RATTACHER. — RAVALER
On a dit dans le même sens, ironiquement :
1 voici encore sar l'autorité une rare imagination de H. Jariea. (Boss., VI* Averu aux proL, ni.)
RATTACHER, fig. rattacher a des liens, faire rentrer dans les liens d*un ancien amour :
Ajoutez qu'il vous aime, et veut par tous moyens
Rattacher ce vainqueur à ses derniers liens,
Que Rodelinde à lui par amour, ou par force.
Assure entre vous deux un éternel divorce. (Perth., y, 1.)
— RATTACHER DES FERS, âg., remettre de nouveau dans les chaînes de l'amour :
Marquise, dites donc ce qu'il faut que je fasse :
Tous rattachez mes fers quand la saison vous chasse,
Je vous avois quittée, et vous me rappelez
Dans le cruel instant que vous vous en allez. [CEuv. dh,)
RAVALEMENT, avec le pluriel^ pour signifier les actions par lesquelles on s*humilie, on se ravale chrétiennement :
Le plus grand devant Dieu c'est le moindre en soi-mémOi
£t les vertus que le ciel aime Par les ravaUmenu trouvent l'art d'y monter. (/mti., ii, 10.)
Nous nous contentons de signaler l'expression; pour ce qui est des vers, tout le monde sent combien ils sont pénibles et louches de tournure.
RAVALER. Emploi remarquable au figuré :
Ce n'est qu'une pièce de théâtre que je lui présente , mais qui l'entretiendra <le Dieu : la dignité de la matière est si haute, que l'impuissance de l'artisan ne la X^ent ravaler. {PoL, A la reine régente.)
— RAVALER, avec dans, rejeter dans la bassesse de, faire redes- ^^endre dans, à ; mais ravaler dans a bien plus d'énergie :
Par cet illustre soin mes vers déshonorés
Perdront ce noble orgueil dont tu les vois parés,
Si dans mon premier rang ton ordre me ravale. (Sonnet à Louis XïV.)
— SE RAVALER A, suivi d'uu substantif :
Qu'à des pensers si bas mon &me se ravale! {Pol., u, 1.)
— SE RAVALER A, suivi d'uu infinitif :
le caractère de Valons ressemble trop à celui de Félix dans Polyeueu, et a ^>tee quelque chose de plus bas, en ce qu'il se ravale à craindre sa femme.
250 RAVm. — RAYON.
{Exam. de Tkéod,) — Je serois d'avis que le poète prit grand soin de marquer à la marge les menues actions qni ne méritent pas qn'il en charge ses vers, et ni leur dteroient môme quelque chose de lenr dignité, s'il te ravaloii à lesexpfiair. {Troisitme Dite.)
-^ SE RAVALER JUSQU*A, suivi d'un subst. :
Dois-je me ravaler jusquee à cet époux?
Ou dois-je par votre ordre aspirer jusqu'à vous? (OcA., ii, 3.)
— RAVALER DE, neutre, comme baisser de :
Plus dans leur folle estime il se trouve compris.
Plus il ravale de son prix. (/mil., lu, 43.)
On a dit de môme, quelques années avant Corneille :
Car avec un défaut si digne de mespris,
Vostre beauté s'efface et ravale de prix. (Voiture, ÊUgk,)
Plus anciennement, on trouve dans le môme sens ravaler en :
Tesmoings les usuriers de Landerousse qui naguieres se pendirent voiaos les bleds et vins ravaller en prix, et bon temps retourner. (Rabklàis, m, 3.)
— RAVALÉ, participe passé, sort ravalé, coeurs ravalés :
Dans mon sort ravalé je sais vivre en princesse. (Thiod., u, 4.)
Va, porte cette crainte à des cœurs ravalés. {Penh., m, 3.)
— TERMES RAVALÉS, tcnues bas : *
N'oublierex-voUs jamais ces lehluis rapaUi ? {Là feuvi, u, I.)
RAVIR. SE LAISSER RAVIR A, pour se laisser emporter à :
Albe est ton origine : arrête et considère
Que tu portes le fer dans le sein de ta mère.
tourne ailleurs les efforts de tes bras triomphants,
Sa joie éclatera dans l'heur de ses enfants ;
Et, se laissant ravir à l'amour maternelle.
Ses vœux seront pour toi, si tu n'es plus contre elle. (tfor., i, I.)
La Harpe, à tort, souligne cornue impropre.
RAYON, fig. UN RAYON PROPHÉTIQUE, uuc illumination prophétique :
Ce n'est pas tout, seigneur, une céleste flamme
D'un rayon prophétique illumine mon âme. (Car., v, 3.)
— RAYON, flg. UN RAYON DE GÉNÉROSITÉ :
Jamais un affranchi n'est qu'un esclave inf&me ;
Bien qu'il change d'état , il ne change point d'&me ;
La tienne, enoor servile, avec la- liberté
N'a pu prendre wi rayon de générosité. ^CiM., iv, é,)