‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 115 sur 342 · POSSÉDER. — POSSESSION · texte numérisé non relu

POSSÉDER. — POSSESSION

On a dit de xnème :

To es descendu de la lignée dn roy Gnion, qni fut illz Melnsine, ma sœnr, et je snys ta tante, et ta es si près de mon lignage, poêi ores que je me consentisse de toy avoir, l'église ne se vooldroit pas consentir pour tant. (Jehan n'Aa- RAS, Méius., éd. Bmn., p. 418.)

Ung chevalier, posé qu'il soit vainca

Aucunes fois, mais qu'il soit renommé,

Excusé est par deffaulte d'escu,

Ou l'en dira qu'il estoit mal armé. {Débat de la dame et de tetcuffer, * par H. Baude, Poée, fr, des xv« etxyi* s., bibl. eizév., t. iv.)

Posé gu'aucuns leur tournassent à impropère les sacrifices dont ils usoient, comme peut-estre trop cruels. (Pasq., Rech.f i, 1.) — Car posé qu'il y ayt telle différence de luy à Dieu... [Traicié du Chasteau ou Demeures de Famé. trad. par I. D. B. P. et L. P. G. D. B., 1601, i, cl.) — Et posé que les ecclésiastiques d'Hiponne ne fassent qu'un corps de chanoines réguliers ; posé que cette régie prétendue soit en effet de saint Augustin... (Patru, Plaid,, xv.)

On a dit aussi poser que, comme supposer que :

Posons que on les veyst defaillans, pour pluseurs raisons. (Crist. db Pizan, Le Livre des fais et bonnes meurs du sage roy Charles F, 2* p., ch. 18.) — Poson quenn enfant luy monstrast. (Id., ibid,^ ch. 21.)

POSSÉDER, employé neutralement :

Cependant je possède, et leur droit incertain

Me laisse avec leur sort leur sceptre dans la main. (Bpdog,^ n, 2.)

Hardiesse très-permise, et qui fait un bel effet, comme le reconnaît Voltaire.

POSSESSION. ÊTRE EN POSSESSION DE (un infinitif), avec uu nom de chose pour sujet, avoir accoutumé, avoir habitude de :

Le succès en fut surprenant. Il établit une nouvelle troupe de comédiens à Paris, malgré le mérite de celle qui éioii en possession de s'y voir l'unique. (Exam. de Mil.) — Et qu'enfin l'amour n'ayant point de part en cette tragédie, elle étoit dénuée des principaux agréments, qui sont en possession de gagner la voix publique. {Exam. d'CEd.) — Ne cherchez point dans cette tragédie les agréments qui sont en possession de faire réussir au théâtre les poëmes de cette nature. [Exam, de Sert.)

On trouve rarement un nom de chose pour sujet de êh^ en possession de. Du reste, cette locution aujourd'hui restreinte à un petit nombre de cas, et assez peu employée, était au dix-septième siècle très-fréquemment usitée et se variait de cent manières très-heureuses ; ainsi on disait :

J'espère qu'il nous sera aisé de continuer la possession en laquelle nous wmmex de les battre. {Leti, miss, de Henri IV, t. iv, p. 807, à M. de Brèves. 8 juill. 1597. — II est en possession de réussir mal en tout ce qu'il entreprend. (Màlh., Leti., à M. Colomb.) — Les grandes maisons d'Allemagne sont en possession de croire que

Page 1