‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 183 sur 342 · RENDRE · texte numérisé non relu

RENDRE

voient bientôt la un de leur journée. (Id., ibid,) — Jusque-là, les alliés Tîetorieux n'avaient trouvé aucun obstacle, et les troupes françaises découragées m rendirent pretqueplus de combats, (Cbateadbr., Ees. sur le^révol., i, 65.) —Il faat présumer que ces quatre vailians champions, entrans dans le canap, eusêeni ratin un combat très-furieux. (Brant.^ B* aucuns duels, 2* Disc.) — Un second évanouissement la déroba à l'horreur des réflexions , pendant que l'étonnement , U jalousie et la fereur rendaient de beaux combats dans l'âme de Clodioo. (HàMil- TON, Zéniyde.) — Communément un des deux escadrons allant à la charge, oo n'arrive pas sur l'ennemi, ou ne l'attend pas. Celui dans lequel se trouve U moindre quantité de vitesse et d'ordre, et surtout la moindre quantité de coarage, flotte, se dérange, tourbillonne par les ailes, fuit, ou ne rend plus çv'n combat très-court et sans vigueur. (Guibert, Tactique^ U i, p. 277.) — Ce soot des athlètes timides, couverts de plaies, et toujours armés, qui s'épuisent à s'observer et à se craindre ; s'attaquent de temps en temps, pour s'en impoier mutuellement sur leurs forces, rendent des combats faibles comme eux, les suspendent quand leur sang coule, et conviennent d'une trêve pour essuyer leurs blessures. (Id., ibid., Disc, prél., l'*p.)

— RENDRE RÉS1STA^'CE, comme on dit rendre combat :

Des plus cruels tyrans j'emprunte le courroux,

Pour tirer cet aveu de la reine ou de vous :

Mais partout je perds temps, partout même constance

Rend à tous mes efforts pareille résistance, {Penh,, v, 3.)

On a dit d'une manière analogue :

Les Suisses, demeurant découverts, rendirent peu de deffense et se retirèrent. (MÊZBR., Abr, de VHist. de France, ann. 1526.)

— RENDRE, suivi d'uu participe passé ou d'un adjectif, dans le sens de faire devenir :

Sa réponse rendra nos débats (ermtN^. {ta Frave, ▼, 7.)

Un favorable aveu pour ce digne hyménée

Rendrait ici sa course heureusement bornée, {La TàU. ifor. i. S»)

Puisqu'un d'Amboise et vous d'un succès admirable

Rendez également nos peuples réjouis. {Sonnet à Mgr le card. de JUcAs/.^

Cet emploi était autrefois des plus fréquents :

Rien ne m'est impossible, et si vous l'ordonnez, Je vous rends dans ce jour ses gardes subornés.

(BoisROBBRT, La Folle gageure^ ui, S.)

Aimez, profitez du temps, Jeunesse charmante,

Rendez vos désirs contenu. (QirxH.« Isis, n, 7.)

J'ai failli, je l'avoue, et ce cœur outragé

Par ce qu'il souffre, hélas ! vous rend assez vengé, (T. Comn., Dar.yiij^] Au moins, ce qui me rend ce malheur adouci, J'espère à mon retour trouver ma sœur ici. (Id., La Comi, (tOrg*, ui, 1-' Ils auront une barque, où la belle enlevée hendra de mon amour la victoire achevée» (Id., Le Festin de Fient, U ^)

RENOUEMENT. — RENOUVELER. 273

Il pleut, le soleil luit . et l'écharpe d'Iris Rend ceux qui sortent averiis

Qu'en ces moitié manteau leur est fort nécessaire. (La Font., Fabl., vi,3.

Tandis que le héros admire Cytbérée,

Elto rend par ces mots son ame rassurée, (Id., Adoniê.)

Ce généreux dessein, en vous tirant des fers.

De l'empire vous rend tous les chemins ouverts.

(M"* Deshouliêrbs, GenseriCy m, 3.)

Pour rendre leur vengeance et leur haine assouvie^

Peut-être songe-t-il à vous ôter la vie. (Id., t^id.yiv, 6.)

D'est pas que je croie qu'une si bizarre aventure ait jamais pu nuire a sa ition ; aussi n'est-ce, à bien dire, qu'un soin que je prends de rendre la véitmuey sans prétendre que M"« de Longueville en ait besoin. (M"« de Mont- II, Mém,, ann. 1643.) — La conquête d'Alexandre rendit les Juifs bien plus s aux Grecs dont ils devinrent sujets. (Fleurt, Mœurs des Israélites, xxx.)

SE RENDRE A LA VERTU, SE RENDRE A TOUTE SA VERTU, la

endre :

Et cette &me innocente, Qui brave impunément la fortune impuissante, Regarde avec dédain ce qu'elle a combattu.

Et se rend tout entière à toute sa vertu, {OEd,, v, d.)

Ormène, je l'ai tu, Tant que j'ai pu me rendre à toute ma vertu. («Sur., i, 1.)

Corneille dit dans le même sens, se rendre la vertu :

Rends-toi cette vertu pleine, haute, sincère,

Qui t'affermit si bien au trône de mon frère. (Perth., v, 2.)

BNOUEMENT d'alliance, action de renouer une alliance :

L'espoir d'un renouement de la vieille alliance

Flatte en vain votre amour, et vos nouveaux desseins. {Âgés,, iv, 5.)

ÎNOUER SON attention, la rattacher à ce qui l'occupait

édemment :

violons n'ont aucune de ces deux incommodités. L'esprit de l'auditeur se 16 dorant qu'ils jouent, et réfléchit même sur ce qu'il a vu, pour le louer blâmer, suivant qu'il lui a plu ou déplu, et le peu qu'on les laisse jouer lui sse les idées si récentes, que quand les acteurs reviennent, il n'a pas besoin faire d'effort pour rappeler et renouer son attention» (Troie. Disc.)

ÎNOUVELER un sujet tragique, le traiter de nouveau :

i monsieur Tristan a renouvelé Mariane et Panthée sur les pas du défont sieur r. {Exam. de Sophon.)

' renouveler, neutre, comme se renouvelery prendre une relie force :

J'en rougis dans mon âme ; et ma confusion, Qui renouvelle et croit à chaque occasion.

Sans cesse ofllre à mes yeux cette vue importons. {Nieom., ii, 1.)

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