‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 14 sur 342 · LOUANGE. — LOURD · texte numérisé non relu

LOUANGE. — LOURD

de Lyon ; lorsque Luther s'éleva, il en trouva quelques églises dans la Bohême et surtout dans la Moravie, qu'il détesta durant un long temps. (Boss., Var., xi, cxLix.) - J'ai repris ces études, qu'à la vérité je n'avois jamais abandonnées, mais que d'autres occupations avoient ralenties quelquefois et interrompues un fort long temps. {M AVCJKOîX, Prem. TmcuL de Cic.) — L'on ne peut détruire les habitudes vicieuses que par un long temps. (Fleury, Mœurs des chréi.y ii, 5.) —On voit que les parois de ces fentes ont été usées et môme polies par l'eau, et que par conséquent elle les a remplies et baignées pendant un assez long temps. (Buff., Êpoq. de la Nat.^ 3* époq.) — Un long temps s'écoula avant qu'Amélie pût amener le docteur à l'écouter. (M"*Riccob., Amélie, ii.) — Un long temps s'est passé avant qu'il osât se l'avouer à lui-même. (Id., Miss Jenny, m.) — D'autres destinées appelaient déjà Daru et l'arrachaient pour un long temps à cette habitude littéraire et académique qui lui plaisait avant tout. (Ste-Beuyb, Caus., 13 fév. 1854.) — Sans autoriser d'ici à un long temps la publication de ces récits. (Id., ibid., 20 fév. 1854.) — Nous sommes arrivés à une période en apparence stable, parce que nous ne considérons la terre que pendant sa vie de quelques siècles; cette stabilité ne saurait être admise pour un long temps. (Alph. Maurt, Prem. âges de notre planète, 2* p., m.)

Dans tous ces exemples long temps est mis pour temps long. Nous les avons rapportés pour montrer que souvent cette forme remplace avantageusement Fadverbe actuel, lequel n'est pas susceptible des mêmes variétés d'emploi.

LOUANGE, dans le sens de laus, gloire :

Couvert ou de louange ou d'opprobre éternel. [Héracl.., iv, 4.)

Le latinisme n*a pas encore été compris par Voltaire. Ce sens

ancien s'est longtemps soutenu et a été, de notre temps, rajeuni

par de grands écrivains :

C'est la /ouen^ed'ung religieux d'aller peu souvent hors de son cloystre. {Iniem. consoL. m, 30.', —Quant à la piélé, religion, intégrité de mœurs, magnanimité de courages et toutes ces vertus rares et antiques (qui est la vraie et solide louange), la France a toujours obtenu, sans controverse, le premier lieu. (Dubbllat, lllusir. du lang fr., n, ]2.) — ... Qui vous sera une grande louange, et àmoy un grand contentement. {Lett. miss, de Henri I Y, 25 sept. 1589, t. ni , p. 45.) — Comme le mérite des orateurs n'est pas de se servir de figures, mais de s'en bien servir, la louange d'un architecte n'est pas aussi d'employer des colonnes, des pilastres et des corniches, mois de les placer avec jugement, cl d'en composer de beaux édifices. (Pebr., Parall. des ane, et des mod., V dial.) — Je ne conviendrai jamais que ce soit une petite louange d'imiter bien la nature. ( Id. , ibid., iv« dial.) — S'il est v^ai que l'obscurité soit le plus grand de tous les vices, en fait de style, comment lui con* server la louange d'avoir excellé dans cette partie? (Id., iàid,, ii« dial.)

On a dit de même de nos jours :

Il a gardé le mérite de la clarté du récit intéressant et rapide , et cette louange d'avoir été quelquefois peintre dans un abrégé. (Villem., Taùl. de la littér. franc, au dix-huitième siècle, xvii* lec.)

LOURD, fig. ARTIFICE LOURD, artifice grossier :

L'artifice est trop hurd pour ne pas l'éventer. {Pol., v, I.)

' Ta te laisses donc prendre à ce lourd artifice? (La Veuve, iv, 5.)

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