‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 5 sur 366 · ABSOLU. — ABUS · texte numérisé non relu

ABSOLU. — ABUS

Ravir jusqu'aux faveurs dernières, Qui dans C abord ne croy oient pas Pouvoir accorder les premières.

(La Font., Contes, La Fiancée du roi de Garbe, i, 14.)

On a dit de même à l'abord :

Mais, à ne point mentir, ton dessein à Vabord^

n'a gagné mon esprit (qu'avec un peu d'effort. (La Veuve^ m, 1.)

Une si grande gloire à C abord m'a troublée.

(ScHEL., Tyr et Sid,, l"^ journ., m, 8.)

l\ m'a fait à C abord cent questions frivoles. (Mol., les Fdeh.j i, 1.)

ABSOLU. Se rendre absolu sur ses désirs, leur commander, les maîtriser, les dominer :

Je dois donc me contraindre, et j'y suis résolu.

Oui, sur tous mes désirs je me rends absolu. {Seri.^ iv, 3.)

ABUS, erreur.

Défais-toi, défais-toi de tes fausses maximes ;

Ou, si ces vieux abus te semblent légitimes,

Si le seul Alidor te platt dessous les cieux,

Conserver-lui ton cœur, mais partage tes yeux. [La PI. Roy., i, 1.)

Ce que l'on se promit de ce fils supposé

Réunit sous ses lois son Etat divisé;

Mais comme cet abus finit avec sa vie.

Sa mort do mon supplice auroit été suivie,

S'il n'eût donné cet ordre à son dernier moment,

Qu'un juste et prompt exil fût mon seul châtiment. {CPd., v, 2.)

Je pardonne un abus que l'amour a formé. [Ib., iv, 1.)

Mais il faut renoncer à des abus si doux. {Puteh., ii, 1.)

Pour bien écrire encor, j'ai trop longtemps écrit.

Et les rides du front passent jusqu'à l'esprit.

Mais contre un tel abus que j'aurois de suffrages.

Si tu donnois le tien à mes derniers ouvrages! {Rem. au Roi, en 1C67.)

On trouve dans le même sens, entre d'innombrables exemples :

Jugez avec quel zèle ils suivront l'imposture Qui vous fait de son fils emprunter Taventure, Et qui, charmant leur cœur par un flatteur abus. Leur feim croire en vous un prince qui n'est plus. (T. Corn., Dar.^ i, 3.) Je te le dis, laisse là ce couvent; Car d'espérer les servir à leur guise.

C'est un abus.... (La Font., Contes y Mazet.)

Lm jeunes gens, comme on peut croire, Hé s'épargnèrent ni serments, H! d'autres points bien plus charmanu, Comme baisers a grosse usure.

Le tout sans compte et sans mesure : Calculateur que fût l'amant, Biouiller falloit incessamment;

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