‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 100 sur 342 · PIPEUR. — PIQUER · texte numérisé non relu

PIPEUR. — PIQUER

je n'ai point lait de scrapnle d'enrichir notre Ungae du pUlagg que j'ai pn £ure chez lai, j'ai lâché pour le reste à entrer si bien dans sa manière de former ses pensées et de s'expliquer, que... {Exam. de Pompée,)

PIPEUR, avec un nom de chose, trompeur :

Que la foi des amants est un gage pipeur!

Que leurs serments sont vains et notre espoir trompeur!

(J:a«. «oy.. II,!) Les novices de l'art avec tout leur encens, Et leurs mots inconnus qu'ils feignent tout-puissants. Leurs herbes, leurs parfums et leurs cérémonies, Apportent au métier des longueurs infinies.

Qui ne sont, après tout, qu'un mystère pipeur

Pour se faire valoir, et pour vous faire peur* (VlUtu* com^, i, %,)

Et é'one pipeuae etpéranee se donnent à croire d'en estre capables à leur toar.

(■oRTAieRB, Eii,, 1,46.)— Le pipeur entretien. (Tahosbau, Poés,, l'àmour champ.)

Éfr^ Mais quoi? les beaux yeux des bergères

Se trouveront aussi trompeurs

Que des cours les attraits pipeurs? (D'Urfê, CAstrée, i, 4.)

PIQUE. METTRE DEUX PERSONNES EN PIQUE, exciter uue pique entre eux :

D'où loi Tient eette hnmenr? Qui les a mis en piqvLe ? (te PL Baïf*, n, 6.)

PIQUER , fig. PIQUER DE GÉNÉROSITÉ , comme on dit piquer

^honneur :

Je sais trop qu'un tyran est sans reconnaissance.

Pour en avoir conçu la honteuse espérance ;

Et suis trop au-dessus de cette indignité

Pour te vouloir piquer de générosité. (Héraci.f ai, 3.)

— ÊTRE PIQUÉ DE COLÈRE, être vivemeut animé de colère :

Et ce prince, piqué cfune juste eolère.

S'emportera sans doute et bravera son père. ' {Nicom., i, 5.)

« Piqué d'une juste colère» n'est pas français, dit Voltaire. On ^t piqué d'un procédé, et animé de colère. »

Certainement, animé de colère est plus dans l'usage que piqué ^colère; mais ce dernier n'en était pas moins poétique et conforme à l'analogie. Être piqué de, et piquer de se joignaient autrefois, et jusque dans le dix-huitième siècle, à des substantifs nombreux pour signifier exciter vivement dans l'âme tel ou tel s^timent. Les exemples suivants en donneront une idée, et pourront servir aux écrivains amis d'une langue nette, expressive et pittoresque :

^iqué (f une noble honte et «f une juste indignation contre son courage qui lui a ■laqué. (Boes., Panég. de eaint Pierre, ii.) — A cette vue ne vous sentez-vous

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