‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 210 sur 342 · SECOURS. — SECRETAIRE · texte numérisé non relu

SECOURS. — SECRETAIRE

— SECONDER, absolument, répliquer sur le même ton :

v^ Il m'aborde en tremblant avec ce compliment :

~ Yoas m'attirez à- vous ainsi que fait l'aimant. (Il pensoit m'avoir dit le meilleur mot dn monde.) Entendant ce haut style, aussitôt je seconde Et réponds brusquement sans beaucoup m'émonvoir : — Vous êtes donc de fer, à ce que je puis voir. (La Vemve, i» 4.)

SECOURS. APPELER QUELQUE CHOSE AU SECOURS , l'appeler i son secours :

Appelez la mémoire, ou l'esprit au secoure. {Le Mem,, v, 3.)

SECRET, ressort, employé fig. pour signifier expédient, moyen:

Le secret a joué. (Le Ment,, iv, 6.)

C'est-à-dire le moyen a réussi.

SECRÉTAIRE, celui à qui l'on confie ses secrets, confident, comme l'ilalien secretario :

Tu seras de mon cœur l'unique secrétaire.

Et de tous mes secrets le grand dépositaire. {Le MenL, ii| 6.)

Ce sens si naturel se rencontre très-fréquemment à partir du quatorzième siècle jusqu'à la seconde moitié du dix-septième:

En telle manière que vous dictes que je suis vostre secrétaire, dis-je que vous estes la mienne dessus toutes autres. Et pour ce vous diray-je eomment il m'es est. {Rom. de Perceforest, vol. vi, f* 85, r*, col. 1.) — Racomptez tout ea qi» advenu vous est, depuis que partistes de nous jusques à maintenant, par deraot la reyne, qui cy est; car c'est nostre secrétaire. {Ibid., vol. vi, t* 92, r*, coi. S*) — Son chapelain (du comte de Fotx) qui luy estoit moult secrétaire. (FaoïssAïf» Croit., liv. IV.) — ....Âvoit ceste damoiseile une chamberiere qui estoit sécrétion de leur fait. [Les Cent Nouv. du roy Louis XI, 56* Nouv.) Sainte Gastine, 6 douce secrétaire

De mes ennuis ! (Ronsard, Atmours, i, l^l)

Tous ruisseaux, vous rochers, vous antres solitaires. Soyez de mon malheur fidelles secrétaires. (Id., Somt., l^'-)

Complices de ma servitude, Pensers, où mon inquiétude Trouve son repos désiré, • Mes fidèles amis, et mes vrais secrétaires, Ne m'abandonnez point en ces lieux solitaires ; C'est pour l'amour de vous que j'y suis retiré.

(Malb., Stanc, Plainte sur une absence, Po^.»!*^-)

Parlant des devins :

Vous, qui des puissans Dieux êtes les secrétaires,

Si jamais vos conseils me furent salutaires,

Ouvrez-moi votre cœur en cette extrémité. (Gombaulo. Les Dam^des,h^')

Voir encore Du Bellay, Regrets , sonnet i ; Passbrat, Jarii^ (farnour; Gombauld, Amarante^ v, 1 ; Ménage, Idylle du Jardinitf*

Page 1