‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 262 sur 342 · TRANCHER LE COURS · texte numérisé non relu

TRANCHER LE COURS

Et pour trancher le cours de leurs dissentions,

n faut fermer la porte à leurs prétentions. (D. Sanche, i, 2.)

Il paraît y avoir ici une impropriété : on arrête, on ne tranche pas un cours; cependant on trouve d'une manière assez analogue, trancher le chemin :

Et, si ce n'eust esté ung page

Qui nous vint trencher le chemin,.. {Farce du franc Archier,)

— TRANCHER DU, sc donuer des airs de :

Quoi ! vous tranchez ici du nouveau gouverneur? (Théod.^ i, 2.)

— TRANCHER DES (uu subst. plur.), daus le sens de prendre, se donner les airs de :

Sur chaque occasion tranchent des entendus^

Content quelque défaite et des chevaux perdus. [Le Menl,t m, 3.)

Le dix-septième siècle offre de nombreux exemples de trat^ cher des :

Us veulent tous trancher des nobles et quitter la vocation de leurs pères. (SorsLi traneion, vi.) — Cette multitude de seigneurs qui trenchoient des souverains. (M^ZBRAT, Abr, de l'hist. de France, prél.) — La multitude des enfans bâtards qu'eut Charlemagne, qui tranchaient des souverains dans les terres qu'on leur avoit données pour leur subsistance. (Id., ibid., an 987.; — Ravis d'une si belle occasion de faire paroître que leur talent ne se bornoit pas à faire des vers et des biUets doux, ils tranchèrent des philosophes, sans oublier qu'ils avoient affaire an beau sexe, à qui on ne doit rien présenter qui ne sente son homme du monde. (Batlb, Leit. sur les comètes y avis au lect.)

Depuis longtemps on ne dit plus que trancher de, trancher du. En abandonnant la forme plurielle, on a sacrifié une aisance prédense de langage.

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