‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 74 sur 366 · UN BRAS SI RENOMMÉ · texte numérisé non relu

UN BRAS SI RENOMMÉ

J'ai vu dans votre amour une source de haine,

Et j'ose dire cncor qu'un bras si reuomméf

Peut-être aurait moins fait, si le cœur n'eût aimé. {Héracl,, il (».;

Cette alliance de mots est marquée par Voltaire d'un point d'exclamation; Palissot ne ^en scandalise pas tant, et dit avec raison : « En poésie , tout ce qui peut se dire d'une personne peut se dire également de son bras , qui est pris alors pour la personne même : bras renommé n'a donc rien de vicieux, c'est au contraire une de ces figures auxquelles on est tellement accoutumé par l'usage, qu'on ne les remarque plus. »

Corneille dit encore par la môme figure :

Pleure, pleure ce bras qui l'a si bitn servi.

Pleure ce bon sujet que le mien t'a ravi. (Perth., v, 5.)

Commandez que son ùra% nourri dans les alarmes

Répare cette injure ù la pointe des armes. (Le Cid, ii, 6.)

BRASIER, pour parler des feux qui dévorent Creuse après qu'elle a vêtu la robe empoisonnée, don fatal de Médée :

La flamme disparaît, mais Tardeur leur demeure;

Et leurs habiis charmés, malgré nos vains efforts,

Sont des brasiers secrets attachés à leur corps. ÇMéd., \\ 1.)

Mais garde de toucher ce misérable corps ;

Ce brasier, que le charme ou répand ou modère,

A négligé Cléone, et dévoré mon père. {ibtd. . v, 5 .

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