QUE. S
lies vers suivants présentent ellipse avec sous-entendu de Tadirerbe tout :
D'an rival couronné les grandeurs souveraines,
La majesté d'iEgée. et le sceptre d'Athènes.
ITont rien à leur avis de comparable à moi.
Et banni que je suis, je leur suis plus qu'un roi. {Méd,, i, 1.)
FaU>le qif'étoit ce prince à régir tant d'Ëlats.
Il avoit des appuis que ton frère n'a pas. {Putch., iv, tt.)
Tout le bien qu'il en dit ne passe point l'estime :
Charmantes qu'elles sont, les aimer c'est un crime. [D. Sanche, m, 6.)
La belle occasion que votre jalousie.
Douteuse encor qu'elle est. a promptement saisie ! {IMd. )
Peut-être. Mais enfin, vois-tu qu'elle me fuie,
Qu'indifférent qu'il est mon entretien l'ennuie. {La Veuve, i. 1.)
Innocent qu'il étoit, il voulut endurer. (/mrr., n. 1.)
De deux amis^ madame, apaisez la querelle :
Un esclave d'amour le défend d'un rebelle,
Si toutefois un cœur qui n'a jamais aimé,
Fier et vain qu'il en est, peut être ainsi nommé. {Mil., i, i.)
On trouve de môme :
Quoy donc? Oseriez-vous, ennemy que vous m'estes. A vostre liberté joindre d'autres requestes.
(ScHEL., Tyr et 5W., 2« journ., v. .'>.) Pour les piquer d'honneur, vous direz de leurs pères. Que vous les avez vus parmi nos adversaires.
Péle-mêle entassés, et sanglants qu'ils étoient. S'enterrer sous le poids des corps qu'ils abattoient.
(CvRANO, La Mort tfAgrippine, i\ , 2.)
C2ette ellipse se montre encore chez Corneille dans des cas où 'St arnimcy plutôt que tout, qui véritablement est sons-entendu :
Et de son amitié l'effort sera bien rare.
Si mis à cette épreuve, ambitieux qu'il est.
II cherche à vous ser>'ir contre son intérêt. {Puleh.^ i, 3 )
Comme ces moindres dons excèdent le mérite.
Cette même bonté seule l'en .sollicite.
Il ne consulte qu'elle, et mattre qu'il en est.
Sans devoir à personne, il dçnne à qui lui plait.f Aemerc. (m roi «nl663.)
Bossuet a dit do même :
^iinocent qu'il étoit. il s'est couvert de l'image de nos crimes, subissant la loi ^ W mort ; criminels que nous sommes, imprimons en nous-mêmes la figure de » Sainte mort, afin de participer à son innocence. [Prem. Serm. pour la féu de ^^9te$, I.)
Cette phrase n*est peut«être pas complètement irréprochable «n ce que, dans le premier membre, innocent qu'il était ^ il y a ellipse u. 15
(le toutf tout innocent qu'il était ; et que dans le second membre, c'est comme qu'il faut sous-en tendre, criminels comme nous sommet. Du reste, Bossuet réunit ici les deux nuances assez délicates de signification présentées par les vers de Corneille qui vienneot
d'être cités.
Toutes ces formes manquent un peu de clarté. Les vers suivants paraissent pour cette même raison tout à fait vicieux :
J'ai d'incroyables traits de Lysandre à vous dire.
Mais ce reste du jour souffrez que je respire,
Et m'obligez demain que je vous puisse voir. {La Gai. du Pal, y m, IS.)
— QUE, interrog., en quoi?
Que vous peut offenser sa flamme, ou sa retraite,
Puisque vous n'aspirez qu'à vous en voir défaite 9 (D. SoturAe, 111,6.)
Que te peut nuire enfin une telle tempête? %(/mtf.. ui, 46.)
Et que te pevent ayder ou profiter toutes les créatures de ce monde, s'il td-
venoit que Dieu t'eust laissé et deguerpy ! {Intemelie eonsotacion, 11, l.)—Qae}m
étoit du reste nécessaire le témoignage d'aussi foibles créatures que nous le
sommes? (Bourd., Serm, pour le dim, dans foct. de fAteemion, 11.)
— QUE VEUT DIRE QUE? Qucllc cst la causc pour laquelle, pourquoi ?
D'où me vient ce désordre, Aufide, et que veut dire
Que mon cœur sur mes vœux garde si peu d'empire? (Sert., 1. 1*)
« L*abbé d'Aubignac, malgré Taveuglement de sa haine pour Corneille, dit Voltaire, a raison de repVendre ces expressions : « Que veut dire qu'un cœur garde peu d'empire sur ()es vœux?» Il traite ces vers de galimatias; mais il devait ajouter que cette manière de parler, « que veut dire, au lieu de pourquoi, esi-il possible, comment se peutril , etc. , » était d'usage avant Corneille. Malherbe dit en parlant du mariage de Louis Xni :
Son Louis soupire Après ses appas.
Que veut'êlU dire l>e ne venir pas? »
A la citation de Voltaire ajoutons quelques exemples plus conformes à l'expression de Corneille :
Dites-moi, je vous supplie, qu'est-ce qui vous amène ici, et que vew dirt fn vous n'êtes pas en celle assemblée chez Dorinde, où tant de bellefe dames doivent se trouver? (D'Urfé, tAstrée, t. iv, p. 913.) — Mais que peut dire 91M j'si \TOVL\é U-bas voue fille Lolotte, avec le petit Clilandre, qui tons de«x se déseipéreet? (Le Ghand, Le Triomphe du Tempe, 3* p., se. xii.)
QUE. — QUEL. iHn
— £T QUE, employé sans être précédé d'un autre que :
J'ai cra sa mort pour vous un malheur nécessaire,
Et que sa haine injuste augmentant tous les jours... (Pomp., m, 2.)
c Et que, » n'ayant point été précédé d'un autre que, est une &ate de grammaire, mai$ de ces fautes qui cessent de l'être dans la poésie animée, » lit-on dans les Remarques sur Pompée, par un auteur anonyme.
Cette forme aisée ne nous paraît nullement fautive, et elle se rencontre souvent en prose comme en vers :
ConsidéraDt toutefois l'état des choses, et qu'il seroit peut-être difficile an roi mon maître de conserver ni Dunkerque, ni les autres places de Flandres, contre les Aaglois et les Espagnols, s'ils se joignoient ensemble, il se rapaisa. ( Pnxisson, BisL de Louù Xif, 1. i, 1663.)— Cependant je voyois tous mes desseins avortât, et que non-seulement ma ruse innocente avoit été inutile, mais, pour comble de désespoir, qu'elle m'avoit rendu odieux à la charmante Cyparisse. (M** de ViLLBD.» CarmoiMe, i, 2.)
Mes fers par eux brisés leur montrent leur pouvoir,
Et que pour abolir une injuste puissance,
Tout le succès dépend de leur persévérance. (La Fosse, Mantius, i, 1.)
Les Latins employaient d'une manière analogue la préposition infinitive comme second complément d'une phrase dont le precnier était un substantif à l'accusatif.
— ET QUE continue aussi une pensée commencée par un infi* litif :
Mais voyant à leurs pieds tomber tous leurs soldats,
Et que seuls désormais en vain ils se défendent,
Us demandent le chef, je me nomme, ils se rendent. {Le Cid, iv, 3.)
Cette coDstruction, fréquente chez Corneille, l'est également, comme la précédente, chez tous les bons écrivains du dix-septiëme siècle : *
l'Bapagne, pour empêcher que ce prince (Charles II) ne s'alliât avec ses en- ^fimit d^arés, et pour l'engager insensiblement dans son parti contre le odtre, ^ iiboit oflHr à Londres, par le baron de Vatevilie son ambassadeur, des pris» ^•iiei de la maison d'Autriche, et d'autres encore; la princesse de Parme, qo'ellf pvoa^ltoit de doter à ses dépens comme une infante ; même la flUe du prince ^Onoge, à qui elle assuroit les mêmes avantages, sans se souvenir alors de son Piad séle pour la foi, et que donner à cet Etat une reine protestante, c'étoit dter vu catholiques toute la consolation et tout le support qu'ils y pouvoienC espénr. (PiLUsson, BUt. de louis Xlf, 1. 1, 1661.)
QUEL DE, pour kquel de :
Quels de vos diamants me faut-il lui perler? [Suite du Ment.f ii, 3.)