CHAMP. — CHANGE
On a dit de même de nos jours :
M. Richond des Brus et M. Duchâtei , le premier calme comme l'innocence, le second indigné comme la vertu, ont fait tomber toutes ces chaleurs, (L. Yeuill., Métang., 20 janv. 1848.) —Emporté par de puériles chaleurs de colore. (Id., ibid.)
Corneille a encore employé chaleur au pluriel, dans un sens
ironique :
Quand vous m'avez reproché mes vanités, et nommé le comte de Gormas un capitan de comédie, vous ne vous êtes pas souvenu que vous avez mis un a qui lit, au-devant de Lygdamon, ni des autres cAa^urx poétiques et militaires qui font rire le lecteur presque dans tous vos livres. (Leu, apolog,)
CHAMP. DONNER LES CHAMPS, comme on dit donner la clef
des champs :
Je chasse un fugitif avec trop de raison,
Et lui donne les champs quand il rompt sa prison. {La PL Roy,, ii, 3.)
CHAMPTOURNÉ, chantourné, évidé en dedans :
Trois vases qui portent, l'un des orangers, et les deux autres diverses fleurs en confusion, champiournées et découpées à jour. {La Tois. d Or, i, décor, du l'^acte.)
Cette orthographe dément Fétymologie de TtavQôç , coin, qu'on donne quelquefois à ce mot.
CHANGE, pour changement ^ en parlant des sentiments :
Nous leur ferons bien voir que leur change indiscret
Ne vaut pas un soupir, ne vaut pas un regret. {MéL, m, 5.)
Pourquoi m'aigrir contre elle? En cet indigne change.
Le beau choix qu'elle fait la punit et me venge. [La Veuve, m, 3.)
Sinon, faites état qu'il va courir au change, {La Suiv,, i, 8.)
Ne meurs pas, chère épouse, et dans un second change
Vois l'effet merveilleux où ta vertu me range. {Vlllus., v, 3.)
N'appelle point amour un change inévitable.
Où Creuse fait moins que le sort qui m'accable. {Méd., ni, 3.)
Mon honneur offensé sur moi-même se venge.
Et vous m'osez pousser à la honte du change! {Le Cid, m, 6.)
Quoi! vous appelez crime un change raisonnable? {Hor,, i, 2.)
Contentez-vous de voir que mon frère aujourd'hui
L'estime et l'aime assez pour le loger chez lui.
Et d'apprendre de moi que mon cœur se propose
Le change et le tombeau pour une même chose. {La Suile du Ment., v, 5.)
Et mes ardenU souhaits de voir punir son change,
Assure ma conquête à quiconque me venge. (Perih.f ii« 1.)
Ce mot, dans ce sens, était très-ancien dans la langue, et a été usité longtemps encore après Corneille, mais surtout dans le style familier :
Femme sans cueur, qui ne se peut tenir d'aller au change, (Cl. Mar., Rond, de celuy de qui Camye a faici nouvel amy,)