‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 256 sur 342 · W« TRAHIR · texte numérisé non relu

W« TRAHIR

TRAHIR, avec un nom de chose pour régime direct, manquer complètement à :

Mais ce seroit trahir tout ce que je leur dois.

Que leur promettre un cœur quand il n'est plus à moi. {Œd.^ i, 1 )

•^ De même, faire défaut à :

Mon bras qui tanl de fois a sauvé cet empire,

Tant de fois affermi le trône de son roi,

Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ? {Le Ctd, i, 4.)

— Payer d'ingratitude :

Commençons un combat qui montre par l'issue

Qui l'aura mieux de nous ou donnée , ou reçue (la vie).

Tu trahis mes bienfaits, je les veux redoubler. (Ciw., y, 8.J

— TRAHIR l'espoir DE, Tabandouner volontairement, le sacrifier :

On l'a dû croire aussi, mais on s'est abusé.

Autrement, Vinius l'auroil-il proposé ?

Auroit-il pu trahir l'espoir d'en faire un gendre? (OiA.. in, Ij

— SE TRAHIR, trahir ses intérêts :

J'oserai me promettre un sort assez propice

De cet aveu d'un frère, et quatre ans de service ;

Et sur ce doux espoir, dussé-je me trahir^

Puisque vous le voulez, je jure d'obéir. (D. Sanehf, i|3-)

— TRAHIR, avec un nom de personne pour régime indirect, et un nom de chose pour régime direct, révéler à, par trahison:

Cléopàtre a lieu d'attendre ce jour-là à faire confidence à Laonice de ses desseins, et des véritables raisons de tout ce qu'elle a fait. Elle eût pu trahir 90ù secret aux princes, ou à Rodogunc, si elle l'eût su plus tôt. {Exam, de Rodogj

Hais surtout cachez-lui ce que je fais pour vous,

Et ne m'exposez point aux traits de son courroux;

Que je vous puisse encor trahir son artifice.

Et pour mieux vous servir, rester à son service. {La PI. Roy,, Hi ^')

Irriter un vainqueur en tète d'une armée

Prête à suivre en tous lieux sa colère allumée,

C'étoit trop hasarder, et j'ai cru pour le mieux

Qu'il falloit de son fort l'attirer en ces lieux.

Mélrobate l'a fait par des terreurs paniques,

Feignant de lui trahir mes ordres tyranniques;

El. pour l'assassiner se disant suborné,

Il l'a, grâces aux dieux, doucement amené. [Nicom-, i*^-)

Cette locution a encore été Tobjet de la critique sévère i^ Voltaire. Il a fait cette remarque :

« Feignant de lui trahir mes ordres lyranniquet »

est un barbarisme ; il faut, « de lui dévoiler, de lui déceler, de lui apprendre, <1^ trahir mes ordres tyranniques en sa faveur. »

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