‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 6 sur 366 · ACCABLEMENT. — ACCABLER · texte numérisé non relu

ACCABLEMENT. — ACCABLER

La chose étoit tant inGnie,

Qu'il y faisoit toujours abus. (La Font.^ Contes^ Nicaise,)

Le prudent Anchise

Nous exhorta par un discours,

Aussi triste qu'une élégie,

De retourner dans Ortygie,

Pour y prier le blond Phébus

De nous vouloir tirer d'o^u^. (Scarr. , Yirg. irav,, i. 3.)

De croire que votre conduite leur soit inconnue, et qu'elle demeure secrète pour eux; abus, chrétiens : cela ne peut être, et ne fut jamais. (Bouro., Serm. pour ie 3<» dim. de CAv., Sur le scand., 2" p.]

— De même avec le pluriel :

0 beau P&ris! je ne crois pas qu'Hélène,

Que tu ravis par Vénus dedans Grèce,

Eust de beauté autant que ma maltresse :

Si on le dit, certes, ce sont a^M«. (Cl. Mar., Episi., i.)

ACCABLEMENT, action d'être accablé, écrasé, l'accablement d'une chute :

Pour vous avoir trop crue, hélas 1 et trop aimée,

Je me vois sans États, je me vois sans armée.

Et par l'indignité d'un soudain changement

La cause de ma chuie en fait l'accablement. {Sophon., m, 6.]

Quoiqu'il y ait ici une figure de pensée, le mot accablement j pour rendre l'image plus vive, est pris dans le sens propre, maintenant inusité, mais dont on rencontre d'excellents exemples, comme les suivants :

Ayant vu à Six Tespouvan table et irréparable accablemem survenu il y a quelques années par la chute d'une pièce de montagne. (S. Franc, de Salrs, Lett.^ à Ch. Emman., 16 sept. 1611.) — La plupart des hommes et des femmes couroient en chemise dans les places et dans les rues , sans savoir où se cacher, pour éviter Yaecablemeta dont ils se croyoient menacés par la ruine des maisons. (M** dr ViLLARS, LeiL, à M"* de Conlanges, 10 octobre 1680.)

— ACCABLEMENT, fig. :

Parmi de tels malheurs que sa constance est rare !

U ne a'emporte point contre un sort si barbare,

La surprenante horreur de cet accablement

Ne coûte à sa grande âme aucun égarement. {Œd,, v, 7.

— ACCABLEMENT, au pluriel, choses qui accablent :

Le solide plaisir n'est pas dans l'abondance

De ses pompeux accablements.

Et souvent leur excès amène l'impudence i \

Des plus honteux dérèglements. (hift., i, 33.)

ACCABLER, fig., accabler quelqu'un de son vomitié.

Et votre aveuglement me fait tiop de pitié.

Pour Vaeeabler encore de mon inimiiié. (Oth., m, 5.)

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