TRANCHER LE COURS
Et pour trancher le cours de leurs dissentions,
n faut fermer la porte à leurs prétentions. (D. Sanche, i, 2.)
Il paraît y avoir ici une impropriété : on arrête, on ne tranche pas un cours; cependant on trouve d'une manière assez analogue, trancher le chemin :
Et, si ce n'eust esté ung page
Qui nous vint trencher le chemin,.. {Farce du franc Archier,)
— TRANCHER DU, sc donuer des airs de :
Quoi ! vous tranchez ici du nouveau gouverneur? (Théod.^ i, 2.)
— TRANCHER DES (uu subst. plur.), daus le sens de prendre, se donner les airs de :
Sur chaque occasion tranchent des entendus^
Content quelque défaite et des chevaux perdus. [Le Menl,t m, 3.)
Le dix-septième siècle offre de nombreux exemples de trat^ cher des :
Us veulent tous trancher des nobles et quitter la vocation de leurs pères. (SorsLi traneion, vi.) — Cette multitude de seigneurs qui trenchoient des souverains. (M^ZBRAT, Abr, de l'hist. de France, prél.) — La multitude des enfans bâtards qu'eut Charlemagne, qui tranchaient des souverains dans les terres qu'on leur avoit données pour leur subsistance. (Id., ibid., an 987.; — Ravis d'une si belle occasion de faire paroître que leur talent ne se bornoit pas à faire des vers et des biUets doux, ils tranchèrent des philosophes, sans oublier qu'ils avoient affaire an beau sexe, à qui on ne doit rien présenter qui ne sente son homme du monde. (Batlb, Leit. sur les comètes y avis au lect.)
Depuis longtemps on ne dit plus que trancher de, trancher du. En abandonnant la forme plurielle, on a sacrifié une aisance prédense de langage.