‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 29 sur 342 · MIGNATURE · texte numérisé non relu

MIGNATURE

— MIEUX, subst., ce qu'il y a de plus avantageux pour quelqu'un, le parti le meilleur pour lui :

On pardonne aisément à qui trouve son mieux. {Mil,, ii, 6.)

Croyez que nous tromper ce n'est pas votre mieux. {La Suiv., v, 6.)

Cette locution est employée plusieurs fois dans les Lettres miS" sives de Henri IV. D'Urfé a dit aussi :

Les dieux ne font jamais rien que pour notre mieux. (VAslrie^ ii, 10.)

— DES MIEUX, pour le mieux y au mieux :

Je n'entends par des mieux

Comme il faut qu'un hèlas s'explique. (Agés., iv, 4.)

Il en parle des mieux, c'est un jeu qui lui platt. {La Suiv.y iv, 6.)

Je m'acquitte des mieux de la charge commise. {La PI. Roy., i, 3.)

On a dit de même :

... La grosse Eufrosine, Qui se connoti des mieux à ruer en cuisine. (St-âmant, Le Melon.)

Est-ce bien s'expliquer?

Des mieux, et nettement. (La Font., L'Eun., v, 5.) Je le relance seul; et tout alloit des mieux^ Lorsque d'un jeune cerf s'accompagne le nôtre. (Mol., Les Fdch., \\, 7.)

Cette locution se rencontre fréquemment dans quelques comiques du dix-huitième siècle :

Je revins plein d*ardeur, et je parlai des mieux.

(Destodgh., Le Philos, marié, m, 3.) LB baron. Mais, l'a-t-elle dit?

LISETTE. Non; j'en juge par ses yeux.

LE BARON. Par ses yeux?

LISETTE. Oui, vraiment. Dame ! ils parlent des mieux.

Et vous ont dit cent fois... (Id., Le Médis., i, 3.)

Je m'en vais le rejoindre, et parlerai des mieux, Pour que leur entrevue ait un succès heureux. (Id., ibid., ii, 4.)

Dites donc ; il me semble Qu'elle et vous n'êtes pas des mieux d'accord ensemble?

(Fabrb o'Églant., L'Jntrig. épisL, v, 6.) Voilà qui va des mieux. (Id., ibid., iv, 5.)

MIGNATURE, pour miniature :

C'est une mignature. {Suite du Ment., ii, 6.)

Cette forme offrait au poëte Tavantage d'une syllabe de moins. Elle se trouve d'ailleurs en prose, même après Corneille :

On envoya de Paris à M"* do Brion deux robes de la Chine d'une grande beauté, où il y avoit des grotesques peints en mignatures, avec tant d'art et de délicatesse, qu'on ne les pouvoit assez admirer. (M"* de Yillbo., Amours des grands hommes, d'ÂNOELOT.)

Le peuple prononce encore mignature.

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