‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 57 sur 366 · AYE. — BAILLER · texte numérisé non relu

AYE. — BAILLER

C'est-à-dire : Justifiez vos devins, qui vous ont prédit un si bel

avenir.

AYE, pour ait, troisième personne du singul. du subjonct. :

J'ai vu mourir Pompée et ne Tai pas suivi ;

Et bien que le moyen m'en aye été ravi,

Qu'une pitié cruelle à mes douleurs profondes

Waye ôté le secours et du fer et des ondes.... [Pomp., m, 4.)

« Cet aye à la troisième personne, dit Voltaire, est un solécisme

très-commun. On a mis ait dans les dernières éditions. »

AYEUX. GRANDS AVEUX, aucétrcs :

Si vous aviez choisi quelque objet sans éclat,

Qui ne pût être à vous que par raison d'Ëtat,

Qui de ses grands ayeux n'eût rien reçu d'aimable.

Qui n'en eût que le nom qui fût considérable,

l\ s'est assez puni de son manque de foi,

Me dirois-je, et son cœur n'en est pas moins à moi. {Tiieei Rér., m, 5.)

BAIGNER (se) a, pour se baigner dans :

Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné, (Cm., iv, 3.)

Qu'un frère pour régner se baigne au sang d'un frère.

Qu'un fils impatient prévient la mort d'un père? [Sur,, v, 3.)

VengcZ'Vous, baignez-vous au sang du criminel ;

Lt sur son corps sanglant je vous mène à l'autel. (Volt., Mér. , iv, 2.)

— On trouve d'une manière analogue :

Les Adrians. Trajans, seroient bien de ce rang,

S'ils ne s'estaient poilus des fidèles au sang. (D'Aub., Trag , m.)

BAILLER, donner:

Pymante lui baille quelque échappatoire. {Clit., Arg.)

Ce mot était d'un emploi élégant dans la première moitié du dix-septième siècle. Ainsi Malherbe, en prose et en vers, préférait toujours bailler à donner :

Hier le roi dans sa galerie bailla le bonnet ù M. le nonce. (Le»., a Peiresc, 15 ocl. 1615.) — Je vois bien que l'on vous baille de grandes alarmes en ce payslà. {Ibid.j à Bouille - Malh., 13 août 1615.) — Si l'avis a été baillé comme il faut. (Au même, 10 nov. 1620.)

On parle de l'enfer et des maux éternels Baillés en châtiment à ces grands criminels

Dont les fables sont pleines. {Stanc. pour le comte de Soiss., 10*22.)

Le plus célèbre disciple de Malherbe affectionnait aussi l'emploi de bailler :

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