‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 193 sur 342 · RESSAISIR. — RESSENTIMENT · texte numérisé non relu

RESSAISIR. — RESSENTIMENT

Racine a dit aussi, dans Britannicm, à Timitation de Corneille :

Quoi ! voas à qai Néron doit le jour qu'il respire, (Acte i, se. 1.}

— RESPIRER, fig., souhaiter avec ardeur, respirer la mort de quelqu'un :

On m'en veut plus qu'à vous ; c'est ma mort qu'ils respirent,

C'est contre mon pouvoir que les traîtres conspirent. {Pomp., iv, 5.)

Selon Lacurne de Sainte-Palaye, la locution respirer le sang^ la vengeance, semble être venue de ces paroles de T Écriture sainte appliquées à saint Paul : Spirans erat cœdis et minarum in discipulos.

RESSAISIR, avec un nom de chose pour sujet, faire reprendre :

Mais d'ailleurs toutefois n'attendez rien de moi,

S'il faut prendre congé de Creuse et du roi :

L'objet de votre amour et de sa jalousie

De toutes ses fureurs Vauroit tôt ressaisie, {Méd., m, 2.;

— SE RESSAISIR DE, sc rendre de nouveau maître de :

Je vous demande donc sûreté tout entière

Contre la violence et contre la prière.

Si par Tune ou par l'autre il veut se ressaisir

De ce qu'il ne peut voir ailleurs sans déplaisir. (Sert., i, 3}

— ÊTRE RESSAISI DE, être rentré en possession de :

Par là de nos trois cœurs l'amitié ressaisie

En déracineroit et haine et jalousie. (0//t., ii, 4.)

Et, puisque de sa foi vous êtes ressaisie^

Faites cesser l'aigreur de votre jalousie. [Ibid., v, 3.)

RESSENTIMENT, sentiment de reconnaissance, souvenir recon- ^issant :

Reçois avec les vœux de mon obéissance Ces vers précipités par ma reconnoissance.

L'impatient transport de mon ressentiment N'a pu pour les polir m'accorder un moment.

(Poés div., Remerciement à Mazarin.)

-^'honneur imprévu de votre présence est pour moi une rencontre si favorable,

^^ jene puis vous en dissimuler mon ressentiment. (Boss., Pan, de S, Gorgon.)

'«''ai fait dire à mes yeux, aussi bien qu'à ma bouche, le désespoir de mon

*^ t)iu>; j'ai poussé à ses pieds des soupirs languissants ; j'ai même répandu des

*"^3ies; mais tout cela inutilement; et je n'ai point connu qu'elle ait dans l'&me

^^UQ ressentiment de mon ardeur. (Mol., Les Amants magnif., i, 2.) — M. de la

^^mbre dit à madame la marquise de Sablé : Quoy, j'aurois perdu le souvenir

^« ressentiment de toutes les bontez que vous m'avez témoignées? (Bouh., Rem,

^^^, sur la long, franc., p. 267.) — Je ne puis vous exprimer, madame, tout le

^^^<efi(iiiie»< que j'ai de vos bontés. (Lb Sagb, Crispin, sc. 5.)

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