PORTER
— PORTER EN SOI QUELQUE HONTE , avoir en SOI quelque chose de honteux :
Accepter de l'argent porte en soi quelque honte. {Suite du Ment., i, 2.)
— PORTER DANS, porter à entrer dans :
Je crois qu'un bon dessein dam le clottre te porte :
Mais nn dépit d'amour n'en est pas bien la porte. {Im PL Roy., v, 7.)
— PORTER A, avec un nom de chose pour sujet, faire qu'on se porte, qu'on se laisse entraîner à :
Où ne portera point un si juste courroux,
La bonté de se voir sans l'empire et sans vous? (0(A., iv, 1.)
— PORTER PLUS HAUT UNE CHOSE, la relever, Texalter davantage:
Porte, porte plus haut le fruit de ta victoire,
Je t'ai donné la vie et tu me rends ma gloire. {Le Ciâ, m, 6.)
— PORTER SI HAUT A QUELQU'UN UNE CHOSE QUE, la relcVCr
tellement auprès de lui, la lai vanter à tel point que :
Mais porte-lui si haut la douceur de régner,
Qu'à cet éclat du trône il se laisse gagner. {Rodog,, i, 1.)
-^ Dans un sens analogue, sans régime indirect :
Votre Sparte si haut porte sa royauté
Que tout sang étranger la souille et la profane. (ii^., V, 4.)
On trouve à peu près de même dans le sens de présenter comme une chose excessive :
A la première visite qu'elle en reçut, elle se plaignit du prince de Condé, et porta si haut l'outrage qu'il lui avoit fait, que le roy trouva sa bAine assez jusi9 pour en être de moitié. (Boubs., Le Prince de Condé,)
— SE PORTER A, suivi d'uu substautif !
Mous leur nuisons, ma sceur ; bors de notre présence
Elle se porieroit à plus de complaisance. (La Pi. Aélr., v, 1^'
— SE PORTER A, suivi d*un infinitif:
Volage, falloit-il pour un peu de rudesse
Vous porter si soudain à cbanger de maîtresse? (£a Gai. du PaL, v, 4^^
On a dit de même, ou d*une manière analogue :
On cesse de voir avec plaisir certains objets, et Ton se porte à en changer pare^ qu'on y trouve des défauts. (Nicole, £m., Traité des quatre fins dernières, m, 10.7