‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 167 sur 342 · RÉCOMPENSE. — RECONNAITRE · texte numérisé non relu

RÉCOMPENSE. — RECONNAITRE

dans des acceptions beaucoup plus étendues qu'aujourd'hui :

Je ¥0U8 ai récité tout d*un trait cette cérémoDie, je retoarne à ceUe de l'effigie. (Malh., Funir, de Henri /F.) — Si, en récitant les diverses parties qui la composent, j'interromps quelquefois le fil de l'histoire, néanmoins je ne vous dirai rien qu'avec toute la sincérité que demande l'estime que je sens pour vous. (Rbtz, Mim,, 1. 1.)— D*où vient que les défauts des autres nous font tant de plaisir à réciter et à entendre? (Mass.« Serm. pour le dim. de la Patê», i.) — Josephe réciu cette prophétie dans les mêmes termes. (Boss.^ Hiêt. ttniv,, 2" p., c. Sd.) — Haut l'honneur d*entretenir (le prince) plus d'une heure sur ses voyages, etpartieulièrement sur son esclavage que le roi écoutoit avec beaucoup de plaisir, et que Zelmis ne pouvoit réciter sans renouveler des maux qui s'aigrissoient encore par le souvenir. (Regnird, La Provençale.)-~Le roi prit un plaisir extrême à faire radier à Zelmis la manière dont les Lapons vivoient, et ce qu'il y avoit de rare dans le pays. (Id., ibid.) — Je vous r^tie ici des faits qui vont comme il platt à l'instabilité des choses humaines, et non pas des aventures d'imagination qui vont comme on veut. (Mariv., La Vie de Marianne, vu.)

On en trouve un exemple particulier avec un nom de'personne pour régime :

M'égalons point cette petite

Aux déesses que nous récite

L'histoire des siècles passés. (Halh., Êpigr,, x.)

De même avec le pronom personnel :

Rien de plus ordinaire que d'avoir les oreilles ouvertes à tous les mauvais contes qui se font, et à toutes les histoires scandaleuses qui se réciunt, (Bourd., fugem, du peuple contre J.^,Ct ii)

RÉCOMPENSE, faire la récompense de quelqu'un, le récom- >enser :

Sévère à mon défaut /era ta récompense. {PoL, iv, 1.)

— RÉCOMPENSE, avec le pluriel, dans le môme sens que le sinxxlier :

Tu le verras, méchant, plus t^t que tu ne penses.

Attends, attends de lui tes dignes récompenses. {Sert,, t, 4.)

-RECONNAITRE, au sens propre, employé absol. :

Elle renverse tout ce qui s'offre à ses pas,

Et sur ceux qu'elle voit frappe sans reconnoUre, {La Veuve, iv, 1.)

- — RECONNAITRE QUELQU'UN, usor de reconnaissancc envers lui, & récompenser :

C'est de quoi nous ravir De le voir aussi prompt à te bien reconnoUre Que ta haute valeur fut prompte à le servir.

{Inscriptions mises sous des estampes, xvui, La Prise de Hesdin.)

2&i RECOURBER. — RECUEILLIR.

Cette signification est antérieure à Corneille :

N'estant chose moins esmerveillable qu'un simple citoyen dwant sa prospérité eust fait tant de créatures, que de voir tant de créatures avoir recoimu leur bieifaiteur au temps de son adversité. (Pasq., Leii., m, 9.)

Cette phrase est susceptible de deux sens, mais la signification de marquer de la reconnaissance est indubitable dans ces autres exemples :

Je vous prie donc, mon cousin, ne me desnier ce secours, lequel non seulement me rendra Paris et aultres villes circonvoisines. mais encores me delivren de la gène et subjection en laquelle aucuns mesmes qui se disent mes senriteuis me tiennent, pour retarder tousjonrs Teffect de ma bonne intention, qui me peut (enlever) entièrement les moyens de reco^oûfre mes amys. {LetLmiMS.deHenrilf, t. m, p. 764.) — Jl y a des gens qui se sont endebtez pour m'assister en ma captivité : si je m'en vay sans les reconnoistrej ce sera une ingratitude que je sentiray plus dure que mon exil. (Tbboph., X.e<i., à IP' le présid. de Bellièvre.)

On trouve encore, d'une manière analogue, reconnaître quelque chose de.., pour signifier le récompenser de, par :

Les chefs ayam entendu le tout et loué et recognu de quelques escus le courage de ce soldat, l'un de ceux qui furent à l'entreprinse de Milan, résolurent de donner l'assaut avec deux trouppes. (Du Yillars, M^., iii, 1552.)— L'ode de M. Obi' pelain n'a-t-elle pas été reconnue (f une pension de cinq cents écns? (If Auni, Hah curât, in-4», p. 237.)

— RECONNAITRE, absoL, témoigner de la reconnaissance :

Quand peut-on être ingrat, si c'est là reconnoître.

Et que puls-je sur vous ti le eœur n'y consent ? {Agés. , v, ^ — ^

RECOURBER vers, fig.* rabaisser vers :

Épure tes désirs par cette intention :

Tes flammes deviendront comme eux droites et pures, Tes flammes que souvent ta folle passion Recourbe vert toi-môme ou vers les créatures,

Et qui n'ont que faiblesse, avidité, langueur, ,

Sitdt qu'à te chercher tu ravales ton cœur. {Imit., m, ^^^

RECUEILLIR, résumer :

Pour recueillir ce discours, avant que de passer à une autre matière, établi^^^ sons pour maxime, que... {Deux. Dite.)

Recueillir, dans le sens de résumer, condenser, ramasser, éta^ très-fréquent au dix-septième siècle :

Pour recueiliir en peu de mots toute la doctrine que j'ai établie dans ce livrer je dis... (Richelieu, Traité qui contient la méthode la plus JaeiU et la pbu assurée pour convertir ceux qui se sont séparés de P Eglise, i, xiv.) — Ainsi, pour recmeiUh^ mon raisonnement, je soutiens... (Boss., Leit,, aux religieuses de Port-Royal.)— Et

Page 1