‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 143 sur 342 · QUAND. ^ QUE · texte numérisé non relu

QUAND. ^ QUE

QUAND. A QUAND RENDRE ? Mot à mot : pour rendre quand, à ^elle époque, quand le rendrez-vous?

Mais enfin à quand rendre?

.KJoaAMTK. Dés demain. {Suite du Ment,, ii, 6.)

QUARTIER, pour signifier lieu en général, comme on disait ion :

Prépare ton départ, et pense à ta retraite.

pour en délibérer et ciioisir le quartier;

De grice ma bonté te donne un jonr entier. {Mié.^ ii, %.)

— AVOIR DES AMANTS PAR QUARTIER, avoir des amauts qui 'occupent chacun qu*une partie du cœur :

On ne doit point qpoir des amants par quartier ;

Alidor a mon cœur et ('aura tout entier. {La PI, Roy,j i, 1.)

— A QUARTIER, loc. adv., à part :

ficoute : quatre mots à quartier, l^^i-, v, 6.)

A quartier, à part, c*est au fond exactement la même image.

— METTRE A QUARTIER, mettre à récart, négliger, ne pas tenir Compte de :

On ne prend point néanmoins pour incroyables les incidents de ces deux ira- I^«lie8, et ceux qui savent le désaveu qu'en fait l'histoire la mettent aisément à 4*>^ftfr pour se plaire à leur représentation. {Deux* Diec)

- — jiB RIEN LAISSER A QUARTIER, ne rien Omettre :

Ne m'importunez point de votre tablature :

Sans vos instructions Je sais bien mon méiier,

Et je n'en laiiserai pat un trait à quartier, [Ia Suiv,, ii, 1.)

QUE» dans le sens de seulement, précédé de point. Voltaire s'élève à plusieurs reprises contre cet omploi :

Qu'ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu,

Et ne l'auront point vue obéir qu'à, son prince. [Uor., m, 6.)

« Ce point, dit*-il, ^( ici un solécisme ; il faut» (^t oe T^uront ^ue obéir qu'à. »

n doit à MB «Djels encor plus qa*à personne,

Et cesse de devoir quand la dette est d'un rang

A ne potni s'acquitter qu'aux dépens de leur sang. (Pomp., i, 1.)

« Ce point est de trop ; jamais on ne l'emploie que dans le sens absolu : « Je n*irai point, je n*irai qu'à cette condition. »

Ici, dis-je, où ma cour tremble en me regardant,

Où je n'ai poha encore agi qu'en commandant... ('M*> lu, S.)

« Est un solécisme; le point est de trop. »

L'offense, une fois faite à ceux de notre rang,

Ne se répare point que par des flots de sang. {Nieom, , iv, %)

« Point que n'est pas français; il faut, c ne se répare que par des flots. »

Outre les exemples critiqués par l'auteur du Commentaire^ cette forme se rencontre encore très-souvent chez Corneille; ainsi :

Je l'avois bien prévu, que ce cœur infidèle ' «

Ne se défendroit point des yeux de ma cmeUe,

Qui traite mille amants avec mille mépris,

Et n'a potni de faveurs que pour le dernier pria.

Sitdt qu'il l'aborda, Je lus sur son visage... C^» u» !•)

Et mon affection ne s'est point arrêtée

Que chez un cavalier qui l'a trop méritée. (IHd^ iv. S.)

Pymante, tenant Dorise d'une main, le combat de l'autre, ne croyant pa$ de sûreté pour soi, après avoir été vu en cet équipage, que par sa mort. (AryinMiii Ciitandre.)

l\ n'en faut point douter, l'amour a des tendresses

Que nous n'apprenons poiiti qu'auprès de nos maîtresses.

• (La Gai. Al Fat, 1, 7.) Nous n'apaiserons potni cette humeur qui vous pique Que par un entre^eux mis à votre boutique. l^^^i tv. U»)

dhimène est au palais, de pleurs toute baignée,

Et n'en reviendra point que bien accompagnée. (£• Cirf, m, I4

Je ne veux point régner que dessus votre cœur. {V!Uu§^ eoM., n, 84

Gardes ces compliments pour de moins enflammés.

Et ne m'estimez point qu'autant que vous m'aimes. (Métf.» u, O

Mon cœur plus incapable encor de vanité \ -

Ne feroit point de choix que dans l'égalité. (IMetf., UjÈ,)

Je sais qu'on n'entend point de telles prophéties,

Qu'après que par l'effet elles sont éclaircies. {La Toie. d^or^ iT, 1«)

Le sujet est simple, et du nombre de ces événements connus oà il ne noot aat pai permis de rien changer qu'autant que... (£«0111. de Sert.)

QUE. 2n

Mon coBur est tout à vous, et n'a potni en d'amis

Qa'auunt qu'on les a vus à vos ordres soumis. {Oih,, v, 4.)

Mon âme, de ce feu nonchalamment saisie,

Me l'a pomi reconnu que par ma jalousie. {Pulch,^ ii, 1.)

Donne pour ce grand jour, donne ordre à tes affaires.

Pour ce grand jour, le comble ou la fin des misères,

Où chacun, trop chargé de son propre fardeau»

Son propre accusateur et son propre bourreau»

Répondra par sa bouche, et, seul à sa défense,

N'aura point de secours que de sa pénitence. (fmti., i, 34.)

Voltaire, en condamnant Corneille, condamne encore avec lui ■os meilleurs écrivains du seizième et du dix-septième siècle, ODmme de Tépoque antérieure :

Ou bien comme la dame honneste, belle et sage, Qui ne démasque poUn qu*k propos son visage.

(Vauquelin de La FacsNAii, Satire, à Garnier.) Ponrce qu'aucuns, de face sourcilleuse,

Ne cherchent point que chose sérieuse. (Jodellb, Eugène, prol.)

SiMora qu'ils aient le cœur contourné à l'amour, si ne veulent-ils pourtant pas

en prendre gn'avec quelque avantage de gloire. (S. Franc, de Sales, Jnirod. a la

fie diMfs.) — U ne faut pas les employer çu'avec discrétion et réserve. (Id., Lett»%

à M. Mich., iVottv. Utt. inéd., 296* letU)

Que vous êtes heureux, vous autres belles âmes. Favoris d'Apollon, qui gouvernez les dames.

Et par mille beaux vers les charmez tellement. Qu'il n'est point de beautés que pour vous seulement.

(RsGNiEE, Sat,f vni.) L» mérite ne se juge que par la prospérité, et la vertu n'a point d'éclat que dans Itt omanente du vice. (Théoph., Œuv,, V part., Epistreau lect.) J'aspire à ce repos qui n'est point limité

Que de l'éternité. (Racan, Utt. à Chapelle, Uénage et Conrart,)

Ge régime ne se peut pas aisément pratiquer que dans une maison où l'on est

b mittre. (Id., ibid,)^ll n'y a point de passion incurable que la joie... (Sbmadlt,

Veâffe âês passions^ 2* p., 6* tr., 3* dise.)— Les impératrices n'estoient pas recon-

MMS femmes des empereurs que quand ceux-cy leur avoient accordé le privilège

EU cérémonie du feu. (Rohan, Jntérêu des princes, 1666, p. 3.) — Pour exhorter pénitents à ne point rechercher l'absolution du prêtre, qu'après avoir pleuré rs péchez. (Aeicault, Fréquenu communion, 2* p., c. xi.)— U me faut combattre là l'esprit de V. M. des crimes dont on ne parle qu'à elle, et dont le peuple n'a Kété informé que par des bruits vagues, confus et incertains. (Pelliss., Prem» au roi.) — Us ne connoissent point de bains que le courant de la rivière. lUiBB., Hist. de France avant Chvis, i, 5.) — Je me joignis avec ces deux mes- MMurs, dont je ne me scfparay point que lorsqu'ils voulurent partir de Constant!- ÉmÊÊ pour la Syrie. (Tavebn., Voyage de Perse, Dess. de l'aut.) — Quoy que le Krair d'Ardeuil soit bon pour U vigne, on n'y en voit point, et on ne fait poiiu le vin qu*k plus de quatre on cinq lieues loin de la ville. (Id., t^td., i, 5.) —Rien M raflUge tant dans ses plaies que lorsqu'il voit qu'il n'en reçoit point que par ntant de aacriléges. (Boss., iK« Serm. pour le vendr. saint, u.) — EUe ne voubit point engager son cœar qu'en établissant sa fortune. (Fubbt., U Roman kmrg., i.) — Les brefs ne furent point ouvert* à cause de It mort du duc ,

qui arriva la nait da même Jour, les sages-grans n'ayant pas Jogé à propos d'entamer cette affaire qu'après l'élection de son successeur. (Amelot, Différend de Paul Y et de la républ. de Verdie,) ^ On n'a pMni assai elaiftment coaiia la différence de l'esprit et du corps, que depuis qttel(|«6S années. (MALiDa., Recherche de la vérité f préf.) — P'autres, pour éviter que les corps na sa corrompent, les mettent dans le fond de l'eau, dans leur cercueil, qui est d'nA *rbre creux ou de leur traîneau, et ne les en tirent poini que pour les porter au cimetière. (Rignabd, Voyage de LaponiCf) — Les juifs n'ont point permission de demeurer à Varsovie que pendant les diètes. (Id., Voyage de Pologne,) •— Quand la libéralité natt de la bonté, elle en conserve toujours le caractère, et elle na coojtoît point de voies légitimes pour fournir à ses désirs qu'une sage économie. (Duguet, Inetit, d'au prince, !*• p., c. 18, art. 8.) •— Le comte de Burgen ne sortit point dfl prison, qu'au bout de quelques mois. (M*« o'Auucot, Hitt. dffypol,)

Le puriste Ménage a vu aussi un barbarisme dans l'emploi de que précédé de point. Il Fa critiqué ainsi dans ;$e$ Observations sur la langue française (4'* p., c. 256) :

€ Les daines ne sortent point du logis que pour aller en visite. •

« Cette expression, qui est de M. d'Ablaneourt, t. ii, p. fô , de son MarmoL n'est pas francoise. Point fait là un barbarisme. Pour parler régulièrement, il faut dire : Le* dames ne sorunt point du logis, si ce n'est pour aller ejs visite, »

Cette façon de parler, aujourd'hui tout à fait tombée, se retrouve chez quelques auteurs du dix-huitième siècle ;

Tout est soumis à la même syntaxe : la règle ne varie point que dans l'idée de ceux qui, confondant tout ce qu'ils entendent avec la pratique du bon usage, ne distinguent pas les fautes et les négligences de «tyle des bonnes expressions exigées et dictées par le génie de la langue. (Girard, Principes de la long, franc», 8* dise.) — Garrick... a fait connoissuuco avec nos acteurs^ sur lesquels ii me s'explique point que vaguement et avec des louanges qui indiquent des reatrieCioM- (Bachadm., Mém. secr., 1«' oct. 1763, 1. 1, p, 281.)

— QUE, signifiant si ce n'est, autre que, autrement que, autr& chose que, sans négation qui précède ;

Et ce grand équipage Dont Je vous ai fait voir te superbe étalage, Est bien à votre fils, mais non pour s'en parer Qu'alors que sur la scène il se fait admirer. (Villas, eom„ T,ft*)

JCe crains pas leur vertu (des poisons), mon charmç la modère, ' Et lui défend d'agir que sur elle et son père, [Méd:, iv, ^•)

Revoyons les vainqueurs sans pej^ser qu'k la gloire One toute lewr mabon reçoit de leur victoire. LOor., j)i« 1-)

Puisse à vo$ yeiu M'écrasef à l'iostant la colère des cieux,

fii j'adore aiUif objet que celui de Miélisse, .

Si je conçois dee vcsux que pour votre serviee. (SsUi^ 4ë Mitd,, r* '*' La chasser, e'est vous faire un puissant ennemi. ^x

Sans obliger par là le vainqueur qvfk demi. {fsmp,, ^m ^^

Je combats vos amants, sans dessein d'acquérir ^

Que rheur d'en faire voir le plus digne, et mourtr. (0. SoucAc, i < ^

Cependant je me tronTe inceste et parricide.

Sans avoir fait on pas que sar les pas d'Alcide,

Ni recherché partout que lois à maintenir,

Que monstres à détruire et méchants à punir. (CEd., v, 5.)

Allons, je veux encor seconder vos projets.

Sans remonter au ciel qu'après leurs pleins effets. ^

[la Tôle, ifor, iv, 5.) Voilà quelle je suis, et quelle je veux être, J*accepte votre hymen, mais pour vivre sans mattre» Et ne quitterois point l'époux que j'avois pris» Si Rome se pouvoit éviter qu'à ce prix. l$opkon.t ii, 4.)

Les historiens ne marquent point qu'elle se soit donnée qu'ans deux premiers konmes du monde, César et Antoine. {EMunen de Pompée.) — Ces prologues doiavoir beaucoup d'invention, et je ne pense pas qu'on y poisse raisonnat»jMDtnt introduire que des dieux imagioâires de rwUqaité* iPrtmiÊr Diêçours.)

It sa mamie cachée est difficile à voir

Qu'à eee yeux épurés que la grâce illumine. (fmk,, i, l.)

Et combien se méprend qui songe à quelque chose

Qu'à ce qui peut conduire au chemin du salut. [tM*^ ii S*)

* ie défir âê savoir est naturel aux hommes, U natt dans le berceau sans mourir qu'avec eux. (Ibid.)

Recommande en commun aux bontés du Très-Haut Celles dont les vertus embellissenl Jeun âmes; It saaa en voir jamais qu'avec un prompt adieu.

Aime-les toutes^ mais en Dieu. [Ibid,, i, 8.)

On trouve en très-grand nombre des emplois analogues qu'il ^^at être utile de remettre sous les yeux :

Viens, Mort, viens, prompte Mort (ce disoit l'effronté), Si j'ay rien prononcé que saincte vérité.

(D'AuBiONB, Les Trag.» vi.)

Sans qu'il reste à pas un, pour vingt ans de services, Que des cheveux blanchis, de laïf es cicatrices.

(Ctiano, La Mon é^Agrippine^ fv, 8.)

Ah ! ne présumez pas que son amour extrême Voulût pour Tacquérir employer que lui-même.

(T. Com., Le Bêrffêt êstrm/agam, tv, 1.) Non que j'aspire enfin qu*i mériter un bien Sans qui tout m'est fatal, sans qui tout ne m'est rien.

(Id., La Mort de Cempereur Commode, ii, 5.)

Rarement s'affranchit-il d'un favori insoient que par un autre , irrité de sa ^eur. (DuauRT, InttU. d^un prince, 3* p., c. 10, art. 1.) -* Sans que les refformez P*»^issent qu'un cadet. (D'Aubigné^ Hiet, umv„ h m, c. xii, l** éd.)

Et la bonne déesse à qui« déis ma naissance^

Mes parents ont remis le soin de mon enfance»

Jl'qtparoist, en dormant, presque tontes U» imicts,

Et menasse mes jours d'incurables ennuis

Si jamais Je me fie au nœud de mariage

Qu'à ceux de mon pays et de mon parentage. (Racar, Herg., ii, 3.)

Dieu nous a tant donné de divertissemens, Nos sens tronvent en enx tant de ravissemens» Que c'est ane ftireur de chercher qu'en nons-mesme Quelqu'un que nous aimions et quelqu'un qui nous aime.

(Thkopbilb, ÊiiffU.)

On fait à sçavoir que Faret

Ne rime plus à caharet ;

Ce seul départ l'en rend indigne,

Il est dégradé de la vigne,

Et Bacchus, nostre puissant roy,

Suivant les régies de sa loy,

Le casse, et luy défend de hoire

Que dans la Seine ou dans la Loire,

Puisqu'il délaisse, amy de l'eau, ' Paris pour un FonUine-bleau. (SAurr-ÂiiAifT, les Gotereft.)

La pratique générale et universelle défendoit de communier les pécheurs ^V près l'accomplissement de leur pénitence. (Arnaulo, Priq. eoMm., 3*p., c. 15.] — Yivei sans penser qu'an jour où vous êtes. (M** os Maintbnon, LgiLy hitt, M"* de Monfort, 1*^ Janv. 1689.}— Il n'est pas en doute parmi les gens du mél que si le prince d'Orange eût agi en capitaine s'empéchant de combattre gn'avi un avantage entier, et ne se proposant pour but que de faire lever le siége^ il nV fût venu à bout. (Pbluss., Leu. Atsi., 16 mai 1677.) — Us ont changé le gouvei ment des Ëtats sans considérer que l'avantage de leur parti. (Aenauld, Àpol, Us eaihol. <tÀnglet., 1" p., c. 2.)

Que la terre à mes pieds s'ouvre pour m'abtmer,

Si je cherche en l'aimant que le bien de l'aimer. (Hauckot, Œuv. di».

Après qu'il eut perdu toute espérance d'en pouvoir obtenir que de l'amitié, i chercha les moyens de se guérir. (FLécu., Mém, sur les grands jours d^Â S* éd., p. 18.) — Il n'a pas seulement eiercé son courage dans des occasions il s'agissoit de sa vie autant que du bien public, mais encore dans cellas où U n"^ -3 avoit pour lui aucun péril que volontaire. (Fontbn.,£%^ des Acad., d'Argensoa» —

C'est par la même figure qu'on a pu dire :

. Je le quitUi et je le pleurai, sans lui dire que cela. (H"« de Montpens., MAh, -^> 1671.) — Sans application que fort légère et fort médiocre. (Pelliss., Riftex. u^^^ les diffir, de la relig,, introd., sect. 2» vu.)

— Corneille a dit, et on a dit comme lui par la même ellipse^ dans des phrases interrogatives :

POLLUX. Dieux I et que fera-t-elle?

JASDN. Et que fit Hypsipile,

Que pousser les éclats d'un courroux inutile? {tiéd^^ i, 1.)

Et que dois-je espérer qu'un tourment étemel.

Si je poursuis un crime aimant le criminel? {Le Ckt, lu, 3.)

D'où viendroit cette adresse à faire vos messages»

A jouer avec vous de si bons personnages,

Ce trésor de lumière et de vivacité.

Que d'un sang amoureux que j'ai d'eux hérité ? (SuUe du Mem,^ it, 1.)

Car d'où pourroit mon trône attendre un ferme appui.

Et pour qui mépriser tous nos rois, que pour lui? (^crc, ii, 1.)

Qaand il faut m'arracher tout cet amour de i'ftme,

Puis-je que dans mon sang en éteindre la flamme? (Of*., i, 8.)

Quand la reine a paru, m'a-t-il eonsidérée?

A-t>il jeté lef yeux sur moi qu'en me quittant? {Tiu a Bér., u, 7.)

Ai-je employé mes soins, mes amis que pour vous?

Ai-je cherché par là qu'k vous voir mon époux? (Pulch,, m, 8.)

Que suis-je, las ! moy, chetif amoureux,

Pour trop sentir, qu'un Sisyphe ou Tantale? (Rons., Amours, i, lvi.)

Qui en connottra qu'eux-mêmes? (Pelliss., Comidir, eur le procès de Fouquet.) — A quoi nous servent les biens que pour les dépenser honorablement? (Sorbl, /Wmcioit, XII.)— Qui l'auroit pu porter à ce changement, que la force de la vérité? (inifAULD, ApoL pour les eaihol. dtAnglet,, 2* p., c. 85.)— Si les choses s'étoient passées comme il dit, auroit-K>n pu le regarder que comme un méchant, qui... 0d«, i^d,, V p., c. 15.) — A quoi peul-on attribuer, qu*k la puissance de sa grâce, des événements si prodigieux? (Id., ibid., 2* p., c. 18.)

Qu'étoient les Mahomet, qu'étoient les Tamerlans, Que des ravisseurs insolents?

(SiiirBGii, Contes, Le Poëte donné aux chiens.)

QnVt-on à faire dans cette courte vie que de s'amuser? (Volt., Lett,^ à M. de Bordes, 6 sept. 1769.)

Quel lien «nous faut-il que notre propre cause?

Et quel autre serment que l'honneur, la parole? (Id., iuUs César, ii, 2.)

Cette ellipse n'est pas sortie de l'usage; ainsi on a;dit d'une manière analogue, de nos jours :

Excepté ma voix lente et monotone qui traduisait littéralement à des pécheurs 40 la mer ce poème du cœur, on n'entendait aucun bruit que les coups sourds et éloignés de la mer qui battaiUa côte là-bas sous nos pieds. (Lamart., Graziella.)

— QUE, suivi d'un infinitif, et précédé d'une négation équivalant à rien à :

Te'voilà sans rivale, et mon pays sans guerres,

Ma fille; c'est demain qu'elle sort de nos terres;

Nous n'avons désormais que craindre de sa part. [Mid,, ii, 4.)

€ Ncm VLavùM que craindre est un barbarisme, » dit Voltaire.

Ck>meille avait déjà dit dans la comédie de la Suivante, m, 4 : Surpris, ravi, confus, je n'ai que repartir.

Et dans Mélite, i, 8 :

Et je l'amène ici n'ayant plus que répondre.

Assuré que vos yeux le sauroient mieux confondre.

Dans Clitandre^ ii, 6 :

Ainsi rien désormais ne pourroit m'enflammer ; N'ayant plus que haïr, je n'aurois plus qu'aimer.

tu QUE.

S'il y avait barbarisme dans les phrases de Corneille, il en faudrait voir aussi dans les suivantes d'auteurs très-différents et très-corrects des époques les plus reculées de notre littérature, aussi bien que du dix-septième siècle :

N'unt que beivra ne que mangier.

(BBNotT, Chron. des Duc* dt Norm., i\, 5525, éd. F. M.) Assez jane qui n'ad que maaoger, {Prtwerbee de Fraumee.)

N'avoieot que mengier, de faim sentent la rage.

(CuviLiBH, la Vie paillant Bertran du Guetclin, Tar. des ▼. 4385-4996.) Arrive à l'aventare à sa meson à teUe heure qu'il est aussi prés du matin eomme du soir, et ne trouve que souper, car la dame et tout son ménage sont couehes. '^Les Quitue jo^ee de mariêget la quarte joye.) Corte descitnt sur le flanc senestrer, Dusqu'à boiaiu B'i laissa que trancher.

(RAiMBEai DE Pabis, Oçiir de Don., v. 11486.) Et quant il voit qu'il n'a en lui

Que reprendre, ne tant ne quant... [Le Lai du conseil.)

Va, pille ceux qui les richesses ont Car sur les nuds les larrons n'ont que prendre. (Fobcaobl, Êfigr.)

Dames, où n'y a que reprendre, Et qui tenez l'honneur très-cher.

(Cl. Maiot, Episi,, Excuse d*avoir faict aucuns adieux, 1529.) Vous n'avez que chercher en cecy. (Lariv., Le Fidèle, iv, 2.) — Quand Ils n'a> voient plus rien que leur donner, ils les menoient chez d'autres. (Faucbrt, ief Àntiq, gauL, i, 6.) — Tout ainsi que les choses furent ordonnées elles furent eiéentées par les uns et par les autres, et la place de tontes parts rednicte en si bon estât qu'il n'y avoit plus que craindre. (Du Yillaes, JT^., m, 1562.>-«.. TiranU pour néant, et ne trouvants que snccer. [Satyre Métqppée^ Har. de M. d'iuhray.) Le païsan de cent ans, dont la teste chenue Est couverte de nege, en suivant sa charmé, Voit galopper de loin l'argolet ontrageux.

Qui d'une rude main arrache les cheveux, L'honneur du vieillard blanc meu de faim et de rage Pour n'avoir peu trouver que piller au village. (D'AuB., Le» Trag,, i.) Ils surent bien alléguer que ce royaume ne dépendoit pas des loix du pape, qu'il n'avoit que voir en cest EsUt. [Lett. mia. de Henri /K, t. u, p. 148.) — Je vous avois dit au commencement de cette lettre que je n'avois que tous écrire, et cependant, sans y penser, je vous ai presque fait un volume. (Malb., Leu^t à Peirese, 20 janv. 1606.)

Mon esprit satisfait n'aura gae désirer. (Racam, P«., l.)

Les traits du visage très-beaux, et si bien proportionnés qu'on n'y trouvoit que reprendre. (La Font., Les Amours de Psyché, u.)

On trouve de même sans négation :

Demandant s'on a que repaistre.

[Poésies attribuées à Villon, La Repue franche 4a LynuMUin.) n auroit beau estre continent, sage, tempéré, morne, ffrave et retiré, vous y trouveriez tousjours que redire. [Satyre Ménip., Har. de M. d'Aubray.)

QUK. sia

-^ Voltaire critique encore dans ComeiUe plusieurs emplois elliptiques de qm /

Le roi ne sait que c'est d'ho&orer k demi. IBor,^ iV, 3.)

€ Cette phrase, observe le commentateur, est italienne ; nous disons aujourd'hui, ne sait ce que c*est. Mais la dignité du tragique rejette ces expressions de comédie. »

n n'y ft rien à dire à cette observation, bien qu'on puisse peutêtre la trouver d'un goût trop sévère. Hais nous ne saurions approuver la critique suivante :

Elle meurt de lAtoir que ehante le poulet. (Le Ment., vr, 8.)

€ n faut, dit Voltaire, c ce que chante. » Nous ne devons pas rendre le quid des Latins et Uche des Italiens par le simple que; la raison en est claire; ce que produirait une amphibologie perpétuelle, c Je crois que vous pensez » est très-différent de « je crois ce que vous pensez. » « Je vois que vous aimez, » et c je Toift ce que vous aimei )» ne sont pas la même ehose. »

n y aurait en effet amphibologie dans les phrases que l'auteur du Commentaire arrange pour le besoin de sa critique ; mais quoi de plus clair et de plus net, et en même temps quoi de plus vif que le vers :

BIto meurt de savoir qm chanU le poalet?

L'emploi de que à la manière du quid ou du quod latin était autrefois, on le sait, extrêmement fréquent. Il suffira de rappeler quelques exemples, comme ceui-ci :

Mais mostrer veiil que faire sai.

(Rbn. db BiAUJiUy U Biaus Descotmeut, v. 10.) Je te veux maintenant, avant que m'eschanfer, Monstrer que vaut la main du grand prince d'enfer.

{LKnfer de la mhre Cardine,) Je voQs prie, d'aaltant<|ii6 Dieu voQf a donné cette opportanité, de profiter en fta •eeolle, comme s'il vouloit parler à votis privément en Fort ille, d'estre attentif à goûter mieolx que jamais que vault sa doctrine, et combien elle nous doibt eUfs yiéeleiiM et amyable. (CaLvih, Leu. puàUiee powr là première foU par J. Bonnet, 1. 11, p. 233.) — L'homme qui présume de son savoir ne sait pas encore que c'est que savoir. (Montaiosib, Est,, u, 13.) — Voilà que César dit en passant. (Pasooibr, Rech., i,3.)— Il veut sçavoir que Ton faict, que Ton pense. (Lariv., Us SepL^ 11, 3.) — Je veux sçavoir qu'il y a de nouveau* (Id., Ilnd,, vr, 3.) — Ne le soucie que de me dire seulement que tu veux faire. (Id., Le Laquais, i, &.) — Je ■• d9ttte que c'est. (ld«, Us EspriUt iu« 6.) '•^Onuê peut sçavoir çic'il estoit deveno. (Favcbbt, Àntiq. gaul,, n, 16.)

Leuf àme, sans mentir, ne sçait que c'est de feiftdre.

(L.«C. OitOBBT, iUteM, IV, a.)

Vous ne Mnrez que c'est d'ane flamme constante. (YoiTcnui, Êligie.)

L'on demanda en ce temps-là qu'étoit devenue l'autorité de M. le Prince, puisque la régente l'ayant perdue, elle ne paraissoit passée à aucun autre. (La DUCH. DB NmouBS, Mém,, 1651.)

Outre les exemples précités , Corneille emploie encore plusieurs fois que pour ce que^ comme dans ces vers :

Apprends-mot cependant qu'est devenu ton maître. {Suite du Mmn*, v, 1.)

Hélas ! cet art, mon frère, impuissant sur les âmes, Ne sait que c'est d'éteindre ou d'allumer des flammes.

{La Tait, dfor, IT, 1.)

Je sais vous obéir.

Mais je ne sais que c'est d'aimer ni de haïr. [Sert., rt, 3.)

Il a des adversaires Qui ne savent que c'est que de se reposer. {tmit,, ii, 9.)

— QUE, pour que de :

C'est crime qu'envers lui se vouloir excuser :

Notre sang est son bien, il en peut disposer. {Hor„ v,3.>

Pour qui venge spn père il n'est point de forfaits,

Et c'est vendre son sang que se rendre aux bienfaits. (Ctfma, i, %p

l'utile secret que mentir à propos ! {Le Ment., ii, 6.^

Souvent c'est perdre tout, que vouloir tout savoir. {Suite du Ment.^ i, 3.|^

C'est blesser les Romains que faire une conquête,

Que mettre trop de bras sous une seule tête. {Nieom., v, 1.^^

— QUE, dans le sens de pour que :

Mais que vous a-t-il fait, que pour lui seulement

Vous vous rendiez rebelle à mon commandement? {La Suto., ▼, 7.^3

Fuyez, qu'à ses soupçons il ne vous sacrifie. {Méd., i, 5.^^

Ciiton, ne raille point, que tu ne me déplaises. (te Ment., v, 4.^^

— QUE DE, pour que celui de :

Mon père, trop sensible aux droits de la nature,

Quitta tous autres soins que de sa sépulture. {Méd., m, 3.^

Les vers suivants présentent une ellipse bien moins ordinaircp^ et beaucoup plus forte :

Et du trône où le ciel a voulu m'affermir.

C'est tomber d'assez haut que jusqu'à Vaiamir. {Au.^ lu, 4)

Corneille affectionnait l'emploi elliptique de que. Les exemples à citer seraient longs; nous nous contenterons d'en ajouter quel* ques-tms qui ont un caractère plus particulier.

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