Id., ibid.)

Il demeura invaincu dans ce combat. (D'Urfb, Àstr., i, 5.)— Si voulut-elle se monstrer aussi bien invaincue à ce desplaisir, qu'elle avoit tousjours fait gloire de Testre à tous les autres. (Id., ibid.^ i, 10.)

J'entens an doux conflit qu'à l'bonneur de Bacchus Les fameux biberons, à tauper invaincus^ Font le verre à la main, sans projet d'autre gloire Que de celle qu'on gaigne à force de bien boire. (St-Amant, Le Cantal.) Ce cocq des beuveurs invaincus. (Id., La Rome ridic.^ zlvu.)

Après avoir passé comme un éclair en Hollande, et Ipdott ces colosses tnvain- CM à n'avoir plus contre l'ardeur de vostre courage d'autre azyle ni d'autres ijui^pam que la mer et les tritons. (O'AssoacT, Avent,, Ëplt. au roi.) •^^ Ce que l^Somôde n'a pu,

4r --* ' Ni lo Péléide invaincu. (Scarr., Firy. /rot;., ii.)

, . .Lf) père de La Rue a employé Tadjectif invaincu dans Toraison

tbsjok^te du maréchal de Luxembourg (1695). -'^ Faretiëre condamne ce mot, et le trouve à peine supportable

efl poésie y par opposition à invincible. Il n'en fut pas moins, et

avec raison, selon nous, employé encore au dix-huitième siècle

par plusieurs auteurs :

Que nos braves guerriers et vos Grecs invaincus

Une seconde fois fassent trembler l'Euphrate. (Volt., Olymp., i, 3.)

Opposa an vainqueur un courage invaincu. (Saurin, Spart., iv, 3.)

On retrouve encore quelques exemples de cet utile adjectif dans les écrivains modernes :

Ce fut un douloureux spectacle pour les bons citoyens que de voir rentrer en

- France les garnisons invaincues de soixante places fortes. (H. Martin, Hisi. deFr.^

1&59.) — Montrer en lui l'athlète vaillant au combat de la vie, qui lutte et grandit

jusqu'au bout de ses forces, et quitte l'arène, blessé à mort, mais invaincu. (Gilb.,

Sloge de Vauven.)

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