‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 13 sur 342 · LOIN. — LONGTEMPS · texte numérisé non relu

LOIN. — LONGTEMPS

— Dans le même sens, prendre loi de quelqu'un :

Nous craignons votre exemple, et doutons si dans Rome

11 oMos trait point le peuple à prendre loi d'un homme. {Sert., m, 1.;

— PRENDRE LOI DE, suivi cl*un nom de chose, obéir à, se conformer à :

Ses désirs prendront loi de mes propres désirs. {Agés., iv, 1.)

On a dit de même, prendre la loi de : •

Pour qui m'est trop crael je veux être barbare,

Dépouiller le respect dont foi trop pris la loi.

Et perdre une pitié que l'on n'a pas pour moi. (T. Corn., Comm., iii, 2.)

Je n'ai plus recours qu'à ma rage ; />*elle seule aujourd'hui je veux prendre la loi. (Id.. Circé, ii, 8.)

— PLUS IL (cela) vous fait de lois pour, pour dire plus cela vous oblige de :

Je fus ambitieuse, inconstante et parjure.

Plus votre amour fut grand, plus grande en est l'injure.

Biais plus il a paru, plus il vous fait de lois.

Pour défendre l'honneur de votre premier choix. (Soph,^ ii* 4-)

LOIN, de loin, en parlant de temps :

J'ai prévu d*assez loin ce que j'en viens d'apprendre. {Rodog., y, 4.j LOISIR, n'avoir pas loisir de, suivi d'un subst. :

Nous n'avons pas loisir d'un plus long entrelien. (Le Ment.^ i, 3.)

LONGTEMPS, employé comme une locution substantive :

C'est par là, Madame, que j'espère obtenir de Votre Majesté le pardon du long itmps que j'ai attendu à lui rendre cette sorte d'hommage. [Pol., à la reine rég.) Avoir un si long temps des sentiments si vains, C'est assez mériter l'honneur de vos dédains.

{Poés. div.j Sur le départ de la marquise de B. A. F.) Son père peut venir, quelque long temps qu'il tarde. {Le Ment., i, 3.)

C'est seulement depuis la fin du dernier siècle qu'il a été décidé par la tyrannie grammaticale que longtemps serait toujours adverbe. Rien assurément n'empêcherait de le faire encore substantif comme dans les exemples suivants, où naturellement il est écrit en deux mots :

Le long (eiiip« qu'il y a que j'ay eu advis de votre partement. {Lett. miss, de Henri IV, t. iv» p. 122.) — Vous savez le long temps qu'il y a que j'ay résolu un ambassadeur en ce pays-là. {Ibid,, t. in, p. 846, 30 sept. 1594.) — Je n'ai pas délibéré le faire pour un si long temps. {Ibid., t. iv, p. 41.) — Le long temps qu'il y a que sa compagnie tient la campagne. {Ibid. , p. 256.) — Les Frères de Bohême... composent une secte particulière séparée des Albigeois et des Pauvres

Page 1