‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 62 sur 366 · BIENSÉANCE. — BLAME · texte numérisé non relu

BIENSÉANCE. — BLAME

Cet emploi n'est pas fréquent, et on en trouve cependant des exemples dans de bons auteurs jusqu'à nos jours : ^'-^.'^

Caroline sollicitait sans cesse pour Murai, lequel, tout léger qu'il était, payaiM du moins les bienfaits de son beau-frère d'un dévouement qui ne permettait pas d'augurer alors sa conduite postérieure, bien, il est vrai, qn on doive tout attendre de la légèreté. (Thiers, Consul, et Emp., 1. xxiv.)

BIENSÉANCE, il est de bienséance, il est bienséant :

Un aveu plus précis est une conséquence

Qui pourroit vous embarrasser, Et même à notre sexe il est de bienséance

De ne pas trop vous en presser. {Agés.t i, 2.)

— SORTIR DE LA BIENSEANCE, avcc uu nom de chose pour sujet, être contraire à la bienséance, s'écarter de la bienséance :

Le caractère d'Angélique sort de la bienséance, en ce qu'elle est trop amoureuse, et se résout trop tôt à se faire enlever par un homme qui lui doit être suspect. (Exam, de la PL Roy.)

BIGEARRE, pour bizarre :

Cette bigearre humeur n'est jamais sans soupçon. [GaL du Pal,, m, 4.)

Corneille n'a gardé que jusqu'en \ 654 cette forme ancienne. BLAME, déshonneur, vivre sans blame :

Qu'après m'avoir chéri quand je vivois sans blâme.

Qui m'aima généreux me haïroit infâme. (Le Cid, m, 4.)

Corneille supprima cette expression dans les dernières éditions, et mit :

Que malgré cette part que j'avois en ton âme, Qui m'aima généreux me haïroit infâme.

— NE JUGER POINT DE BLAME A, ne trouvcr point de blâme, c'est-à-dire de crime à :

L'un aveuglé d'amour ne jugea point de blâme

A ravir la beauté qui lui ravissoit l'âme. [l^a Veuve, v, 1.)

Le mot blâme était autrefois très-fréquemment employé dans le sens de déshonneur, mauvais renom, honte, turpitude :

Par ma foy, Je ne veulx rien savoir, ma femme.

De paour de trouver quelque blasme.

{Farce de la Résurr, deJen. Landore,) H'assurant que Vostre Majesté ne pourroit trouver que très estrange, luy estant ce que je suis, et avec le courage que j'ay, que je passasse sous silence les esnormes blasmes dont ils chargent mon honneur. [Lett. miss, deUenrilV, tiv,p.73, 10 juin 1585.)

Et purge mon état d'infamie et de blâme. (Racan, Psaumêt, xnx.)

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