‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 123 sur 342 · PRENDRE UN CERTAIN TEMPS POUR UNE CHOSE · texte numérisé non relu

PRENDRE UN CERTAIN TEMPS POUR UNE CHOSE

Prends un an, si tu veux, pour essuyer tes larmes. (Le Cid, v, 7.)

— PRENDRE, en parlant d'une carrière, prendre le parti de :

Votre fils et son train ont bien su par leur fuite

D'un père et d'an prévôt éviter la poursuite.

Mais tombant dans les mains de la nécessité,

Ils ont pris le thcùtre en cette extrémité. (Llilus. eom,, v, 5.)

~- PRENDRE UN PEU D*AIR, comme on dit prendre tair :

Allons prendre un peu dair dans la cour des prisons. [Saiu du Menl. , ii» 7.)

— LE PRENDRE d'uN HAUT TON l

Tu le prends d*un haut lont et je crois qu'au besoin

Ce discours emphatique iroit encor bien loin. (Mél., i, 1.)

On a dit d*une manière analogue :

Je ne ireux pas le prendre Sur le ton fier et sérieux. (T. Coaif., Circé, i, 2.)

— PRENDRE, abs., recevoir de l'argent :

Mais vous avez reçu, quiconque prend se vend. {SuUe du Meni.^ ii, 5.)

— PRENDRE A (se), s'attaquer à :

Aussi n'est-ce qu'à moi de punir ces forfaits,

Et de montrer à tous par de puissants effets

Qu'attaquer Rosidor c'est se prendre à moi-même» (Clit,, m, 1.)

Et que sons l'étrivière il puisse tôt connottre.

Quand on se prend aux miens, qu'on s'attaque à leur maître.

(La Gai. du Pal., i, 9.) Qa'avons-nous plus à craindre? et quel destin jaloux, Tant que nous vous aurons, «'osera prendre d nous? {Méd.f iv, 2.)

Quel impie osera se prendre à leur vouloir,

Lorsqu'on un sacrifice ils nous l'auront fait voir? {Hor,f ni, 3.)

Le crime n'est pas grand, s'il fut seul contre trois, Mais jamais sans forfait on ne se prend aux rois.

{Œd., IV, 2., éd. 1663, in-K) Qu'il faut donner aux bons pour s'entre-soutenir Le temps de se remettre et de se réunir, Et laisser aux méchants celui de reconnottre

Quelle est l'impiété de se prendre à son maître. (OfA., y, 2.)

Jusqu'à ce qu'à vous-môme il ait osé se prendre. {Pomp., m, 2.)

« On ne peut trop remarquer, dit Voltaire, avec quel soin pénible il faut éviter ce concours de syllabes dures dont les auteurs Be s'aperçoivent point dans la chaleur de la composition. « Jus- <p'àce qu'à» » révolte Foreille; « se prendre à quelqu'un » est do digcours familier; et c s*en prendre » est quelquefois fort

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