CAPRICE. — CAPTIVITÉ
CAPRICE. METTRE DANS SON CAPRICE QUE, mettre dans son imagination, dans sa tête que, se figurer que :
Pour moi, j'écoutois toot, et mis dans mon caprice
Qu'on ne devinoitrien que par votre artifice. {La Suite du Ment., i. 1.)
— CAPRICE, avec le pluriel, pièce fondée sur le caprice de Fimagination :
Tout cela cousu ensemble fait une comédie dont l'action n'a pour durée que celle de sa représentation, mais sur quoi il ne seroit pas sûr de prendre exemple. Les caprices de celte nature ne se hasardent qu'une fois; et quand l'original auroit passé pour merveilleux, la copie n'en peut jamais rien valoir. {Exam. de rillus. corn.)
CAPRICIEUX, avec un nom de chose, de fantaisie, bizarre .
Qu'on en nomme i invention bizarre et extravagante tant qu'on voudra, elle est nouvelle ; et souvent la grâce de la nouveauté, parmi nos François, n'est pas un petit degré de bonté. Son succès ne m'a point fait de honte sur le théâtre, cl j'ose dire que la représentation de cette pièce capricieuse ne vous a point déplu, puisque vous m'avez commandé de vous en adresser l'épître quand elle iroit sous la presse. (L'illus. com., Ëp.)
Cet emploi est rare ; cependant on rencontre des emplois analogues jusqu'à nos jours :
Mais dans ce rude paysage Où tout est capricieux, Et d'une beauté sauvage Rien ne rappelle à mes yeux
Les bords que mon fleuve arrose. (Fén., Ode iv.)
Un capricieux costume andalou qui lui sied à merveille. (Th. Gaut., Monit., 29 décembre.)
CAPTIF, adj. et fig. voeux captifs .
Mais que servent pour moi tous ces préparatifs,
Si mon cœur est esclave, et tous ses vœux captifs? [Sur,, i, 1.)
CAPTIVER, au sens propre, rendre captif, prisonnier :
Cessez, indignes fers, de captiver un roi.
Esi-ce à vous à presser les bras d'un tel monarque? {Méd., iv, 5.)
Cet humble adorateur se déclare mon mattre !
Et déjà son amour, lassé de ma rigueur,
Captive ma personne au défaut de mon «œur! (Rac, Alex., m, 1.)
CAPTIVITÉ, au fig., avec le pluriel :
Et quelque eflfurt qu'on fasse à rompre ces beaux nœuds, D'un amour si parfait les chaînes sont si belles. Que nos captivités doivent être éternelles. {HiracL, i, 4.)
Au milieu de tant de captivités, les hommes du siècle s'estiment libres. (Boss., Serm. pour la vêt. d'une postui. Bern., ni.) — Le tout est de savoir s'abandonner