UN BRAS SI RENOMMÉ
J'ai vu dans votre amour une source de haine,
Et j'ose dire cncor qu'un bras si reuomméf
Peut-être aurait moins fait, si le cœur n'eût aimé. {Héracl,, il (».;
Cette alliance de mots est marquée par Voltaire d'un point d'exclamation; Palissot ne ^en scandalise pas tant, et dit avec raison : « En poésie , tout ce qui peut se dire d'une personne peut se dire également de son bras , qui est pris alors pour la personne même : bras renommé n'a donc rien de vicieux, c'est au contraire une de ces figures auxquelles on est tellement accoutumé par l'usage, qu'on ne les remarque plus. »
Corneille dit encore par la môme figure :
Pleure, pleure ce bras qui l'a si bitn servi.
Pleure ce bon sujet que le mien t'a ravi. (Perth., v, 5.)
Commandez que son ùra% nourri dans les alarmes
Répare cette injure ù la pointe des armes. (Le Cid, ii, 6.)
BRASIER, pour parler des feux qui dévorent Creuse après qu'elle a vêtu la robe empoisonnée, don fatal de Médée :
La flamme disparaît, mais Tardeur leur demeure;
Et leurs habiis charmés, malgré nos vains efforts,
Sont des brasiers secrets attachés à leur corps. ÇMéd., \\ 1.)
Mais garde de toucher ce misérable corps ;
Ce brasier, que le charme ou répand ou modère,
A négligé Cléone, et dévoré mon père. {ibtd. . v, 5 .