BATTRE. — BEAUTÉ
BATTRE. BATTRE UN SENTIER, le frayer :
.... Ainsi de ses vertus, Dont brillent les sentiers qu'il a pour nous battus. Les rayons toujours vifs montrent comme il faut vivre. [Imit., i, 1.)
On a dit d'une manière analogue :
Nous n'avons nouvelles que de deux ou trois anciens, qui ayent battu ce chemin, (Mont., Ess., ii,6.)
— BATTRE LES RAISONS DE QUELQU'UN, fig., leS réfuter
Et montre cependant des grâces peu vulgaires
A battre ses raisons par des raisons contraires. {La Suiv., iv, vi.)
BEAU. DANS LE PLUS BEAU DE LEUR CARRIÈRE, aU poiut le
plus brillant de leur existence :
Combien en trompe un tel espoir!
Et combien en laisse-t-il choir
Dans le plus beau de leur carrière! \lmit,, \, 38.)
On a dit, peu différemment, en poésie, et même en prose :
Il faut au plus beau de nos ans
Cueillir les fleurs de la jeunesse. (St-Ëvrem., Stances.)
Et no ménageons plus de tristes bienséances
Qui nous ôtent les fruits du plus beau de nos ans. (Mol., Psyché, i, I.)
Jamais un mot de réflexion sur la cruauté de sa destinée, qui l'enievoit dans
4e plus beau de son âge. (M"« de Lap., Uisi. d'Henriette d^Anglet., 4» p.^année 1670.)
— TOUT BEAU, façon de parler adverbiale employée 4an s le style noble :
Tout beau, Pauline : il entend vos paroles, Et ce n'est pas un Dieu comme vos dieux frivoles. (/'<>/• , iv, 3.)
BEAUTÉ, au plur., en parlant de la beauté d'une femme, comme on dit les charmes, les appas :
Ne t'inquiète point pour une écervelée.
Qui n'a d'autre ambition que d'être cajolée,
Et rend à plaindre ceux qui, flattant ses beautés.
Ont assez de malheur pour en être écoutés. (A/^/., m, 4.)
Bélinde et Cbrysolite Manquent donc à ton gré d'attraits et de mérite,
Elles dont les beautés captivent mille amants? {La Veuve, i, 5.)
Jusque-là tes beautés ont possédé ses vœux ;
Mais l'amour d'AIidor faisoit taire ses feux. (fV. Roy., y, 7.)
Mais l'empire inhumain qu'exercent vos beautés Force jusqu'aux esprits et jusqu'aux volontés. [Cinna, m. 4.)
Le sort, qui jusqu'ici nous a donné le change, Immole à ses beautés le monstre qui nous venge. {Androm., m, 4.)
«H BENLN. — BIEN.
^ypluriel
Le dix-septième siècle employait très-fréquemment beauté au dans le môme sens que le singulier, en prose comme en poésie :
Ses vertus ne la font point régner plus sagement que ses beautés la font régner de bonne grâce. (Malh., Lett,, à la princesse de Conti, 29 mars 1614.) J'entends de tous côtés
Publier vos vertus, seigneur, et ses beautés. (Rac, ttérén., ii, 2.)
C'est faire à vos beautés un triste sacrifice.
Que de vous présenter, madame, avec ma foi,
Tout rage et le malbeur que je traîne avec moi. (Id., Milhr.^ iii, 5.) Celuy>cy espris des beautet de Blanche, mesme du vivant de Louis VIII, voyant qu'elle se moquoit de sa folie, s'esloit rangé par dépit avec ses ennemis. (Méz., Hist. de France, Blanche, reine de France, 1523.^ — Le duc d'Anjou, s'imagtnant tout d'un coup que ce qui faisoit sa rêverie pouvoit bien causer celle du duc de Guise, lui demanda brusquement s'il pensoit aux beautés do la princesse de Montpensier. (M"* de Laf., Lett,j à la princesse de Monlp.) —Il lui répondit en riant qu'il paroissoit lui-môme si occupé de la rêverie dont il l'accusoit, qu'il n'avoit pas jugé à propos de l'interrompre; que les beautés de la princesse de Montpensier n'étoient pas nouvelles pour lui; qu'il s'étoit accoutumé à en supporter l'éclat du temps qu'elle étoit destinée à être sa belle-sœur. (Id., ibid.) — Quoiqu'elle approchât alors de soixante ans, elle étoit encore aimable, et, sans flatterie, on pouvoit dire qu'elle avoit encore de grandes beautés. (M"* de Mot- TEV., Mém,, 1661.)
BÉNIN, adj., doux, favorable, employé dans le style noble :
Des dieux les moins bénins l'éternelle puissance
Ne veut de nous qu'amour et que reconnoissance. [Audrom.^ iv, 6.)
Toutes ont hors des flots paru presque à l'instant.
Et leurs bénins regards envoyés au rivage
Avecque notre encens ont reçu notre hommage. [lùid.^ v, 3.)
BIEN, avantage, avoir, donner le bien de, avoir, procurer l'avantage de :
Puisse d'un prompt succès votre grande entreprise
Combler nos ennemis d'un mortel désespoir,
Et me donner bientôt le bien devons revoir! [Méd^e, iv, 5.)
Et pour vous imiter, je veux avoir le bien
D'être aussi la première à vous ofl'rir le mien. {Titeet Bcr., lu, 3.)
^ — LAISSER LE BIEN DE, laisscr T avantage, le bonhcur do :
Ah ! redouble plutôt ce dédain qui me tue.
Et laisse-moi le bien d'expirer à ta vue. [Gai, du Pal . ii, 8.)
— Et encore dans le môme sens : .
Trop heureux que mon sang puisse te satisfaire,
Je le veux tout donner au seul bien de te plaire. '(La Veuve, m. 3)
— BIEN QUE, quoique, séparé en deux par plusieurs mots :
Hien, dit-il, que je touche à la fin de mes jours,
Vous D'avex pas en vain amené du secours. {Pomp., i, 1.)