‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 94 sur 366 · H 4 CHANGE. — CHANGER · texte numérisé non relu

H 4 CHANGE. — CHANGER

Aux courtisans n'y a poinl d'amour :

Ils vont au change chaque jour. [Com. de Chans., u, 3.)

A quelle Mire beaulé ponrrois-je aller au change? (Bacan, Berg,, égi.) C'est par le change Que l'on se venge D'un époux qui n'est pas constant.

(Danc, Prol. et divert, nouv. pour Circé.)

— Corneille emploie change pour changement dans d'autres cas, comme change de nom, ou change absolument :

A l'intérêt du sceptre aussitôt attaché,

n agit d'autant plus qu'il se croit bien caché,

Et s'ose imaginer qu'il ne fait rien paraître

Que ce change de nom ne fasse méconnaître. (D. Sanche, ii, ].

Puisque chacun, dil-il, s'échauffe en ce discord,

Consultons des grands dieux la majesté sacrée,

Et voyons si ce change à leurs bontés agrée (Hor., m, 2.)

On trouve d'une manière analogue :

Le change des saisons.

(Malh., Stances pour Alcandre au retour d'Oronle.)

0 que nos fortunes prospères

Ont un change bien apparent!

0 que du siècle de nos pères

Le nostrc s'est fait différent! Jd., Odes^ I. 2. Sur Cattenie, etc.)

Pour moy, comme une humble brebis,

Je vais où mon pasteur me range.

Et n'ai jamais aimé le change

Que des femmes et des habits. (Racan, Êpigr,, à M"* Desloges.)

— RENDRE SON CHANGE A QUELQU'UN, commc 011 dit rendre le change :

Au lieu de la duper avec ce feint amour.

Elle-même le dupe, et lui rendant ton change^

Lui promet un amour qu'elle garde à Florange. {La Veuve, ii, 5.)

Approchez, Liriope, et rendez-lui son change, {Androm., ii, 2.)

Dom Pèdre en vint aux reproches et aux menaces. Le roi lui rendit bientôt son change^ et lui dit que si le roi d'Espagne conlinuoit ses attentats, il porteroit le feu jusque dans l'Escurial. (Péréf., Hist. de Henri /K, 3' p., 1608.)

CHANGER, act., au mor., faire changer, avec ou sans rég. indirect :

Hais comme avec le temps il pourroit vous séduire,

Et vous changeant d'humeur^ me forcer à vous nuire.

J'ai voulu vous parler pour vous mieux aveitir

Qu'il seroit malaisé de vous en garantir. (T/téoJ., ii, 4.)

Oui, l'honneur qu'il mo rend ne fait que m'outrager;

Je vous le dis encor, rien ne peul me changer, {Piuth,, i, 1.)

Quoi! madame, la perdre est-ce gagner Placide?

Croyez-vous que sa mort le change ou l'intimide? {Théod., n, G.)

Page 1