‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 103 sur 342 · U2 PLANCHE. -- PLANT · texte numérisé non relu

U2 PLANCHE. -- PLANT

Auuy l'ay-^Je ouy plaindre d'an libraire, qui, par avariée ou jalooaie àim autres, a faict imprimer cet œuvre en petits caractères mal corrects et mal playsants. (Sût, Mén.^ Disc, de rimprim.)— C*estoit donc un spectacle assez extraordinaire de voir un homme les larmes aux yeux, vomissant le sang par la bouche, s'écriant comme un perdu, prolester néaiitmoins en mesme temps que celuy qui le mettoit en cet estât et le faisoit plaindre de la sorte ne luy faisoit aucune douleur. (Uist. dupoêuSibus, Var. hist. etlitt., t. vu.) C'est fait de moi, quoi que je fasse, J'ai beau plaindre et beau soupirar, Le seul remède en ma disgràois.

C'est qu'il n'en faut point espérer. (Malh., SomiJ

Je n'ay fait jour et nuit que plaindre et soupirer. (Racan, Somn,)

Ce n'est pas, toutefois, que pour m'écouter plaimdrê

Je tâche par ces vers à pitié vous contraindre. (RéoNiBn, Elégie^ i.)

S'il est vrai sans faveur que tu l'écoutés plaindre. (Id., iind., iv.)

L'amour est la source de toutes les passions : et comme il nous fait aimer tout

ce qui est avantageux à ce que noua aimons» il nous fait haïr tons les maux qui

lui peuvent arriver, et nous fait plaindre et gémir lors qu'ils lui arrivent (Aaii.,

Friq, comm., préf., xxxvii.)

On verra tout firémir, tout plaindre et soupirer. (PaADom La 7ViMiie,v,S.) Elle se conduit avec tant de sagesse et s'accommode si bien aux volontés de son mari, qu'on ne l'ouit Jamais plaindre ni de ce long séjour ni d'autres choses dont les autres se plaignent souvent. (Fl^ch., If An. sur les grands jours d^ Auvergne, 2* édit., p. 47.) — Nous vous entendons souvent plaindre sur les désordres de vos peuples. (Mass^» Dise, synod.^ xu.)

Plaindre, dans ceux de ces exemples où se trouTent les verbes faire j voir, écouter, ouïr^ entendre^ pourrait être considéré comme employé neutralement par suite de Tellipse qu'entraînent habituellement, dans des cas pareils, faire^ voir, écouter, etc. Lire, à notre article PRONOM PERSONNEL (Ellipse du), plusieurs exemples analogues. Du reste, l'emploi véritablement neutre de plaindre pour se plaindre, fréquent au seizième siècle, était devenis rare au dix-septième.

PLANCHE, fig. FAIRE UNE PLANCHE A, préparer, ménager :

Flatte-la de ma part, promets>lui tout de moi :

Dis-lui que si l'amour d'un vieillard l'importune.

Elle fait une planche à sa bonne fortune ;

Que l'excès de mes biens, à force de présents.

Répare la vigueur qui manque à mes vieux ans ;

Qu'il ne lui peut échoir dç meilleure aventure. i^La Smiv.^ ii, 1.^

PLANT, pour désigner la disposition suivant laquelle les arbres sont plantés :

Ici l'ordre est gardé de la mathématique :

Tant d'arbres en leur plani n'ont point de ligne oblique.

[Poés. div., Presbyt. d'Héoouv.)

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