TARIR. — TEINTURE
Je Tavois bien jagé, qu'un intérêt d'amonr
Fermoit ici vos yeux aux périls de ma cour ;
Mais je croirois me faire à moi-même un outrage,
Si je vous obligeois d'y tarder davantage. {€E4L, i, S.)
Ces héros prirent terre à Lemnos, dont étoit roine Hypsipile, et où ils uardtrmt deux ans. {Exam. de la Tois, d'or,)
On trouve de même *-. .^
A son réveil, le roi la vint voir, qm n'y larda guère; car, dans ce moment, il ialloit qu'il allât au conseil. (M** os Mottbyillk, Mim,, 1666.)
Vous craignez qu'Agrippine adresse ici ses pas :
Rassurez-vous, seigneur, je n'y tarderai pas. (Boubs., Germanieut, m, 3.)
— TARDER A LA RUE, rester longtemps dans la rue :
Je dois attendre ici le chef de l'entreprise ;
S'il lardait à la rue, il seroit reconnu. (L'IUue», it,S.)
— IL ME TARDE QUE... NE, suivi d*un indicatif:
Qu'il me tarde déjà que dans son sang trempées
Elles (les épées) ne me font voir à mes pieds étendu
Le seul qui sert d'obstacle au bonheur qui m'est dû. (Cfii.| i, 6.)
Pour pouvoir expliquer cette phrase assez singulière, il faut donner le sens de parce que^ au que qui complète Tidée exprimée par il me tarde.
TARIR, act., faire tarir, «écher, en parlant de larmes :
Apaisez vos soupirs et tarissez vos larmes,
Contre ma volonté ce sont de foibles armes. (VUlus., corn,, iu,U)
— TARIR LE COURS DE, au fig. Emploi très-hardi :
Peuple, fais voir ta joie à ces divinités,
Qui vont tarir le cours de tes calamités, (La Tois, d^or, prol., se. iv» Z
TATER (se), se sonder soi-même :
S'il aime sa grandeur, il hait la perfidie ;
Il se juge en autrui, se tâte, s'étudie. (Pomp,, m, 1..^
TEINT. UN TEINT d'Éclat, un teint éclatant, brillant :
L'argent dans le ménage a certaine splendeur
Qui donne un teint d'éclat à la même laideur. {MiL, i» 14 ^
Boileau a dit, par imitation :
L'or même à la laideur donne un uini de beauté. (Soi*, vuL)
TEINTURE, fig. n'avoir aucune teinture d'humanité :
Il faudroit qu'ils n'eussent aucune teinture d'humanité, si une démenée si peo attendue ne dissipoit toute leur haine. (Deuxième discours,)