‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 81 sur 366 · BROUILLER · texte numérisé non relu

BROUILLER

Je crains que vous n'ayez brouillé sa fantaisie ^ Et qa'il n'ait pris de vous un peu de jalousie, Vous voyant si couvent chez Constance.

(MoNTPL., La Femme juge et parliez i, 3.)

— BROUILLER LA CERVELLE , commc brouiUcr Tesprit ou la fantaisie; locution familière que Corneille emploie plusieurs fois dans ses comédies :

Mille soties frayeurs lui brouillent la cervelle. [Mél., i, 1.)

Vois-lu, je ne sais quoi me brouille la cervelle. {La PI. roy., m, 8.)

On a dit à peu près de même :

A votre fille, à vous il le rendoit suspect. Tandis qu'avec douceur contre vous et contre elle De mille faux soupçons il brouillait sa cervelle.

(J.-B. Uouss., U Flatt., v, 7 )

— SE BROUILLER, sc troublcr :

Cliton la vit pâmer, et se brouilla de sorte

Que, la voyant si pile, il la crut être morte. {Ittél.. v, 2.)

— SE BROUILLER L*ESPRiT, sc troublcr Tesprit :

Que nous aurions de paix et qu'elle seroil forte,

Si nous n'avions le cœur qu'à ce qui nous importe»

Et si nous n'aimions point à tious brouiller Cesprit

Ni de ce que l'on fait, ni de ce que l'on dit! (fmi7., i, 11.)

Non, non ; faisons toujours ce que le ciel prescrit.

Et d'aucun autre soin ne nous brouillons risprit. (Mol., Tart., iv, 1.)

— BROUILLER LA POPULACE , excitcr dcs troubles parmi la

populace :

Et ces discours en l'air que l'orgueil vous inspire,

Veulent persuader ce que vous n'osez dire,

Brouiller la populace^ et lui faire après vous

En un fourbe impudent respecter voirc époux. {Penh., m, 4.)

— SE BROUILLER AVEC SES BONS DESTINS, employé daus le style noble, comme on dit familièrement, se brouillei' avec quelqu'un :

Ne cherchons point, madame, à faire des mutins,

Et ne nous brouillons point avec nos bons destins. (Sert., iv, 2.)

— BROUILLER, daus le sens de griffonner, écrire, composer à la hâte :

Ma sœur, un mot d'avis sur un méchant sonnet,

Que je viens de brouiller dedans mon cabinet. [Mél., i:, 4 )

On a dit avec la même signification, avant Corneille :

Mais moi, qui suis coustumier, Brouiller mes vers à la mode

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