‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 164 sur 342 · RATTACHER. — RAVALER · texte numérisé non relu

RATTACHER. — RAVALER

On a dit dans le même sens, ironiquement :

1 voici encore sar l'autorité une rare imagination de H. Jariea. (Boss., VI* Averu aux proL, ni.)

RATTACHER, fig. rattacher a des liens, faire rentrer dans les liens d*un ancien amour :

Ajoutez qu'il vous aime, et veut par tous moyens

Rattacher ce vainqueur à ses derniers liens,

Que Rodelinde à lui par amour, ou par force.

Assure entre vous deux un éternel divorce. (Perth., y, 1.)

— RATTACHER DES FERS, âg., remettre de nouveau dans les chaînes de l'amour :

Marquise, dites donc ce qu'il faut que je fasse :

Tous rattachez mes fers quand la saison vous chasse,

Je vous avois quittée, et vous me rappelez

Dans le cruel instant que vous vous en allez. [CEuv. dh,)

RAVALEMENT, avec le pluriel^ pour signifier les actions par lesquelles on s*humilie, on se ravale chrétiennement :

Le plus grand devant Dieu c'est le moindre en soi-mémOi

£t les vertus que le ciel aime Par les ravaUmenu trouvent l'art d'y monter. (/mti., ii, 10.)

Nous nous contentons de signaler l'expression; pour ce qui est des vers, tout le monde sent combien ils sont pénibles et louches de tournure.

RAVALER. Emploi remarquable au figuré :

Ce n'est qu'une pièce de théâtre que je lui présente , mais qui l'entretiendra <le Dieu : la dignité de la matière est si haute, que l'impuissance de l'artisan ne la X^ent ravaler. {PoL, A la reine régente.)

— RAVALER, avec dans, rejeter dans la bassesse de, faire redes- ^^endre dans, à ; mais ravaler dans a bien plus d'énergie :

Par cet illustre soin mes vers déshonorés

Perdront ce noble orgueil dont tu les vois parés,

Si dans mon premier rang ton ordre me ravale. (Sonnet à Louis XïV.)

— SE RAVALER A, suivi d'uu substantif :

Qu'à des pensers si bas mon &me se ravale! {Pol., u, 1.)

— SE RAVALER A, suivi d'uu infinitif :

le caractère de Valons ressemble trop à celui de Félix dans Polyeueu, et a ^>tee quelque chose de plus bas, en ce qu'il se ravale à craindre sa femme.

250 RAVm. — RAYON.

{Exam. de Tkéod,) — Je serois d'avis que le poète prit grand soin de marquer à la marge les menues actions qni ne méritent pas qn'il en charge ses vers, et ni leur dteroient môme quelque chose de lenr dignité, s'il te ravaloii à lesexpfiair. {Troisitme Dite.)

-^ SE RAVALER JUSQU*A, suivi d'un subst. :

Dois-je me ravaler jusquee à cet époux?

Ou dois-je par votre ordre aspirer jusqu'à vous? (OcA., ii, 3.)

— RAVALER DE, neutre, comme baisser de :

Plus dans leur folle estime il se trouve compris.

Plus il ravale de son prix. (/mil., lu, 43.)

On a dit de môme, quelques années avant Corneille :

Car avec un défaut si digne de mespris,

Vostre beauté s'efface et ravale de prix. (Voiture, ÊUgk,)

Plus anciennement, on trouve dans le môme sens ravaler en :

Tesmoings les usuriers de Landerousse qui naguieres se pendirent voiaos les bleds et vins ravaller en prix, et bon temps retourner. (Rabklàis, m, 3.)

— RAVALÉ, participe passé, sort ravalé, coeurs ravalés :

Dans mon sort ravalé je sais vivre en princesse. (Thiod., u, 4.)

Va, porte cette crainte à des cœurs ravalés. {Penh., m, 3.)

— TERMES RAVALÉS, tcnues bas : *

N'oublierex-voUs jamais ces lehluis rapaUi ? {Là feuvi, u, I.)

RAVIR. SE LAISSER RAVIR A, pour se laisser emporter à :

Albe est ton origine : arrête et considère

Que tu portes le fer dans le sein de ta mère.

tourne ailleurs les efforts de tes bras triomphants,

Sa joie éclatera dans l'heur de ses enfants ;

Et, se laissant ravir à l'amour maternelle.

Ses vœux seront pour toi, si tu n'es plus contre elle. (tfor., i, I.)

La Harpe, à tort, souligne cornue impropre.

RAYON, fig. UN RAYON PROPHÉTIQUE, uuc illumination prophétique :

Ce n'est pas tout, seigneur, une céleste flamme

D'un rayon prophétique illumine mon âme. (Car., v, 3.)

— RAYON, flg. UN RAYON DE GÉNÉROSITÉ :

Jamais un affranchi n'est qu'un esclave inf&me ;

Bien qu'il change d'état , il ne change point d'&me ;

La tienne, enoor servile, avec la- liberté

N'a pu prendre wi rayon de générosité. ^CiM., iv, é,)

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