‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 194 sur 342 · RESSENTIR. — RESTE · texte numérisé non relu

RESSENTIR. — RESTE

RESSENTIR (se), témoigner son ressentiment :

Malgré notre amitié je m'en dois ressentir. {SuUe du Mentit v, 5.)

Les dieax qui tôt ou tard savent se ressentir.

Dédaignent de répondre à qui les fait mentir. (OEd,, i, 5.)

Gaston de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIII, lassé de l'exil voioDtaire qu'il s'étoit imposé à Bruxelles à la suite de l'exécution du duc de Montmorency, dont il n'avoit pu obtenir la grâce, témoigna vouloir <*en reuentir et rentrer encore une fois en France à main armée. {Mém,de Campion, ann. 1634.]— Ils se persuadoient que s'ils pouvoient une fois perdre Ximenès , ils viendroient ^facilement à bout de Ferdinand, et se tireroient de l'obéissance d'un maître qu'ils haïssoient secrètement, parce qu'ils l'avoient offensé, et qu'ils le voyoieateD état de s'en ressentir. (Flech., Bist. de XimenèSt m.) — Le célèbre visir Achmet Couprougli... avait traité le fils d'un ambassadeur de France avec outrage, et ayant poussé la brutalité jusqu'à le frapper, l'avait envoyé en prison, sans que Louis XIV, tout fier qu'il était, s*enfûi autrement ressenti qu'en euToymt tin antre ministre à la Porte. (Volt., Hist. de Pierre le Grand, 2» p., c. i.)

RESSERRER, renfermer dans une limite moins étendue, e^m parlant de temps et de lieu :

La nécessité indispensable de les réduire dans la règle nous force d'en rer les temps et les lieux. {Exam de Sert.)

— RESSERRER A, restreindre dans les limites de :

Pour l'unité de lieu et d'action, ce sont deux régies que j'obsenre inviolabl ment; mais j'interprète la dernière à ma mode; et la première, tantôt je la

serre à la seule grandeur du théâtre, et tantôt je l'étends jusqu'à toute une vill^^^* {La Veuve, Au lect.)

— RESSERRER, rendre moins large, moins strict, en parlant d — ^ règles :

Voici une seconde partie des pièces de théâtre un peu plus supportaffleB qn celles de la première. Elles sont toutes assez régulières, avec cette différence, tefois, que les règles sont observées avec plus de sévérité dans les unes que dao — les autres ; car il y en a qu'on peut élaigir et resserrer, selon que les incidents d^ poëme le peuvent souffrir. {Averi. au Itcieur de la secondé partie dot QEnrres é^ P. Corn.) '

RESSUSCITER quelqu'un, au sens moral, comme lui rendre la^

me :

Enfin, par ce dessein vous me ressusciuz. {La PL Jloy.» m, 6.)

RESTE. UN reste d'esclavage, pour dire un ancien esclave :

Du moins de votre gloire ayez un soin égal.

Et ne me préférez qu'un illustre rival.

J'en mourrai de douleur, mais j'en mourrois de rage,

Si vous me préfériez un reste d'esclavage, \Otk»f iv, i.)

RETATER. — RETENIR. 283

— RESTE, avec le singulier, comme restes^ reliques :

voos, à ma doalenr objet terrible et tendre,

Ëternel entretien de haine et de pitié,

RtiU du grand Pompée, écoutez sa moitié. {Pomp,, y, 1.)

Je jure donc par vous, ô pitoyable reste,

Ma divinité seule après ce coup funeste,

Par vous, qui seul ici pouvez me soulager,

De n'éteindre jamais l'ardeur de le venger. {Ibid.)

— RESTE, avec, le plur. Emploi très-poétique au fig. :

Et n'ai pu faire moins que de tout exposer

Pour vous revoir encor, et vous désabuser.

J'ai laissé hasarder à cette digne envie

Les resuê UmguUsanu ttune imporiune vie,

A qui l'ennui mortel d'être éloigné de vous

Sembloit à tous moments porter les derniers coups. [OEd», iv, 5.)

— LES RESTES D*UN RIVAL, pour désigner la possession d'une

femme qui a appartenu à un autre homme :

Dans r&me il hait Félix et dédaigne Pauline,

Et, s'il l'aima jadis, il estime aujourd'hui

LôM restes d'un rival trop indignes de lui. {Pot., v, 1.)

RETATER, retoucher, traiter de nouveau :

La Sopkoniêbe de Mairet a des endroiu inimitables, et qu'il seroit dangereux de sruâur après lui. {Exam. de Sophon.)

On a dit d'une manière analogue :

Mes ouvrages, il s'en faut tant qu'ils me rient^ qu'autant de fois que je les autant de fois je m'en despite. (Montaioiii^ Ess,, u, 17.)

RETENIR DE, empêcher de :

Qui vous rend votre femme et m'arrache à ma perte, Qui vous a retenu cf en prononcer l'arrèu (iVtcoiw., iv, 2.)

Vous-même êtes- vous sûr que ce nœud la retienne D'ajouter, s'il le faut, votre perte à la mienne? {Oth„ ii, 1.)

•Ife nous restant plus rien qui nous retienne de partir. {Leu. miss, de Henri lY, av, p. 240.) — L'appréhension qu'ils avoient de nostre division les reunoii de » favoriser contre l'insolence des Espagnols. (/6id., p. 407.) — La crainte ne le ~ ( point <ie déclamer contre le cardinal. (La Rochbp., Mém,^ Guerre de Paris.) •" — ^X'onion de ces puissances étoit un gage si solide de la tranquilité du royaume, T***«lle donnoit trop de confiance aux ministres, et ne retenait point Emery, sutil» Cendant des finances, de faire de grandes levées de deniers. (Id., Urid.) — Cette c^v^iidération ne m'a jamais retenu de faire ce que j'ai cru bon et utile. (J.-J. BoDit., Lefi., à M. Moultou, 25 avr. 1762.)

— RETENIR QUE... NE..., cmpôchcr de, faire éviter la faute ou te malheur de :

Et le retiennent qu'il n'y fonde

On son amour ou son espoir. (Imii., i, 12, éd. 1651.)

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