‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 56 sur 366 · AVOIR. — AVOUER · texte numérisé non relu

AVOIR. — AVOUER

— AVOIR, suivi d'un adjectif, formant latinisme :

La haine qae pour voas elle a si naturellef

A mon occasion encore se renouvelle. {Nicom., i, 1.)

Le duc de Savoie commença à munir de garnisons toutes les places qu'il avoU voisinei des troupes françoises. (Richel., Mém,, xx.) — Le pauvre, quelque effort qu'il fasse, ne peut jamais se faire entendre, et se voit malheureusement distingué d'avec le puissant dans un intérêt qu'ils oni commun, (Boss. , iv* Serm. pour te jeudi des Ram, , i.) — Ce serait une espèce de tyrannie, d'avoir ainsf dépouillé les pauvres de cette possession, qu'ils avaient commune avec le reste des hommes. (Flbch. , Serm. sur Coblig. de CamÊ. , I.) — Je voudrois qu'on ne ftt pas son capital d'une chose que le dernier de tons les hommes peut avoir eommmte avec un grand héros. (M"»» de Yilled., il/cidam., 1" p., I. m.) — On dit que ce seigneur parut bientôt consolé de cette préférence , sur ce qu'il n'edtimait pas en cette occasion une marque d'honneur, estimable d'ailleurs, qa'il aurait eue rommune avec son domestique. (P. Lag., Fragm, sur la vie de if"* la marq» de Maint,)

De même, suivi d'un participe passé :

11 y avoit un jardin dans le palais, réservé pour la promenade de la reine et de sa fille, dont aucun homme n'avoii l'entrée permise, <M"* db Yillbd. , Arm. gai., VI.)— Tu ne plains pas cette âme, qui, par une brutale stupidité, a tontes ses fonctions interdites! ( Boss., Prem, Serm, pour le deux, dim. de t'Àv.f i. ) — Leur chute leur ouvre les yeux, qu'ils avoieui aveuglés par leur amour- propre. (Id. ,' Panég, de S, Pierre, ii.) — Les succès de ce prince uvoiint leurs bornes marquées par les prophéties. (Id., Hisi. univ,, 2« p., c. xiv.) — Il y a grande appa> renée que Molière avait au moins les canevas de ces premiéros pièces déjà préparés, puisqu'elles se succédèrent en si peu de temps. (Volt., Vie de Mol.)

AVORTON, fig., en parlant d'une chose morale :

Vaine compassion des douleurs d'Angélique,

Qui pense triompher d'un cœur mélancolique !

Téméraire avorton d'un impuissant remords,

Va, va porter ailleurs tes débiles efforts. {La PI, Roy., iv, 5.)

AVORTER, fig. :

N'eureut-ils pas besoiu d'un éclat de tonnerre, Ses ministres ailés pour me jeter par terre? En voyant mes efforts avorter sans effets,

Quels pleurs n'ai-je versés, et quels vœux n'ai-je faits? {Androm , iv, 3.) Ce qui l'a fait avorter au théâtre, a été l'événement extraordinaire qui me l'avait fait choisir. {Exam. de Penh.)

AVOUER QUELQu'UiN d'une chose, dans le sens de la reconnaître comme légitime :

Ou Sparte C avouera d'un peu de violence,

Après tant d'ennemis à ses pieds abattus. [Agés,, iv, 2.)

— Dans un sens analogue, et avec une énergique concision :

Appuyez donc la France et laissez tomber Rome. Aux grands ordres du ciel prêtez ceux d'un grand homme. D*un si bel avenir uvoutz vos devins ,

Avancez les succès et hâtez les destins. {Attila, i, 2.)

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