QUOI
— DE QUOI, pour à quoi :
Hélas 1 de quoi me sert ce dessein salutaire,
Si pour en voir l'effet tout me devient contraire. [BéracL, i, 1.)
De quoy sert une antique race,
De quoy an gouffre qui embrasse
Mille trésors délicieux,
Si ne voulant à aucun plaire,
Presqu'à soy-mesme on veut déplaire,
Haineusement ambicieux? (Tahumbau, Pois,, à C. Degennes.)
— DE QUOI, pour comment :
De qmoi peut satisfaire un cœur si généreux,
Le sang abject et vil de ces deux malheureux? {Pomp.^ iv, S.)
Un écrivain du dix-huitième siècle a dit : « De quoi peut satisfaire n'est pas français , il fallait comment, ou en quoi. » *
Critique dans Tesprit de celles de Voltaire ; juste au point de vue du dix-huitième siècle, mais fausse en tant qu'elle accuse Corneille d'incorrection. En effet, pour ne citer qu'un exemple, <m trouve :
Mais de quoy me peut nuire cela? (Lariv., it, 10.)
— COMME QUOI, combien :
Ciel ! qui sait comme quoi j'en suis persécuté.
Un peu plus de repos avec moins de beauté! (VlUus. Com., ii, 5,)
Jugez après cela comme q^oi je vous aime. (iffid., iv, 3.)
— QUOI, avec un régime indirect, dans le sens de quelque :
Et, quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir. Je ne consulte point pour suivre mon devoir. (Le Cidj m, 3.)
Quoi qu'on ait pour soi-même, ou d'amour, ou d'estime. Ne s'en croire j;)as trop n'est pas faire un grand crime%(7Tleex Bir.^ i, 2.) *^ Quoi que sur mes destins ils usurpent d'empire,
Je no vois pas leur maître en état d*y souscrire. (I^td., iv, 1.)
Quoi qu'il excite de tempête.
Quelques l&ches soucis qui puissent l'occuper. Tout ce qu'il fait et dit reviendra sur sa tête. (Imit.f m, 34.)
L* Académie, dans son jugement sur le Cid^ a condamné cette ^rme très-rare :
« Quoi que mon amour ait eur moi de pouvoir,
« Cette façon de parler n'est pas française ; il falloit dire : quelque pouvoir que ^BN anour ait sur moi, »
C'est un pur latinisme : quidquid potestatis. Thomas Corneille
^ dit comme son illustre frère :
Sévère a des vertus dignes de sa naissance ; Mftb mon ecsor est jaloux de son indépendance;