DICTAME. — DISPENSER
dont il n'y a plus que le peuple qui se serve. » [Not. sur les Remarques de Vaugelas, CCCLIII.)
Nous Tavons vue employée par Voltaire, mais c'est en style familier et comique .
DICTAME, s. m., pris au figuré pour dire remède :
Je sens que tout à coup mes regrets adoucis Laissent en liberté les ressorts de mon &me ; Ma raison par ta bouche a reçu son diciame, [Mil,, v, 2.)
Ce mot qui, au propre, est un terme de botanique s'appliquant à diverses plantes, s'est employé assez souvent, avant et après
Corneille, pour signifier un remède efficace et souverain :
Le plus souverain dictame qu'on pourroit choisir pour garir ces bavardes de teUe frenaîsie seroit un an de garnison au grand ou petit Chastelet. (Des Lauriers, Les Fantaisies de Bruscambille, Prologue contre les censeurs.}
Ce mot est surtout usité en langage de piété et de dévotion.
DISCORD, discorde.
A propos de la Remarque CCCCLXIX de Vaugelas, Th. Corneille dit qu'il croit ce mot entièrement hors d'usage. Il a, depuis, repris quelque faveur.
DISPENSER, V. a., avec un régime direct de personne, autoriser.
Nous avons dit (t. i, p. 206) que nous n'avions pas rencontré d'exemple de dispenser à, suivi d'un infinitif, dans le sens d'autoriser à, de faire qu'on s'abandonne à. En voici un qui peut tenir lieu de tous autres :
n n'y a rien, répondit Sylvie, voyant que Galathée demeuroit interdite , qui oblige tant à se taire, que de faire paroistre une entière fiance; ny rien an contraire qui dispense plus à parler que la méfiance recogneue. (D'URPB,/'iifrtfe, i, 4.)
Voici également un exemple de dispenser de , autoriser à, suivi d'un substantif ou d'un mot en tenant la place :
T^, Sortz de Rouen, je t'en dispense,
Pour voir Sagon quelque matin.
(M ATT. DE BouTiQNT, Le Rabais du Caquet de Marot,)
Aux exemples cités (p. 207], de dispenser de, suivi d'un infinitif.