‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 75 sur 366 · BRAVADE. — BRÈCHE · texte numérisé non relu

BRAVADE. — BRÈCHE

— Fig., pour désigner les feux de Tainour :

Son brasier est trop grand, rien ne peut l'amortir. (La CaL du Pal,, i, 9.)

BRAVADE. FAIRE BRAVADE A QUELQU'UN, le braver :

Ce bélître insolent méfait encor bravade. [Ulllus. corn,, ii« 8.)

BRAVE HOMME, pour homme brave :

Et nous verrons ainsi qui fait mieux un brave homme,

Des leçons d'Annibal, uu de celles de Rome. [Nicom., i, 3.)

BRECHE. FAIRE BRÈCHE A LA FOI CONJUGALE, pour signifier la violer :

Qu'un mari les adore, et qu'un amour extrême

A leur bizarre bumeur le soumette lui-même.

Qu'il les comble d'honneurs et de bons traitements,

Qu'il ne refuse rien à leurs contentements ;

S'il fait ta moindre brèche à la foi conjugale.

Il n'est point à leur gré de crime qui l'égale. {VHlut. corn,, v, 3.)

— FAIRE BRÈCHE AU POUVOIR SOUVERAIN, y porter atteinte :

Mais gardez-vous aussi d'oublier votre faute/

Et, comme elle /ait brèche au pouvoir souverain.

Pour la bien réparer, rctouinez dés demain. [Nicom,, ii, 2.)

« Cette expression faire brèche, dit Voltaire, n'est plus d'usage : ce n'est pas que Fidée ne soit noble; mais en français toutes les t'ois que le mot faire n*est pas suivi d'un article , il forme une façon de parler proverbiale trop familière. Fa/re assaut, faire force de voiles, faire de nécessité vertu, faire ferme, faire brèche, faire halte, etc. ; toutes expressions bannies du vers héroïque. » Ce jugement est d'une rigueur trop scrupuleuse, et l'illustre commentateur n'est pas suffisamment exact dans la règle générale qu'il pose. Ainsi, entre cent exemples, on dit très-bien dans le style élevé :

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