‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 99 sur 342 · PEUPLE. — PEUR · texte numérisé non relu

PEUPLE. — PEUR

CétoU doBc peu^ seigneur, pour mon âme affligée,

De toute la misère où je me vois plongée ;

Céioit peu des rigueurs de ma captivité.

Sans celle où votre amour vous a précipité,

Et pour dernier outrage où son excès m'eipose,

Il faut vous voir mourir et m'en savoir la cause. [Perth,, vr, 5.)

C'est peu de cet enfant, c'est peu de son supplice ;

11 faut bien qu'il me fasse un plus grand sacrifice.

(Volt., L* Orphelin de la Chine, m, 6.) Ceet peu d*nn tel hymen, il le faut mériter. Ud., Tancr., i, 3.)

— Corneille dit aussi c'est peu que de :

Pour en venir à bout, c'est trop peu que de vous. [Le Cid, y, 1.)

On a dit conune lui :

^ Pour conserver ton sang, c*esi trop peu que des larmes, \\ faut, il faut combattre, et reprendre les armes.

(MoNTPL., La Mortd'Asdrub.t m, 1.)

PEUPLE. UN GRAND PEUPLE, unc grande foule :

Vn grand peuple, seigneur, dont cette cour est pleine.

Par des cris redoublés demande à voir la reine. (Powp,. v, 5.)

PEUR. QUE VOUS AVEZ DE peurI comme que vous avez peur : Que vous avez de peur que le marché n'échappe ! {Suite du Ment.^ iv, 3.)

^ n'avoir pas DE PEUR DE oi^ELQUE CHOSE, commo n'en avoir pdspeur :

Pi'en ayez pas de peur. {La Veuve, iii, 4.)

^ DE PEUR QUE, suivi d'un verbe à F indicatif. Emploi trèssingulier :

De peur qu'a, cet amour d'être eyor impuissant

Il n'ose plus paroltre. {La Gai du Pal., m, 10.)

C'est-à-dire : Cet amour, dans la peur qu'il a d'être encore ^nipuissant, n'ose plus paraître.

"^ DE PEUR QUE, pour de peur que., ne :

Mon désespoir n'osoit agir en sa présence.

De peur que mon tourment aigrit ses déplaisirs. {La Suit;., iv, 8.)

... De peur qu'on me contraigne. {Nieom,, i, 1.)

« U faudrait, dit Voltaire, pour que la phrase fût exacte, qu'on ^ ^ contraigne... La suppression du né, dans le cas où il est d'usage, est une licence qui n'est permise que quand la force de l*Cïpres8ion la fait pardonner. »

VèS PEUT^TRE. — PILLAGE.

PEUT-ÊTRE. UN GRAND PEUT-ÊTRE, une cboH 4pè8<-douteuse :

Peut-être qu'il le dit, mais c'est un grand p$Hhéfr$. (^ Metu-, iv, 9.)

PHŒBUS. DONNER SUR LE PHQEBUS , comoi^ ionner dans le pkœbus :

Tous ces discours de livre alors sont de saisoD,

Il faut feindre des maux, demander guérison.

Donner sur le phœbus^ promettre des miracles,

Jurer qu'on brisera toute sorte d'obstacles,

Mais du vent et cela doivent être tout un. {Mil', i, !•)

PIÈCE, fig., comme objet :

La modestie et la générosité que vous y témoignez leur semblent des pUces rares, et surtout votre procédé merveilleusement sincère et cordial tofs on ami. [LetL apolog.) ^

PIED. JETER SOUS LES PIEDS DE, assujettir à :

Mais quand il vous aura dans le trône affermie,

Et jelé sous vos pieds la puissance ennemie.

S'en ira-t-il soudain aux climats étrangers,

Chercher tout de nouveau la gloire et les daogors? (Aou $inicke, i, 1.)

— METTRE SA DERNIÈRE ESPERANCE EN SES piEQS, iwitre sa dernière espérance dans la rapidité de la fuite :

Nous sommes seul à seul. Quoi ! ton peu d'assurance

Ne met plus qu'en tes pieds sa dernière espérance ?

Marche, sans emprunter d'ailes de ton effroi,

Je ne cours point après des lâches comme toi. {Clit.^ i, 9« 3

PIERRE. FRUIT A PIERRE, fpuit à noyau :

Là, la pomme et la poire, et la guigne et la prune. D'une bonté de goût en ce lieu seul commune.

Font peine à bien juger quel est de meilleure eau. Ou bien le fruit à pierre, ou le trait au couteau. ^^^^ {Poés.div., Presbyl. d'Hénouv ^}

^^^^"tlGEON. UN SEMRLABLE PIGEON, pouT Signifier un parti aus^î

Ër^ie n'est pas homme à laisser échapper;

Vn iemblable pigeon ne se peut rattraper ,

U H deux fois le bien de l'autre et davantage. {Mél,, iv, V)

IHlAAiili. ftTRE EN PILLAGE A, être livré au pillage de :

t^iitih vous l'fitat n'est plus en pillage aux armées. <CiiiiMi, ii, !•)

— piLLâOE» fig., en parlant d'emprunts littéraires : J 'ai tra4au it Liioaiik tout ce que j'y ai trouvé de propre i mop n/f^f^ ot fioaune

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