‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 106 sur 342 · PLUTOT · texte numérisé non relu

PLUTOT

— n &at encore signaler dans Corneille cet emploi particulier de plus, plus :

Dans une heare au plus tard vous essaierez ses larmes ;

Et rhenr de vous revoir lai semblera p/i<# doux.

Plus elle aura pleuré pour un si cher époux. (Po/., j, 1.)

Nous avons dit emploi particulier^ pour nous, mais non pas pour le dix-septième siècle; car nous pourrions citer de nombreux exemples comme les suivants :

Devient pA» violent, plus il se voit gêné. (T. Cobn. , Le Cornu tVEssex, ii, 1 .] MoD sort est pUu cruel, plus je l'ai cru propice. (Qdin., Astrale, ni, 2.)

— TANT PLUS, avec moins pour antécédent :

« Ce cavalier^ monsieur, n'a rien qui lui ressemble^ L'antre est de moindre taille, il a le poil plus blond, Le teint plus coloré, le visage plus rond.

Et je le connois moins, umt plus je le contemple. [SuUs du Meni,y i, 4.)

— PLUS, avec suppression du second plus :

11 eut trop de vertu pour tant d'inquiétude ;

U ne soupçonna point sa main d'ingratitude.

Et ftat contre un tyran d'autant plus animé.

Qu'il en reçut de biens et qu'il s'en vit aimé. (Citma, m, S.)

Grammaticalement, il faudrait : qu*il en reçut plus de biens et qu*il 8*en vit plus aimé.

— PLUS, correspondant à (Pautant moins^ avec inversion :

Un oracle jamais ne se laisse comprendre ;

On l'entend dtauumt moins que plus on croit l'entendre. {Hor., m, 1.)

— PLUS QUE DE, trop. Voir notre article LATINISME.

PLUTOT, séparé par un long intervalle de que:

Us combattront plutôt et l'une et l'autre armée,

Et mourront par les mains qui leur font d'autres lois.

Que pas un d'eux renonce aux bonneurs d'un tel cboix. {Hor,, m, 3.)

Mais que plutôt le ciel me foudroie à vos yeux.

Que Je songe à répandre un sang si précieux. {Perth., v, 2.)

Ou trouve de même :

Pims tosi par un poison je me verray vengée Qif'estre toujours plaignante et jamais soulagée.

(ScHBLANDRE, I^ et SWow, 2» joum., 1, 3.)

Non ! meurs pbutast, pauvrette^ en imputant U mort

A la malignité des astres et du sort,

Qu'à ce traistre complot pour guairir condescendre. (Id., ibid.

m POIDS. - POIL.

Lat! madame, pkMon se darde le tonnerre

Sur mes eheveiix grisons, et m'engonflfre sous terre,

Qu'il avienne par moy quelque faute de vous. (Id.^ ibid., 3*joai

Moy, je verray plustost rebrousser le Jordan

Jusqu'au plus haut sommet du palestin Liban,

Je verray le dieu blond qu'à Delphes on adore

Se lever au couchant, se coucher à l'aurore,

Que de voir ma promesse aller contre son cours.

Ou se perdre sans moy le soleil de mes jours ;

Et pluttoêt du cahos je reverray la guerre,

Le feu confus en l'eau, l'air opprimé de terre,

Quê des flots du malheur mes amours submeifn,

Ou craintifs, ou muets, de peine surchargez. (Id., ibid,, 2* joun

Je me coupperay piuttoti cette langue avec les dents, gu'elle en parlasl mot (Labivbt, Le Morfondu, i, 5.)

La Seine dans son lict verra plustost son onde

Rebrousser contremont sa source vagabonde.

Et plustost le soleil luira dans les enfers,

Que seulement je pense à sortir de mes fers. (Racak, Bert

Je choisiray plustost d'épouser le trépas

Que jamais vous voyez vostre vaine entreprise

Rendre dessous vos loix ma liberté sousmise. (Id., ibki

Ici que vous voyez forme un solécisme ; il faudrait q[ voyiez.

Que plustost je périsse en Tinfemale flame

Que jamais ce désir me tombe dedans rame ! {id. , iHi

Non, non, plutôt sur moi tombe cent fois la foudre,

Qu'on m'oblige à changer ce que j'osai résoudre. (T. CoaN., Mqm

POIDS. D*UN SI GRAND POIDS, si pesant :

Que c'est un sort fâcheux, et triste que le ndtre,

De ne pouvoir régner que sous les lois d'un autre,

Et qu'un sceptre soit cru dtun si grand poids pour nous.

Que pour le soutenir il nous faille un époux. (D. Sam

— POIDS, en parlant de vers, pour lourdeur :

Leur dureté rebute, et leurpotdt incommode...

(Au roi, sur mn welÊm de i

— N*ÊTRE PAS ENCORE DU POIDS DE, n'avoÎT pas eiiGorele Tautorité de :

Vous n'avez commandé que sous des généraux

Et n*êies pas encor du poids de vos rivaux. • (Fuie

POIL, pour cheveux, dans le style sérieux :

Bourreau, qui, secondant son courage inhumain,

An lieu d'orner son poU, déshonores sa main. (Cfic., y, 4,

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